<Enregistré le 03 Décembre 2016>
Je me souviens, un mardi par mois, Michelangelo faisait une soirée conférence. Il disait :
– Si quelqu’un veut prendre ma place, il peut la prendre !
On restait tous jusque 7 heures et on avait la soirée jusque 9 heures.
Il nous présentait différentes choses, sur les coiffures sur n’importe quoi… Et comme une fois par mois, il avait dit :
– Si quelqu’un veut présenter la soirée il pouvait le faire…
Alors j’en avais fait… Je pense que j’étais la seule qui avait fait deux soirées là-bas… qui a pris sa place, qui avait osé prendre sa place !
Ça aussi peut-être que ça l’avait touché…
Tu penses, je n’avais pas encore 20 ans quand j’ai commencé chez lui… et j’osais !
Mais quand il avait fait sa dernière conférence, j’en étais complètement retournée… quand j’avais donné mon congé et que je partais…
C’était la dernière semaine où j’étais là…
Alors il avait dit le mardi soir :
– On fait…!
Et là, il est arrivé à la séance, il a commencé à pleurer… et puis, il a annoncé mon départ…
Et puis il a dit :
– Je ne peux pas continuer… On va s’arrêter, je ne peux pas !
De toute façon, il n’y a plus rien, qui… ça ne va pas…
Moi, tu sais, t’as 22 ans, je me disais mais qu’est ce qui t’arrive ? Tu n’arrives même pas à comprendre…
Et quand je travaillais à Gstaad, quand il m’a appelé pour me dire :
– Je viens à Gstaad… Je viens vous inviter…
– Ah bon ?
On a mangé à l’Olden… Ah bon ?
Mais je me disais mais c’est quoi ton souci…?
Il venait pour que je revienne chez lui, à la fin de ma saison…
Je pense qu’il avait été très flatté par les soirées, par les fois où je suis rentrée dedans… et par l’inacceptation de ce qu’il présentait.
Et sans doute aussi comme j’osais revendiquer ce qu’il produisait et d’avoir dit :
– Moi, j’ai un certificat de coiffeuse et je voudrais être considérée comme telle ! …Maintenant qu’est ce qui ne vous va pas ?
Qu’est ce qu’on fait ? OK… On va au bureau ?… Ok, s’il n’y a que votre style qui va, alors apprenez moi !
Ok voilà… Il était épaté parce qu’il se disait :
– Elle ne va pas rester… après la journée, attendre jusque 19 heures… alors que je faisais 8 heures – 17 heures… Elle ne va pas rester…
Et Non non… J’avais attendu 19 heures… Il était épaté. Et quand je lui ai dit que dorénavant le jeudi soir je ne travaillerai plus si tard, que c’était fini… Il était épaté, c’est sûr.
– Ok, ça marche…
C’était… (Rire) c’était une expérience assez enrichissante…Très enrichissante pour moi… Parce qu’il y avait ce côté, où je prenais mon assurance, mon identité qu’on m’avait toujours refusée à la maison.
Mais je dirais que c’était le plus grand artiste que j’ai rencontré dans tous les coiffeurs que j’ai vu…
- Alors ça… Oui !
– Pas étonnant qu’après, il s’est reconverti dans la peinture…d’après ce que tu m’avais dit…
– Ben oui…!
Mais Ferdinand, aussi il faisait un petit peu de peinture…
Ferdinand, aussi avait une très belle sensibilité, celui-là, c’était l’amour des amours…
Merci Gracias

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