<Enregistré le 30 Décembre 2015>
On était plusieurs filles, mais les seules qu’il avait invitées c’était Monique et moi…
C’était un coiffeur qui finissait la saison… et là, je me suis dit :
– Oh mais là, ça s’annonce bien…
Elle m’annonce qu’elle sort… Mais c’est drôle, parce que je ne voyais jamais les coups tordus… Pour moi, c’était un repas, voilà…
T’es jeune, tu discutes, puis ça s’arrête là…
Quand on se donnait rendez-vous pour prendre un verre au bar en début de saison, tu ne savais jamais qui c’est qui venait…
Parce que bien souvent on était quatre mais de fois on était jusque douze… C’était joli de se retrouver comme ça.
Mais tu ne savais jamais qui c’est qui allait venir… Ça permettait de débarquer n’importe quand et tu retrouvais ton groupe…
Ça, c’était bien ! Quand tu as 20 ans que tu sors de ton boulot et que tu as envie de décompresser, de voir un petit peu du monde…
Alors moi, je buvais toujours mon OVO chaude. A l’époque c’était mon truc…
Tu savais que si tu allais là, que tu ne serais pas seule. Tu y allais n’importe quand, tu n’étais jamais seule… Il y en avait toujours un ou deux qui trainaient… Alors c’était ça, ce que j’ai le plus apprécié dans les saisons, ce partage, ces rencontres !
C’est ce que j’avais appréciée le plus, et la complicité avec ma copine Rose-Marie, la coiffeuse qui était là quand je suis arrivée…
Celle qui ma commandé encore des produits, il n’y a pas si longtemps depuis Zürich…
Directement quand je suis arrivée, elle, qui habitait Moudon… nous deux, ça a tout de suite croché… On s’est tout de suite entendue. Elle m’a dit :
– Ecoute, viens je t’emmène…
Alors c’était bien… Elle a fait une saison et puis après elle est partie…
Ah oui… On travaillait ensemble, et j’avais à peine commencé ma première cliente, qu’elle me tape et qu’elle me dit :
– Oh il y a Roger Moore là-bas… Va vite au magasin, il est parti à côté…
Je la regarde comme ça et puis je lui dis :
– T’es gentille, mais ça va pas, je viens de commencer une cliente !
– Mais oui, vas y, qu’elle me dit…
La seconde d’après, Ferdinand arrive… Il l’avait vu aussi, et il me dit :
– Allez, allez vite… il est au magasin d’à côté…
Qu’est ce qu’il me raconte, il ne veut pas que je fasse ma cliente ?
– Mais si, allez y… qu’il me dit… (Rire)
Après il m’a raconté son histoire..
Eux, ils connaissaient tous les grands, hein… Puisque sa femme Ilsé coiffait Grace Kelly à l’époque… Ils avaient toute la grande famille de Monaco qui venait. Ils ont eu du tout grand monde… Ils allaient au Palace, ils étaient très connus…
Un jour Ilsé m’a dit :
– Ah mon Dieu avec Ferdinand, on a tourné les deux !
A mais, qu’est ce qu’on a festoyé les deux…!
Ils ont eu une belle époque, ils avaient côtoyé tout ce beau monde… et rencontré plein de vedettes…
Ça m’a fait de la peine la dernière fois quand j’ai vu Ferdinand…
- Ah la vieillesse… !
Mais quand je l’ai vu, je l’ai toujours trouvé aussi beau.
Toujours avec son côté plein de charme, plein de douceur, plein de douceur…
Alors Ferdinand, je crois que je n’ai jamais connu quelqu’un comme lui, toujours content et qui te dit les choses en chantant…
- Toujours content, heureux de vivre !
Il y a eu beaucoup de femmes qui lui ont tourné autour en tant que coiffeur, et il disait :
– Ces femmes qui me tournent autour, mais j’ai ma femme… Qu’est ce qu’elles veulent me chercher… ? J’ai une femme, pourquoi elles ne respectent pas les gens ?
Moi je suis content, j’ai ma femme et j’aime ma femme !
Ben ma foi, moi aussi je vieilli… Je suis content, on est content avec Ilsé…
Il acceptait pleinement comme elle était, hein… Il disait, oui bon ben… Ilsé, elle a quelques problèmes avec l’alcool. Je sais bien qu’elle a des problèmes avec l’alcool…
Mais en quoi ça les regarde, qu’on lui foute la paix !
Des fois il me disait :
– Elle me fait rire, elle me défend de manger une pâtisserie… et elle contrôle mes assiettes et puis elle…? Elle fume comme un pompier !
Tu sais que quand elle te préparait la neutralisation d’une permanente… Tu devais faire attention à ce qu’il y avait dedans si c’était pas de l’alcool… Parce que tu n’en savais rien si elle ne s’était pas trompée… Enfin on en rigolait !
Je l’aimais beaucoup…
Merci Gracias

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