Les uniformes

<Enregistré le 28 Août 2014>

Madame « J’occupe toute la place » disait :
– Ah, mais moi je sais bien… Je suis grande, j’ai les yeux magnifiques, Je parles quatre langues… et Ferdinand est bien content de m’avoir parce que si je n’étais pas là, euh… qui c’est qui s’occuperait de ci et de ça quand ils partent en vacances ? Qui c’est qui peut rester avec la caisse…?

Enfin bref, c’était la personne qui savait qu’elle occupait la place !
Et Madame « J’occupe toute la place », je suis bien là, quand je suis là…

D’ailleurs, elle avait été très en colère lorsque je suis arrivée la première année, parce que tout le monde était habillé en Jeans, n’importe comment et comme on était deux, quatre, cinq, on était même six en pleine saison !

Alors quand les clients arrivaient, tu vois… beaucoup arrivaient avec leurs souliers de montagne dans le salon de coiffure, et ils cherchaient à savoir qui était le coiffeur…
Tu vois, puisqu’on était habillé en Jeans, et que chacun avait son habit personnel…

Tout le monde s’habillait comme il voulait, et personne ne disait rien du tout, il n’y avait pas d’uniforme. Alors j’ai dit à Ferdinand :
– C’est pas « Classe » ce n’est pas joli, on pourrait faire un salon beaucoup plus joli… !

Tu vois, c’était joli, ce petit salon de coiffure avec ses petites fenêtres en bois, c’était tout mignon, c’était à bouffer… C’était un endroit avec un charme fou !

Quelques jours avant, j’avais déjà demandé à Ilsé, en tête à tête…
– Mais comment ça se fait qu’on n’ait pas un habit de travail, ici ?
Qu’on soit en Jeans n’importe comment ?
Ça ressemble à n’importe quoi, mais comment ça se fait… ?

Alors à Ferdinand, je lui ai dit :
– Mais on devrait avoir un uniforme… une marque !
Vous, on vous reconnait, on sait que vous êtes le coiffeur, mais nous, les autres… comment est ce qu’on nous reconnait ?
Vous, les gens vous connaissent bien depuis toutes ces années, mais nous ? Parce que quand les gens rentrent, il devraient directement savoir à qui ils ont à faire… Et on est plusieurs personnes à travailler ici… Quand ils rentrent ils doivent pouvoir se dire :
– Ben tiens celle-là, c’est avec celle-là que je m’adresse…

On devrait avoir quelque chose qui fait qu’ils savent qu’ils s’adressent à des professionnels… et puis là-dessus il me dit :
– Ouais, mais vous pensez à quoi ?

Et Ilsé avait rajouté :
– Ben oui, c’est vrai, vous avez raison, vous verriez quoi ?

Alors je leur dis :
– On pourrait porter un ensemble… On pourrait porter un costume, un costume comme vous voulez, hein… C’est égal… Un uniforme qui représente, la montagne, qui représente votre salon… Mais on peut regarder ensemble, ce qu’on peut trouver comme uniforme, et on peut en discuter tous ensemble…

Alors sa femme, pendant le week-end, elle a directement regardé, et puis le lundi matin, elle est arrivée avec des prospectus, et elle ma dit :
– Regardez ce que j’ai vu… il y aurait plus ou moins ça… et ça… ou ça qui me plairait…
– Voilà, c’est une bonne idée ! que je lui dis…
Et ah, ben ça c’est pas mal, et puis ça aussi… Mais vous savez, ce qui est important, c’est qu’on nous reconnaisse…

C’est vrai que ça allait bien avec le chalet, ce qu’elle avait choisi.
Alors elle me dit :
– Alors si je commande ça, qu’est ce que vous en pensez ?
– C’est très bien ! Ça va très très bien !

Et puis là-dessus elle a décidé de prendre les tailles de tout le monde, puis elle a commandé…

Tu penses bien que Madame « J’occupe toute la place », quand elle est arrivée, elle a dit :
– C’est quoi ces machins…! Maintenant depuis que celle-là est arrivée, on doit mettre des uniformes !?

Alors qu’elle, elle était fille du « Maitre d’hôtel », elle qui coiffait les femmes, les Jeudi, Vendredi, Samedi… Elle qui avait des habits de marques… Bien sûr, c’était aussi quelqu’un, elle avait fait aussi des saisons sur des bateaux, elle avait un mari important…
Elle était grande, taille mannequin, les cheveux noirs, la peau basanée, des yeux bleus qui sortaient « Caraïbe » c’était une très belle femme…!

– C’est un monde, quand même, on ne se demande pas qui c’est qui a mis ça de nouveau dans la tête du patron !
Voilà… et sa femme ne nous a même pas demandé pour choisir, les costumes !
Et maintenant on nous impose… On est habillé comme des clodos, comme des guignols !
Tiens on aurait pu marquer « Machin » ici …et tout ce qui s’ensuit,
on n’a pas tous les moyens de se payer tous ces trucs…

  • Alors elle était furax…!

Mais moi, jamais je ne m’étais mesurée à elle, absolument pas…
Rien du tout !

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