Vous avez 24 heures !

<Enregistré le 14 Septembre 2016>

Donc Madame « J’occupe toute la place », qui était toujours la mieux habillée, qui était toujours avec des choses de marques, mieux que nous, ça lui avait fait tâche, parce qu’après, elle avait dû s’habiller comme tout le monde… Elle se retrouvait au même niveau.

Elle était super fâchée…

  • Mais c’est quoi cette connerie ! Qu’elle avait dit …

C’est vrai que quand je suis arrivée, elle avait sa clientèle, qu’elle choisissait comme si elle était une petite reine, et puis elle me disait, tu peux vite me faire le shampoing, ou alors me faire… mais moi, je lui avais dit :
– Non non, moi je ne te fais pas le shampoing, je ne suis pas arrivée ici comme shampouineuse… je suis coiffeuse !
Alors si tu n’as pas le temps et d’en faire deux, alors tu me laisses une de tes clientes… C’est tout !
C’est pas marqué sur toi, je ne suis pas apprentie ici…

Alors bien sûr, ça faisait un petit peu un cercle, car elle demandait alors aux autres… Mais moi, c’était :
– Va te faire voir… !

Quand les gens venaient à la réception et qu’ils demandaient après elle, et quand elle était occupée, je disais :
– Et bien, elle est occupée, mais si vous voulez, je peux très bien volontiers vous servir… Tac, Tchoc, et je te prends…

Et la femme du patron, elle me disait :
– Hei… bravo ! Personne n’ose rien dire devant elle, tout le monde est soumis, tout le monde passe sous ses demandes… Elle fait les règles, elle fait les lois, comme si elle était chez elle… Mais en fin de compte, on n’ose rien dire, parce qu’on est content quand on part en vacances, qu’elle nous remplace… Elle nous relaye et tout… Mais elle est malhonnête avec nous…

Donc quand elle poussait vraiment loin et quand elle me disait :
– Tu peux juste me faire ça ?…

Et ben non !

Alors finalement elle me dit :
– Non mais, t’as pris cette cliente ? Mais c’était ma cliente !
Et moi…:
– Mais c’est mis où que c’est ta cliente ?… Je lui ai demandé, je lui ai dit que t’étais occupée, je lui ai dit qu’elle pouvait revenir, cet après midi, à partir d’une heure, que t’étais libre… Mais par contre que je pouvais aussi la servir… Elle a accepté que je la serve, alors, elle n’est pas plus Tienne que Mienne !…
Ici, on est en saison, la saison elle dure un moment et moi ici, je suis engagée au même titre que toi, et moi je ne suis pas ton apprentie…

Alors, peu après, elle a commencé par vouloir m’amadouer…
Elle m’a dit :
– Il faut qu’on discute !
– Bon ben d’accord…

Puis elle m’a invitée pour aller manger chez elle… dans son Palace, machin… à Schön…machin… Schönried… Alors je suis allée chez elle.

Elle m’avait préparé des machins… et elle a essayer de me saouler, j’ai risqué ma vie en descendant le soir de Schönried, de chez elle…
Parce que je ne voulais pas d’alcool, alors elle avait mis de l’alcool bien arrosé dans la coupe de glace… et là-dessus elle avait essayé de discuter…
Ben moi je suis restée sur mes positions, quoi…
Alors comme elle a vu que ça ne changeait rien, mais elle m’avait avoué qu’elle s’était dit qu’elle pourrait faire comme elle voulait avec moi… Mais pour moi ça restait la même chose :
– Si tu peux prendre ta place, tu prends, si tu ne peux pas prendre, tu ne prends pas, voilà…

Tu vois il y avait eu plusieurs choses, qui faisaient que chaque fois ça la mettait en pétard…

– Oui, mais avant ça se passait pas comme ça…!
Mais maintenant je ne sais pas ce qu’il y a… Ça ne va plus…

Et moi, je n’entendais rien et je ne comprenais rien du tout…
Quand elle se plaignait de différentes choses auprès de Ferdinand…
Je disais :
– Ah bon…? C’est comme ça, je ne sais pas moi…

Je pensais :
– Bon ben, vis ta vie ! …Bon c’est tout.
C’est là que tu vois que quand tu es jeune, tu ne comprends pas toujours ce qui se passe en dessous… ou derrière ton dos.

Ce qui fait qu’à un moment donné, elle a tellement chauffée… sans doute que je l’avais tellement énervée, que certainement je n’avais pas voulu prendre ses clientes, lui faire ses shampoings, ou prendre un rendez-vous pour qu’elle puisse prendre un client en plus… ou que je lui avais peut-être piqué une cliente qui donnait un bon pourboire… Je n’en sais rien, je ne sais pas… Mais j’avais vraiment dû la chauffer, qu’elle n’en puisse plus… !

Alors quand même… on devait tous savoir que son mari, c’était le maitre d’hôtel et qu’il connaissait… patati et patata… et voilà.

Aussi bien qu’elle a été parler à Ferdinand un matin, c’était juste avant midi, et elle lui dit :
– Ferdinand ? Moi, je n’en peux plus ! Je n’en peux vraiment plus… Maintenant ça suffit… Elle arrive, elle chamboule tout, elle ne fait pas les choses comme on dit…

Elle lui donnait à choisir… j’ai entendu, mais je n’avais pas compris que c’était moi la cible de sa colère et puis la rage qu’elle avait… Elle s’engueulait avec Ferdinand… que c’était fini maintenant !

Mais je ne savais pas que c’était moi, le problème !

Voilà elle arrive et puis elle lui dit :
– Vous avez à choisir !

  • Vous avez 24 heures pour choisir entre elle et moi…!

Entre Isabelle et moi, parce que moi je ne peux plus travailler avec elle, ce n’est plus possible, je ne la supporte pas… Je ne la supporte plus !
Enfin elle avait tout essayé… Elle avait essayé de m’embobiner…
Elle avait essayé de m’inviter chez elle, de me faire un souper, elle avait tout essayé et moi je n’avais rien compris du tout…

Alors c’est là-dessus qu’elle dit à Ferdinand :
– Ecoutez… Je vous donne 24 heures pour décider.
Vous avez 24 heures… On est Jeudi, jusque demain soir, je veux une réponse… C’est elle ou c’est moi… !
…Vous savez que c’est moi qui vous fait les saisons, que je parle quatre langues, vous savez ci, vous savez ça… et elle commence à lui déballer…

– Vous avez 24 heures pour décider…

Moi, j’avais bien entendu de loin le truc… Il y avait les autres coiffeuses, et Rose-Marie qui me disent :
– Oh là là… T’a vu ce qui chauffe contre toi ?
– Ah ?

Alors Ferdinand, il vient chez moi tout retourné et il me dit…
– Ecoutez… Vous avez entendu ce qu’elle m’a dit ?
– Moi? Non… je n’ai pas entendu.

– Elle m’a demandé de choisir entre elle et vous… J’ai 24 heures pour choisir… Mais ça ne va pas dans sa tête, elle est folle qu’il me dit…
Elle est malade !

Et là-dessus, je lui dis :
– Non mais… Ecoutez moi… Je suis fiancée, je vais redescendre…
Je vais finir la saison, et puis voilà quoi… mais Vous, vous en avez besoin, entre les saisons… Vous pouvez compter sur elle et tout.
Et il y a son mari ici qui est maitre d’hôtel, elle ne va pas partir !

Non non, ne vous inquiétez pas pour moi… Moi je peux me faire engager n’importe où… Il n’y a pas de souci, non non… Gardez là !
Vous en avez besoin ces prochaines années, pour préparer votre retraite, pour faire vos machins… Non non, moi je me retire, hein !

Non, mais je ne pensais pas faire cet effet !
Non je ne sais pas ce qui a fait que je la dérange autant que ça !
Je n’avais pas remarqué que je lui dis…

  • Mais moi je me retire !

Alors il me dit…:
– Moi, je ne sais pas… Avec une pression comme ça… non !
Et puis je ne veux pas que vous partiez…

Il était là avec une cliente, et puis il est revenu, et me dit :
– Non ! et puis celle là, elle n’a pas à me donner 24 heures !
Pour qui elle se prend ?…Je vais en parler à ma femme à midi, qu’elle m’a donné 24 heures…

Ça, c’était juste avant midi…

Et puis, quand on est revenu à 2 heures… Là, Ferdinand me dit…:
– Alors je vous rassure tout de suite, hein…!
Ma femme, elle a tout de suite annoncé que c’était vous…

Je lui dis :
– Mais non, ne faites pas ça, moi je vais partir…
Encore il m’a dit :
– Est ce que vous pensez qu’on peut finir avec ses clientes ?
– Mais on s’en fout… on finira à 10 heures ce soir, c’est égal…
Mais prenez bien note que moi j’ai un fiancé et que je ne vais pas rester ici, que je vais partir…

J’ai insisté… :
– Mais faites pas ça ! Vous allez vous embêter, et moi je ne veux pas vous embêter non plus… Ce n’est pas du tout mon but de vous embêter…

Alors il me dit… :
– Non non, mais ma femme, elle a dit que c’était clair…!
et que c’était sur le champ que je devais la foutre dehors ! (Rire)

Et puis il va vers Madame « J’occupe toute la place », elle était là, elle était en train de travailler, il a attendu qu’elle finisse sa cliente, et puis il lui a dit :
– Alors à propos j’ai à vous dire… On ne va pas attendre 24 heures…
Je vous annonce tout de suite…

  • C’est elle…

Et qu’elle n’avait pas besoin de 24 heures pour s’en aller, et qu’elle pouvait y aller sur le champ… qu’on se débrouillerait pour finir son monde, ses affaires, son truc, qu’on allait se débrouiller…
Pas de souci, on leur dira… voilà !

Elle a pris ses affaires, elle a envoyé les portes et elle est partie ! C’était comme ça !

Et puis après tout ça… ils m’ont dit :
– Alors ce soir vous venez souper, ce soir à la maison !
Chez eux, c’était une première…

Puis alors :
– Dis donc, mais alors celle-là, mais pour qui elle se prend…

Alors sa femme, elle dit :
– Mais oui bien sûr, c’est vrai, on change les costumes, on change les machins, vous amenez les produits Furterer… Ben, ouais…

Mais moi, je serais pas rentrée dedans, si elle n’avait pas commencé à vouloir me dire, écoute moi… je suis coiffeuse, fais moi ci, fais moi ça, et moi je ne voulais pas faire ses shampoings…

Je ne dis pas, si c’est pour faire occasionnellement, pour rendre service, moi je veux bien… Si t’as organisé ton programme, pas de souci ! On organise tous son programme comme on entend, et si maintenant tu as pris un petit peu de retard sur une cliente, pour t’aider à faire, moi, je te fais volontiers un shampoing pour te rendre service, je te neutralise, je te rince une teinture et tout…

Mais maintenant si tu veux me prendre comme ton apprentie, parce que tu les prends entassées parce que tu veux toutes les ramasser pour toi et prendre tous les pourboires… et que tu penses ramasser les meilleures, celles qui donnent les plus gros pourboires…?
Alors je lui dis :
– Ah… ben moi aussi ça m’intéresse, les gros pourboires, autant qu’à toi, ma cocotte…

Et moi je n’avais rien compris que je dérangeais… pas du tout !

Moi je ne comprenais pas ce mode de manipulation.
Elle m’avait raconté qu’elle avait plusieurs fois coiffé la princesse machin… et puis qu’elle était ci et qu’elle était ça… qu’elle avait fait les plus beaux endroits en croisière et qu’elle était importante…

Qu’est ce que tu peux comprendre quand pour toi ces mécanismes te sont inconnus… ?

Moi j’avais juste compris qu’elle était importante… Mais ça ne voulait pas dire que j’étais son apprentie… Ça j’avais été claire !
Je lui avais dit :
– Non, je ne suis pas ton apprentie…

Toi, tu voyais tout le monde au même niveau, égalitaire, et elle voulait avoir du pouvoir sur les autres…!
– Oui et moi j’avais déjà défendu ma position chez Michelangelo…
Non, je ne serai pas ton chien !

J’avais déjà renversé Michelangelo avec ça… et lui qui m’avait dit en partant… :
– Oui mais maintenant vous partez… Vous vous rendez compte ?
Vous êtes la seule qui m’avez fauché des clients !

Mais je n’y étais pour rien, si les clients voulaient suivre mon style…
Je ne leur imposais rien…

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