<Enregistré le 01 Janvier 2016>
Mais il y avait aussi là-bas, une coiffeuse, qui se prenait toujours pour la cheffe… Elle était là-bas depuis 7 ans et elle parlait 4 langues. Elle avait travaillé sur des croisières en bateaux avec son mari qui était maitre d’hôtel, dans un grand Hôtel, juste à côté du salon…
Elle ne se prenait pas pour de la merde… Mais c’est vrai, elle était grande, elle avait les cheveux noirs, elle aurait pu être mannequin, la peau mate, les yeux bleus qui sortaient, une très très belle fille…!
C’était une sacrée belle femme mais elle savait, qu’elle était belle…
Elle travaillait tous les jeudis, vendredis et samedis… et elle arrivait à 8 heures et 1/2… Alors bien sûr, Madame… elle pouvait tout se permettre !
Et quand elle venait, elle pensait qu’on était tous à sa disposition, qu’on était ses apprentis et sa merde, quoi…
Elle avait l’habitude, parce qu’à chaque fois qu’une nouvelle coiffeuse arrivait, elle leur prenait toutes les clientes qui donnaient des bons pourboires… Tu vois celles qui t’annonçaient des 8 ou 10 Francs comme ça… elle te les ramassait.
Alors tu n’étais plus coiffeuse ! Tu étais juste à sa disposition pour qu’elle puisse les prendre dans les peu de jours qu’elle faisait.
Ce qui veut dire que quand je suis arrivée, moi j’ai dit… Non !
Alors ça a bien marché une ou deux fois, mais après j’ai dit :
– Non… Je suis désolée, moi aussi je suis coiffeuse, je ne suis pas assistante, ni ton apprentie…
Donc c’était non…
– Oui… mais tu peux bien faire, vite… entre deux… Tu vois, là tu auras ton programme, parce que celle-là je la mettrais ici… Elle arrivait toujours avec son programme… Je voudrais aussi prendre celle-là…
Je disais :
– Mais non si tu ne peux pas la prendre quand elle veut venir, alors c’est moi qui la prendrais… C’est tout ! Je suis coiffeuse au même titre que toi…
Alors tu penses bien qu’elle m’aimait… En fin de compte, elle le vivait très mal !
Elle avait 37 ans à l’époque et qu’une petite jeune de 22 ans qui arrive… Alors elle m’a dit :
– Moi, ça fait 7 ans que je suis ici… Ça s’est toujours bien passé, on a toujours une excellente entente avec Ferdinand… et puis maintenant, depuis que t’es arrivée, tout ça c’est foutue !
Mais ça ne lui avait rien enlevé, du tout…
– Elle lorgnait peut-être sur le salon pour le reprendre à la fin…
– Peut-être bien… Mais c’est vrai, Il y a bien de chances parce que son mari était maitre d’hôtel juste à côté, c’était pratique, en plus elle ne voulait pas d’enfants…
Un jour d’été 1981, on était en train de boire le café sur la terrasse du restaurant de la patinoire, avec toutes les coiffeuses, lorsqu’une femme est venue vers moi et me dit :
– Ecoutez… Est ce qu’on pourrait vous parler, Vous voyez, on est là-bas… ?
Et je dis :
– Ah bon ?…On se connait ?
Je la regarde comme ça, et elle me dit :
– Non, mais vous voyez, on est là-bas, toute une tablée…
Est ce qu’on pourrait vous parler une minute ?
On est en train de tourner un film à Gstaad et on aimerait bien vous parler…
– Ah bon… qu’est ce qu’ils racontent ?…OK, Comme vous voulez… J’arrive.
Quand je suis arrivée à la table d’à côté, ils étaient cinq personnes…
Ils m’ont dit qu’ils tournaient un film avec Yves Montant et Isabelle Adjani… ça s’appelait « Tout feu tout flamme »… qu’ils avaient besoin d’une doublure et que je correspondrais tout à fait à la personne qu’ils cherchaient…
– Oui, on a trouvé que vous iriez très, très bien comme figurante…
– Ecoutez moi je travaille en tant que coiffeuse, et pendant la semaine, moi je ne peux pas… Le seul jour où je pourrais venir, ça serait… si vous voulez, c’est le lundi, mais les autres jours, moi je ne peux pas… !
Alors ils m’ont dit :
– Bon, ben voilà, alors la place, elle est pour vous…
Alors à lundi…!
– Mais ça sera un jour, pas plus, hein…!?
Donc j’y suis allée le lundi…
Et quand je suis revenue au bout de cinq minutes à la table avec mes copines, je leur raconte… :
– Ben… je vais aller tourner un film… Ils m’ont demandé pour faire une doublure avec Yves Montant et Isabelle Adjani…
Alors tu penses bien que celle-là, celle qui se prenait pour la reine, qui avait avec un ego démesuré… qui se sentait la fille du roi et qui se prenait vraiment pas pour de la merde, si elle pouvait apprécier que quelqu’un d’autre ait été choisie… Qu’on ait proposé ça à quelqu’un d’autre qu’elle, hein !?
Enfin il y avait des trucs, et moi je ne comprenais même pas encore, qu’elle était jalouse. Rien, je ne comprenais pas… Jusqu’à la fin je n’ai rien compris !
Mais la rage qu’elle en avait, quand je suis revenue… La colère qu’elle en avait, qu’on puisse venir me chercher à notre table…
Ah tiens, encore celle-là, et pas moi…?
Mais toutes les autres, c’était comme ma fille…
– Quoi, quoi…?….Aaahhhh… Ooohhh ! Je peux venir avec ?
Et Ferdinand quand je l’ai mis au courant… il ma dit :
– Oh mais c’est vraiment dommage, qu’on soit en plein dans la saison et que vous ne pouvez pas… Mais vous voyez, c’est vraiment formidable, que ça tombe sur vous… Vous êtes vraiment formidable…
Ça ne m’étonne vraiment pas du tout…
- Vous êtes vraiment formidable…(Rire)
Il m’aimait tellement ce Ferdinand…
Merci Gracias

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