Et mon Père ?

<Enregistré le 14 Septembre 2016>

Si mon père a été mis au courant des agressions sexuelles et du reste, dont j’ai été victime ?
Non non, il n’a jamais été mis au courant…

T’as jamais demandé à ta mère si elle lui en avait parlé ?

– Mais jamais de la vie !
Pas dans ma moindre pensée… Non, elle ne lui racontait rien !
Maman, elle fonctionnait avec ce qu’elle pensait à l’époque…
Elle réglait comme elle pensait et ça s’arrêtait là…

  • Et c’était tout. Point barre…

Elle faisait toujours au mieux, même si ils étaient mariés. Chacun gérait son histoire sans l’autre.
Non non, il n’y avait pas la rencontre où tu parles des choses ensemble, où tu parles des enfants… Non non, pas du tout. Chacun vivait de son côté.

Ce qui arrivait à un enfant, l’autre il ne le savait même pas.
Les enfants ils n’étaient rien…

Pour ma sœur, Maman elle a du prendre des décisions, quand elle a eu sa méningite, et qu’elle a vu qu’elle avait la tête en arrière comme ça, en la coiffant… Elle n’en a pas parlé à mon père, elle a téléphoné à sa mère, tout de suite. pour lui dire :
– Maman, qu’est ce que je fais ?…Elle a la tête qui part comme ça en arrière…

Et ma grand mère lui dit direct :
– Ecoute. Je t’envoie ton frère, pour qu’il l’emmène à Bern.

C’était comme ça, il fallait décider.

C’est ce que ma mère m’a raconté :
– Voilà, le « Vieux » il n’était pas là…

Finalement mon père il ne faisait pas parti de la famille…
Chez nous c’était le Commerce, qui les réunissait, et la famille ça n’existait pas.

On avait un souci, un problème ?
Ça n’intéressait personne… Ce n’était pas ça, leur truc…
Leur truc, c’était de savoir que la sommelière, qu’il en fallait une pour la semaine, qu’il y avait un mariage, qu’il y aurait un loto… qu’il y aurait la cagnotte… que le jeu de quille soit prêt… C’était ça.

Mais les enfants ? Il n’y avait pas le moindre souci…
Non, il n’y a jamais eu ce regard, cette attention, sauf pour ma sœur avec toutes ses maladies…

A table les enfants ne discutaient pas… Il ne fallait pas déranger les adultes… Et d’ailleurs on ne les rencontrait pas… Seulement pour aller faire les verres, faire la vaisselle, et puis là, c’était, vas y, dérange moi pas…

On ne discute pas, on n’a pas le temps….

Alors dis moi à qui tu discutes, de tes soucis d’enfant ?

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