Je coiffe la plus riche

<Enregistré le 14 Septembre 2016>

Je coiffais une dame à Gstaad, et Ferdinand, me dit :
– Vous avez certainement la femme la plus riche de Gstaad !

Il ne m’avait pas dit ça à la première saison, il m’avait dit ça à la deuxième. Je ne sais pas, je me disais… tiens tiens, ben je ne l’aurai pas senti… Elle était bien là, elle était présente… Oui, mais elle savait qu’elle valait tellement cher…

– Vous remarquerez, elle n’a aucun bijoux… Elle ne peut avoir de bijoux, parce que quoi qu’elle ait comme bijoux, même si c’est du Kitch, on va les lui arracher en croyant que c’est des vrais… !

  • Elle ne peut rien porter…

Il me disait :
– Elle doit se faire inaperçue… C’est mieux pour elle parce qu’en fin de compte, si elle se fait attaquer…

Elle vivait normalement, avec son statut. Elle était très… enfin c’était une femme qui avait de la classe. Elle avait une chevelure, je ne t’explique pas ! Il fallait y aller…

Oh ben dit donc, tu tirais dessus, comme elle avait les cheveux longs jusqu’ici… Par contre le brushing devait être impeccable, ça oui, on voyait que c’était une femme de classe.

Elle venait d’Amérique centrale, ou d’Amérique du sud… je ne sais plus. Elle avait les cheveux dans un blond, un petit peu cendré.
Elle avait une masse de cheveux !
Elle avait les yeux clairs, je pense que c’était une pierre précieuse pour celui qui l’avait mariée… Mais elle vivait très simplement.
Elle avait toujours une bonne mesure, chaque fois qu’elle venait, pour faire son brushing, elle me donnait 5 Francs de pourboire…

Le jour où elle me disait :
– J’ai fini mes vacances, j’ai fini ma saison… Je vous remercie, alors à la saison prochaine… Et là, elle me donnait 10 Francs,

A ce moment là, le café, il valait combien ?

Je pense 1 Francs moins cher, peut-être dans les 2 Francs… 2,20, là autour…

Elle était mesurée, elle faisait comme si elle était quelqu’un de normal… Parce que les autres là-bas, de la bonne société…
Ils te donnaient aussi 3 à 5 Francs de pourboire…

Je recevais facilement 5 Francs pendant la saison, donc c’était agréable, hein…?
Ah oui, si tu es assez fin… tu pouvais recevoir, comme quand elle partait, parfois jusque 10 Francs…

Je crois que j’ai reçu une ou 2 fois, 20 ou 30 Francs par des clients pour te dire merci, quand ils partaient…

Les autres coiffeuses, comme Rose marie qui vivaient dans des studios qui coutaient les yeux de la tête… à vivre comme une reine…
Moi, rien du tout… J’avais l’habitude avec mon enfance… J’avais l’habitude du rien. J’étais contente avec pas grand chose, hein !

Et en fin de compte, après peu de temps, quand j’ai habité chez Ferdinand, ils me faisaient tout… Ils m’ont donné des habits, elle me remplissait ma seille de fruits… des bonbons à côté de mon lit…
On venait me chercher pour me dire que le petit déjeuner était prêt… Non mais… (Rire) Alors tout mon argent passait dans ma cagnotte…

Ilsé t’avait adoptée comme sa fille !

– Ah, ben oui…!
Même à Noël, elle m’avait offert mon premier caquelon à fondue…
Ah, ils m’adoraient… et moi aussi, je les aimais !

Merci Gracias

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