<Enregistré le 01 Septembre 2014>
Avec Michelangelo, à Bern, j’avais trouvé qu’il y avait du jeu…
Mais à Fribourg, on pratiquait la coiffure dans son mieux, avec la Vierge ! Dans son mieux, à la Sassoon au millimètre près… Avec des règles précises, des machins des trucs…
Mais j’ai préféré avec Michelangelo, parce que c’était la création, l’artistique et la folie… Tu vois la folie, parce que là aussi quand on devait faire avec ces bonnes femmes qui venaient du Palace… Avec ces américaines qui avaient ces coupes horribles et qu’il fallait refaire des mises en plies dessus… Je ne t’explique pas !
Lui, c’était la première clientèle qu’il m’ avait donné parce qu’il la détestait cette clientèle… Tu devais faire sur des coupes qui étaient coupées au rasoir du style 1800… pour nous c’était pouet pouet !
Il m’avait dit :
– Mais tu sais… Elles te font toutes chier, hein !
Elles te font toutes chier, mais alors au bout d’un moment, tu décides… Tu vas sur ce que tu as décidé et quand tu as fini, tu arraches le peignoir, tu tournes la chaise, et tu dis :
- Very nice, very good !
…Tchac ! …et tu fous le camp. Tu remontes le miroir, tu ne regardes pas si elles sont contentes ou si elles ne sont pas contentes Tchouc… Et tu vas à la caisse et suivant ce qu’elle t’a emmerdée, tu fais sa facture…(Rire)
Alors tu penses bien que j’étais bien montée pour arriver à Gstaad ! Quand je suis arrivée là-bas, Ferdinand, il était épatée, toutes ces américaines… Tu sais celles qui arrivaient et qui faisaient pleurer tout le monde…
Il m’avait dit :
– Mais comment ça se fait que chez vous… Je n’ai pas eu une coiffeuse qui n’a jamais pleuré, toutes elles ont pleuré !
Mais comment ça se fait que vous ne pleurez pas… ?
Et qu’il n’y a jamais personne qui vous ait impressionnée… et puis que vous tranchez, que vous décidez…
- Il n’en revenait pas !
Tu vois… Alors je lui ai dit :
– Mais je sors de chez Michelangelo, hein… De bleu !
…Elles faisaient chier…
– Tu savais les mater…les petites vieilles…?
– Oh non, mais même pas les petites vieilles, les plus jeunes aussi…!
Je les sentais déjà au shampoing… Elles commençaient à t’emmerder pour différents choses, elle te disaient… que :
– Aaah… Elles avaient les yeux… les oreilles, les machins…
Alors que moi, je faisais très bien attention, avec les produits Furterer, j’étais au point… Quand elles commençaient à t’emmerder sur différentes choses, je me disais…
– Attends toi… Tu vas déjà commencer… Je vais déjà te ficher une rincée dans ton dos… On va déjà bien voir !
Pour commencer, ça commence là, et après, on verra la suite… (Rire)
Qu’est ce que j’ai adoré chez Michelangelo !
C’est que lui, il était toujours amusé ! (Rire)
Alors que Ferdinand, lui c’était le contraire il était très ennuyé…
– Alors il te laissait faire, t’avais le droit d’exprimer toute ta folie aussi…
– Ah Moi, je vous trouve fantastique, qu’il me disait… (Rire)
Il était content…
– Parce qu’il te voyait faire ?
– Ouais…
Je vous trouve fantastique… J’ai bien vu celle-là, qu’elle allait commencer… Déjà les autres années, elle a fait pleurer Machine.
Je me suis demandée comment est ce que vous alliez faire avec… !
Oh, vous avez bien fait alors… qu’il m’avait dit.
Alors il était vraiment content…
– Mais ne vous inquiétez pas, je l’ai vue commencer, et je me suis dit Attends… On va te montrer comment que ça va marcher…
Il ne faut pas m’emmerder, hein ! Alors après je m’amusais…
Je me souviens d’un jour sur un brushing, j’arrive sur une, vraiment elle avait cherché la noise, aussi !
Je finis par lui mettre aussi tous les bigoudis, comme avec celle de Bern avec qui je m’étais tirée… Mais à celle-là, je lui ai mis tous les bigoudis, je suis allée chercher chez Ferdinand les brosses et je suis partie boire mon café derrière…
Ferdinand vient derrière moi et il me dit :
– Mais elle a toutes le brosses… C’est lourd !
– Ben oui oui… Mais elle m’emmerde, celle-là. (Rire)
– Oui, mais elle bringue, elle gueule… C’est lourd !
– Mais dites lui que je bois mon café… ! (Rire)
Alors peu après, je suis allée lui enlever, bien sûr qu’elle rouspétait…
Elle râlait… et quand j’ai fini, Ferdinand était en train de travailler dans un coin, alors je vais le voir :
– Aah, ben tiens, elle m’a vraiment énervée celle-là… Vraiment !
On la veut plus… Vous êtes d’accord, hein ?
Elle emmerde tout le monde… Ça va, si je lui fait 70 Francs le brushing… ?
Il me dit :
– Vous croyez ?
– Oui, je crois que c’est une bonne idée…
OK ? Ok… Je lui demande 70 Francs le brushing…
Elle me dit :
– Hein !
Elle était vraiment tombée des nues…
– Oh mais vous savez, hein… Quand on veut des choses qui sont comme ça et puis ci et comme ça… là là là… Tous les services se payent… Tous les services se payent, c’est comme au restaurant !
Tout dépend si on choisi une entrée, si on choisi le menu, tout ce qu’on choisi… Voilà !
- Et bien là, c’était le menu…
70 Francs le Brushing…(Rire)
Elle a appelé Ferdinand, elle a été vers lui… et lui :
– Ah ma foi… Elle vous a demandé 70 Francs ? Alors c’est 70 Francs…
Si elle vous a demandé 70 Francs, c’est 70 Francs…
Elle n’est jamais revenue…
Après, Ferdinand m’a dit :
– Vous avez bien fait… On s’est fait casser les pieds pendant des années avec celle-là… Non mais avec des gens comme ça, qui nous polluent, on n’a pas besoin…
- Non, on n’en avait pas besoin de celle-là !

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