<Enregistré le 24 Novembre 2021>
La première fois quand mon bon ami est monté à Gstaad, et comme on finissait tard au salon de coiffure le 24 décembre, je n’avais pas pu rentrer voir Maman… Donc on avait fini à 7 heures… et mon bon ami n’arrivait pas…
– Ne t’inquiètes pas, qu’il m’avait dit… Je serai là avec toi à Noël !
Tu parles, je l’attendais… et après 11 heures du soir… Je me retrouvais comme au bistrot de mon enfance, quand ça ne se fermait pas et que le Noël ne commençait pas.
Bon, alors tu vas passer ton Noël, toute seule…?
Il est arrivé après 11 heures du soir… plus de 11 heures !
Parce que sa famille avait commencé à faire Noël à 5 heures, qu’ils avaient soupé et que tout avait été organisé alors pour lui tout était fait… Il n’en avait strictement rien à faire, hein ?
Et puis comme de toute façon, il se faisait chier avec eux…
Alors à 9 heures il était parti de chez ses parents et il est arrivé à Gstaad passé 11 heures…
Voilà, j’ai bien mangé, pour lui c’était fait… Ouais ça ne l’intéressait pas plus que ça… Ouais, il n’en avait strictement rien à faire, hein…
Rien à foutre…
Et là, quand je l’ai vu arriver, je pleurais… Je lui dis :
– Bon, ben écoute… Maintenant ce n’est plus la peine de venir de toute façon… moi, je vais à la messe de minuit.
Je savais que lui n’était pas croyant, mais moi, je vais à la messe de minuit pour Noël !
Alors, tu oublies…
Mais une chose m’avait tellement touchée, que sa mère, lui ait donné une barquette à manger pour moi… Il avait commencé son Noël chez ses parents, avait soupé en premier avant de venir…
Il avait mangé à Noël dans sa famille, mais il avait apporté pour moi, un morceau de dinde… avec des marrons !
Ooh… je ne sais pas, ça m’avait vraiment fait quelque chose, ce qu’elle avait mis dans un petite barquette…
Ça m’avait vraiment touchée qu’elle pense à moi et qu’elle me donne un petit morceau de dinde avec des marrons… Je n’avais jamais mangé ça, de la dinde aux marrons, avec quelques petites rollinettes à côté…
…Les marrons l’avaient touchée, ça lui rappelait tellement les marrons de son enfance…
Je me souviens, elle m’avait donné des… ah, je ne les ai pas retrouvés cette année… Je ne sais pas où elles sont !?
C’est la première année que je ne les retrouve pas dans mon armoire… des gants en mouton retourné !
Je les ai eu… l’an passé je crois qu’elles étaient encore dans mon tiroir, je ne les ai pas vus. Je les ai eu tout le temps… Tout le temps, je les ai portés ! Elles étaient chaudes…
Ça m’avait profondément touchée, qu’on pense à moi !
Mais qu’il soit arrivé après 11 heures, le soir de Noël…
J’étais contente, hein !
Et puis qu’il me dise…:
– Ah bon, on peut commencer Noël… ?
– Bon ben, moi je me prépare, je vais à la messe…
Alors là, pour lui ce n’était pas possible…
– Ah bon ? Ça veut dire quoi ça… ?
– Je vais à la messe. Parce que pour moi Noël, c’est la messe…
Il me dit :
– Non mais tu ne vas pas aller à la messe maintenant…!?
– Ben si…!
Mais après, ça avait été un Noël magnifique, on avait été à l’église ensemble, on avait été visité l’église de Gstaad… C’était tout blanc de neige, on arrivait dans la neige… Ooh… Il y avait beaucoup de neige…
Je ne me souviens plus, ils nous ont donné une petite bougie chacun et on tenait tous une bougie dans l’église…
Alors pendant la messe, il a été très touché parce que c’était très chaleureux… A Gstaad, c’était la plus belle messe que j’ai vue, que je n’ai jamais vécue… C’était quelque chose !
Je n’en sais rien de ce qu’ils disaient, puisque tout était en allemand. Moi qui détestais quand j’allais à la messe, à l’époque où on habitait chez mon oncle parce que c’était aussi en allemand…
Mais alors là… il y avait un côté chaleureux !
Et au moment où on se donne le signe de paix, le curé, alors que tout le monde était mélangé, tout le monde se donnait la main…
C’était une communion, intense !
Ensuite on est sorti, et dehors, sur la place, il y avait les chevaux… les calèches tout autour, et tout le monde était rassemblés là sous la neige qui tombait… On chantait encore des chansons de Noël, tous ensemble avec nos bougies… Tu vois avec leurs grands manteaux de fourrure…
Tout était couvert de neige, je ne te dis pas, c’était magnifique !
Même si là aussi c’était en allemand, dehors, c’était hyper beau…
Ça te traversait… Rien que ça, c’était Noël !
C’était d’une telle communion, que tout le reste n’avait plus aucune importance…
- C’était grandiose !
Je me suis dit :
– Ah ben là, ça a été vraiment mon Noël…
C’était là, que j’ai vraiment retrouvé cette joie de Noël !
C’était les années 80… J’étais au bon endroit finalement.
Merci Gracias…
Alors une fois dehors, mon bon ami me dit :
– Ah, parce que tu crois ? …qu’il me dit comme ça, tout étonné.
– Ben oui… Sinon je ne serais pas là, hein.
– Alors tu as vraiment de la chance, toi alors… Mais tu fais ça comment alors ?
– Parce que toi, tu ne crois pas ?
– Ben non, mais j’aimerais bien… Si tu peux m’expliquer, si tu peux m’aider…
– Mais je veux bien, que je lui avais répondu.
Et puis aujourd’hui, puisque ça n’allait plus ces dernières années au boulot, juste avant qu’il me donne mon congé final, il me dit :
-Aah ben maintenant je suis comme toi, Isa… Je crois que je vais croire…
– Tu as tout à fait raison, que je lui ai répondu…
– Tu sais, j’ai beaucoup réfléchi… j’ai souvent réfléchi à ce que tu m’avais dit, et bien je crois aussi, maintenant…
- Oui, c’est ça… On y crois tous…(Rire)

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