<Enregistré le 03 Décembre 2016>
Quand j’ai fini mon apprentissage, celle qui reprenait le salon m’avait dit…
– Mais vous restez ! …C’est clair que vous restez…
– Non non, que je lui ai répondu.
Alors bien sûr, qu’elle était très étonnée quand j’ai dit que j’allais chez Michelangelo, pour me dire…
– Mais si ça va pas, vous revenez, hein ?
– Oui oui… Merci beaucoup, c’est très gentil…(Rire)
Mais je me disais :
– Vous pouvez toujours oublier, hein…
Une année après quand j’étais chez Michelangelo, c’était justement ma copine, la réceptionniste, qui m’appelle et qui me dit :
– C’est quelqu’un de Fribourg qui vous demande au téléphone…
C’était de nouveau la Patronne de Fribourg…
– Ah.. je venais prendre de vos nouvelles. Savoir comment vous alliez…
Et puis elle rajoute…
– Maintenant vous avez fait votre expérience, vous avez fait une année chez Michelangelo, et j’ai besoin d’une coiffeuse aujourd’hui, je serais vraiment contente si vous reveniez… vous avez prouvé maintenant, il serait temps que vous reveniez, et vous n’êtes plus une apprentie…
J’ai refusé… Je ne reviens jamais en arrière, j’avance…
J’ai fait mon expérience à Fribourg, maintenant il faut que je continue…
– Elle avait aussi essayé de te rechercher…
– Mais là j’avais été très, très étonnée, parce que je peux te dire que pour être très fière, c’était du fier, hein… et je me suis aussi rendue compte combien elle m’avait aimée pour venir encore une année après, venir me rechercher !
Ça m’avait toujours été surprenant, tu vois Ferdinand, il avait 58 ans… Il voulait me vendre son salon de coiffure pour ne pas que je parte !
– Si vous voulez le prendre, je vous le laisse qu’il me disait…
Je travaillerai comme coiffeur avec vous… Comme vous voulez, mais ne partez pas… Mon salon de coiffure je vous le laisse. Je préfèrerais le laisser…
Et puis quand je suis partie…
– Si ça ne va pas en bas, mais vous revenez, hein…!?
Il y aura toujours de la place ici pour vous, la petite pièce restera pour vous… Vous revenez…
J’étais donc redescendu vers mon fiancé, en lui disant…
– Ecoute, voilà je descends… Mais si ça ne va pas c’est pas parce que j’ai transformé mon salon de coiffure que je vais rester…
Non non… Si ça ne va pas je repars… !
– Et puis quand tu es revenue en Suisse après ton divorce, finalement, Ferdinand, il avait revendu son salon de coiffure ?
Non non, je ne suis pas remontée. Je suis remontée longtemps après… Il avait fini à ce moment là.
– Mais avec tes enfants, tu ne pouvais pas non plus… C’était trop, et c’était une autre phase…
Tu vois, il y avait aussi même mon premier fiancé, qui était allé en Afrique, et quand il était rentré, il était venu se présenter chez Ferdinand…(Rire) pour travailler et être auprès de moi… C’est fou quand même… C’est juste impressionnant !
– Une vie spéciale… Comme ta fille qui pensait que tu étais une star…
A l’époque, j’avais demandé à Ferdinand :
– Mais pourquoi vous ne l’avez pas pris, mon premier fiancé ?
– Mais il m’aurait arraché les yeux, votre nouveau fiancé !
– Oh non, mais on ce serait bien amusé, Ferdinand… Oh, mais vous êtes fou mais qu’est ce qu’on se serait amusé là-dedans… (Rire)
Mais, il m’avait dit :
– Mais non… quand j’ai vu comme il était pris, je ne pouvais pas faire ça… Il était complètement défait. Je ne pouvais pas faire ça dans l’état où il était… Il n’est pas venu simplement en coiffeur comme ça…
Il m’annonçait qu’il venait pour vous chercher (Rire)
– C’est fou…
C’est pour ça que quand tu as vécu des trucs comme ça… et que tu finis finalement de l’autre côté comme ça… au chômage.
J’ai dit…
– Oui, mais ça ne peut pas jouer, que ça soit la fin comme ça !
Il doit y avoir quelque chose, un tournant, une fin…
Ça doit être une meilleure fin de vie, un arrêt de quelque chose.
Ça ne peut pas être que ça…!
Pas après avoir eu toujours la place qu’on m’a donnée…
- La place qu’on m’a donnée !
Où il est venu me l’enlever et me chercher… pour complètement me détrôner… Son rôle c’était de me détrôner.
C’était vraiment ça…!
– Pour casser ta réussite ?
Pour casser tout ce que j’étais… jusqu’à me détruire.
– Oui, ta lumière, parce qu’il voulait la lumière pour lui…

Laisser un commentaire