<Enregistré le 30 Août 2014>
Quand je travaillais à Bern, chez Michelangelo, je me souviens, j’achetais des bonbons comme les enfants…
Tu sais les enfants, ils mangent toujours des bonbons au caramel avec du chocolat dessus… et le caramel dedans, Hum…!
Oh ben dis donc… Panier et au retour, je mangeais ça… !
Mais quand je suis arrivée à Gstaad, je suis allée faire un contrôle chez le dentiste et c’est comme ça qu’il m’a trouvé plein de carries…
Au bout d’un certain temps., je ne voyais pas les factures arriver…
En fin de compte, il ne m’envoyait pas les factures… Il passait là, le matin, et venait me dire :
– Bonjour…
et il repassait, entre deux au salon… Je me disais :
– Ah ben tiens, c’est bizarre, je ne l’ai jamais vu avant et puis maintenant je le vois tout le temps… !
On a les mêmes heures ? …Bon…
Je n’ai longtemps pas compris qu’il me courait après !
Il avait 10 ans de plus que moi… Je me souviens quand je lui ai dit :
– Mais je ne reçois toujours pas votre facture… !?
Il m’a dit :
– T’avais 5 carries… Je vais te les faire en blanc, je vais te les faire magnifiques…
Alors il me les avait vraiment bien faites… Lui, c’était du bon boulot !
Les autres, ils ne voulait pas me les faire.
Un jour, il m’avait dit :
– Oh ben… Ça me ferait plaisir, j’ai le souper de fin d’année avec le personnel… Ça me ferait vraiment plaisir que tu m’accompagnes au souper du personnel…
Je lui dis
– Ah bon ?
– Oui ça me ferait plaisir que tu m’accompagnes juste comme ça… Je suis un peu seul…
J’étais déjà avec Francis, mais j’ai compris qu’il m’aimait bien, quoi …
Mais avant je n’ avais pas compris, je pensais qu’il était simplement…
Tu vois, comme on m’avait déjà demandé pour les cyclistes d’aller faire les représentations sur les podiums avec les fleurs, les machins aux arrivées du Tour de Romandie…
C’est seulement après que j’ai compris…
Ferdinand il m’a dit aussi… :
– Mais heee… T’es folle !? Celui-là, tu ne le choisis pas ?
Mais tu te rends compte, le dentiste de Gstaad… !
T’as vraiment de la chance, toi alors…
Surtout qu’il m’avait dit :
– Mais il est fou, ton bonhomme, il est fou, en parlant de celui que je fréquentais…
Ce n’était pas le même dentiste que celui qui avait soigné les dents de ma mère… C’en était encore un autre, j’attirais les dentistes !
Alors c’est là que je me suis rendue compte quand je suis allée faire mes dents, quand j’avais eu 5 carries, que j’avais compensé de mon enfance… J’ai pris conscience qu’il m’avait fallu cette phase. La phase bonbon, ça a duré le temps que je travaillais à Bern… J’avais mon salaire… Ok ! J’ai le droit de manger des bonbons, autant que tu veux ! Et du chocolat… T’achètes ton chocolat toi-même…
C’était quelque chose…
Je me souviens quand j’étais à Bern, M. Sulzer- Franchon, il m’amenait les croissants…
Et le samedi, des fois quand je finissais après le boulot… ou à midi quand on avait le droit de sortir, J’allais manger mon croissant respectueusement là-bas… un tout bon croissant !
J’étais tellement contente, avec mon café… Je me respectais !
Parce que j’allais dans un beau lieu, c’était très beau… C’était vraiment magnifique quoi… !
Je m’offrais du bon, et j’avais l’impression que… ça y était !
Personne ne pouvait rien me dire… là maintenant… !?
Non ! Tu te fais plaisir… Ah , c’était quelque chose.
Mais j’étais en accord. Il m’a fait mes carries et après j’ai fait attention… J’avais mon petit sac en plastic comme les gamins, remplis de bonbons, chocolat autour et caramel au milieu…
Oh, j’aimais ça…!
Alors le soir, quand je rentrais du boulot, je m’arrêtais au kiosque Bonbons…
Si tu n’en donnes pas librement à tes enfants, ça devient finalement un manque, une névrose… et un jour ils compensent.
Merci Gracias

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