Ma grand-mère

<Enregistré le 04 septembre 2014>

Ma mère avait une très mauvaise image de l’homme, et une très mauvaise image de son propre père… Alors elle ne pouvait pas avoir une bonne image de son mari…

Et quand tu n’as pas une bonne image des hommes, quelle image peux tu avoir des fruits du péché… ?

Mais elle avait une image surfaite de ma Grand-Maman… Quoique ça a dû être une sacrée femme… car je ne l’ai jamais entendue dire un mot sur sa propre mère… Jamais.

De sa maman, elle en était admirative… Elle disait :
– Alors ça, c’était une femme !…

Il était évident que c’était son modèle… Sa mère faisait des 6 à l’école, et elle était née en 1898.

Quand ma mère parlait de ma Grand-Maman, elle parlait de sa brillance et elle disait :
– Quand je la voyais passer pour aller au marché, comment elle organisait ses affaires, comment elle préparait, que tout était prêt, et qu’au marché tout fonctionnait très bien…Tu vois ?
Qui c’est qui allait au jardin pour préparer tout ce qui devait être emporté, couper du tout frais juste avant d’y aller…?
Car avec elle et à cette époque, tout était frais…Les frigos n’existaient pas et les clients voulaient tous du tout frais au marché… Là-bas, ils savaient que chez nous, c’était coupé juste avant d’arriver…C’était pas du soir avant, alors ils en étaient friands au marché…

Ma Grand-Maman, elle était connue au marché de Fribourg.
Elle y avait sa place.

– Elle était très compétente, et pour partir, ça lui était égale de se lever à 3 h du matin. Il fallait y aller…!
Une force de la nature. Elle partait à cheval avec sa cariole alors qu’il faisait encore nuit et que tu ne voyais pas les chemins… Il n’y avait pas d’éclairage à cette époque, et il fallait même traverser un bois…

Maman m’avait dit quand elle avait dû la remplacer un jour, pour aller au marché alors que ma Grand-Maman était à l’hôpital :
– Mais je pleurais en y allant…Tellement c’était difficile !

Alors Elle s’était dit :
– Faut y aller… faut y aller, faut y aller. personne le fera pour toi !
Maman y va bien, alors moi aussi je peux y aller…

…C’était pour se donner du courage.

Ma mère avait toujours ce côté dépassement par rapport à sa propre mère, une mère qui était tellement brillante…

Mais ma Grand-Maman, au moins elle savait vivre, parce que quand elle avait fait un bon marché, elle leur achetait un mille-feuille, ou une plaque de chocolat.
Ma mère m’avait raconté que très souvent quand elle avait fait un bon marché elle revenait avec quelque chose…

Maman disait de sa mère, qu’elle avait une sagesse et une façon de faire qui était hors du commun… Alors elle a toujours voulu lui ressembler, se montrer « à la hauteur »… Sans doute que ça primait sur tout le reste.

Alors évidement, on passait derrière…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *