Le partage

<Enregistré le 03 Décembre 2016>

Ferdinand et sa femme, ce qu’ils aimaient quand j’étais chez eux, c’est qu’on partageait les choses ensemble… Tu vois, eux c’était un couple, ils n’avaient pas eu d’enfant, alors quand ils avaient des coiffeuses, ils étaient contents de partager, c’était leur entreprise et c’était tout chaleureux, là-bas dedans…

Ils voulaient du partage…
Mais les gens qui venaient travailler ne voulaient pas vivre au salon, dans la coiffure. Tous ceux qui travaillaient là-bas dedans… ils ne voulaient pas partager leur intimité…
Nous, on travaille… et puis voilà. Tandis qu’avec moi ils avaient tout de suite compris… alors on partageait, on se racontait…

Ce qui veut dire qu’on a eu des partages magnifiques…

La première fois, quand je suis arrivée, il y avait une romande, une qui venait du canton de Fribourg… Rose Marie, et elle m’avait dit :
– Attention, tu verras avec la vieille… et puis ci et puis ça…
Mais elle était sympathique, c’était encore une romande…

Mais après, il y avait eu des suisses allemandes et Josette, celle qui habitait en haut… Il y avait même eu une fois, un coiffeur anglais… Mais lui n’était pas très chaleureux, hein… Pas très chaleureux, et puis ce que voulaient Ferdinand et sa femme, c’était justement, avoir des partages !

Tous ces coiffeurs avaient leur vie et ça leur avait manqué de ne pas avoir eu d’enfants… même s’ils avaient leur chien, leur caniche noir…
Il s’appelait Jimmy… ou Gypsy… Oui, Jimmy et c’était son bébé !

Oh… mais elle était très affectueuse, déjà rien que quand elle prenait son chien ou quand elle arrivait avec, tu pouvais imaginer combien ce qu’elle avait… Tu comprenais que derrière son côté comme ça… et bien ce n’était pas ça !

Quand elle arrivait, les coiffeuses la regardaient aussi comme ça, l’œil en coin… Oh la vieille !
Voilà ils ne l’aimaient pas… Alors automatiquement ça fermait les relations… C’est fou, tu crées un commerce, il y a tout pour faire quelque chose de chaleureux et tu ne réussis pas à faire quelque chose de chaleureux… C’est impensable hein…?

il y avait eu aussi… Tu sais celui qui était tombé en automobile…
Jo Siffert… Je ne sais pas si tu connais… Il était très connu dans le canton de Fribourg, il avait marié aussi une mannequin… Sa femme avait des cheveux longs, blonds jusqu’ici… Comme Sylvie Vartan ! Enfin le style mannequin, grande et quand elle s’était divorcée, elle avait fini chez sa tante.
Alors elle était venue à Gstaad avec ses deux gamines… et en hiver elle venait faire les ongles, au salon de coiffure en pleine saison.

Mais avec elle aussi, la même chose, c’était très chaleureux…
Elle arrivait, elle s’en foutait… Elle venait travailler ici.
Elle voulait le contact avec le monde, elle voulait le partage…

Donc elle arrivait et elle disait :
– Bon demain matin, je vous apporte des boules de Berlin, et pour tout le monde… Nous aussi on a le droit aux boules de Berlin !

Je lui avais dit qu’on mangeait des boules de Berlin, alors voilà, elle amenait des boules de Berlin… Elle venait travailler pour le plaisir, ça donnait tout à fait autre chose qu’avec ces gens qui ne veulent pas de famille… Et il y en a beaucoup où c’est comme ça… C’est fou quand même, non ?

Par chance il y avait plusieurs personnes, des vendeurs qui travaillaient dans les magasins de sport de Gstaad…
Monique ma copine, elle était aussi venue avec sa maman qui était aussi une femme divorcée… On avait de beaux partages ensemble.
A midi on se retrouvait dans un petit Tea room, ou à la patinoire, parfois le soir à l’apéritif, on avait toujours nos endroits, nos points clés…

Quand on voulait avoir du contact, on s’y retrouvait… Mais c’était toujours les romands… C’était toujours les mêmes qui étions là.

On avait ce côté très chaleureux… et Dominique ma copine, la parisienne, là… qui sont venus à mon mariage, après l’ouverture de mon salon de coiffure et Monique qui venait en vacances avec sa mère, elle me disait :
– J’ai des vacances… je viens passer des vacances chez toi…

Elle continuait de venir, c’était très chouette.

Si j’ai besoin de faire ma permanente, c’est les vacances, je viens faire ma permanente chez toi… Est ce que je peux aussi passer quelques jours chez toi, après ?

Des moments de jeunesse très enrichissants !

Merci Gracias

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *