Maman…

<Enregistré le 04 septembre 2014>

Maman, elle avait dit :

– Tu ne vas pas me déranger…hein !
Alors Je me suis serrée une bonne fois pour toute !

Il n’y a pas si longtemps, j’ai même appris qu’elle avait tout fait pour faire une fausse couche, même jusqu’à tomber dans les escaliers… Mais je me suis accrochée, c’était le signe d’une grande volonté… mais aussi sans doute d’une nécessité !

– Tu vois, personne ne voyait que j’étais enceinte, ni vu ni connu… m’avait elle dit… Tu vois, Il y avait 100 pensionnaires dans la maison, je n’allais pas passer mon temps à ça… D’ailleurs le curé qui m’a vu juste avant d’aller accoucher, quand je lui ai annoncé que je ne serai pas là, la semaine suivante… Il m’a demandé :
– Mais vous allez où… ?
– Ben… je vais accoucher !
– Vous allez accoucher ? Mais il est où ce gamin… ?

Personne n’avait rien vu. Rien vu du tout, ni vu ni connu…
Alors t’accouches comme ça, on dépose ça… et on continue.

C’était ma mère…

Chez moi non plus, avec mon fils, on n’y voyait rien.
Juste un peu vers la fin, mais j’ai accouché à seulement 6 -7 mois.
Je mettais un pull par dessus, et hop, personne n’y voyait rien…
Mais maman, c’était parce qu’elle serrait !

Elle m’a bien dit :
– Le matin, je me serrais, je me serrais… Qu’est ce que je vais faire avec ce machin ? que je me disais… Comment le mettre pour ne pas me déranger dans mes mouvements… Il va bien falloir y aller !

C’était ça pour elle, Il fallait y aller !

Ben oui, il y avait quand même 100 pensionnaires derrière qui attendaient… On peut imaginer, quand il y a le plein, quand tout le monde est là. En plus, ça ne faisait pas si longtemps qu’ils avaient repris « Le Buffet », cet hôtel restaurant, ça ne devait faire que 3-4 ans, car 5 ans auparavant, lors de la naissance de mon frère, ils étaient encore dans le restaurant précédent et pour ma sœur, 2 ans avant moi, ils étaient déjà arrivés « Au Buffet »…

En fin de compte, si elle concevait la grossesse comme d’une gène, elle n’était pas consciente des conséquences sur l’enfant en gestation…
Mais à cette époque, les enfants… ils ne comptaient pas !
Sauf pour être utilisés… Dès qu’ils savaient marcher, hop, c’était une nouvelle ressource de travail.

Les enfants… ? C’était une charge.
Mais déjà pour eux, la vie n’était pas simple…

Pas consciente. Je crois que c’est surtout ça…

Ma foi., ce bébé qui venait là…

Une réponse à « Maman… »

  1. Avatar de Lebailly
    Lebailly

    Merci pour cette lecture. Si bien écrite.

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