<Enregistré le 14 Septembre 2016>
Ferdinand m’avait fait remarquer, que depuis que j’étais chez eux, ils avaient récupéré des clients réguliers de Château d’Œx, que ça ne leur était jamais arrivé… Les chiffres d’affaires avaient augmentés grâce à ma présence et cette nouvelle clientèle s’était fidélisée…
La clientèle habituelle, c’était les touristes, les gens aisés, les célébrités, et les suisses allemands de la région, mais les suisses romands réguliers, il y en avait eu peu…
Alors ils étaient très content de voir que leur commerce fonctionnait bien et m’en étaient reconnaissants…
Ils m’avaient raconté qu’ils avaient beaucoup aimé deux coiffeuses…
La première, c’était une allemande… Tu vois, Ilsé, elle était autrichienne, et cette coiffeuse était allemande, de très bonne classe, un bon statut, mannequin et tout…
Et la deuxième c’était celle qui avait le plus grand salon de coiffure dans le village où ma mère habitait… Ça avait été quelque chose celle-ci !
Je l’ai connue, car elle a beaucoup bringuée pour que j’aille chez elle travailler par la suite, mais je ne l’aimais pas trop…
C’est drôle, elle avait le même prénom que ton ex-femme !
C’était peut-être un pressentiment ?… Va savoir. (Rire)
Oui, on a eu deux personnes qui nous ont profondément touchées… et maintenant c’est vous, qu’Ilsé m’avait dit, sur toutes les coiffeuses, qu’on a eu ces 25 dernières années…
Alors quand je suis arrivée à la fin de la saison et que mon contrat se finissait… Il fallait avoir je crois 7 ans pour avoir le salaire comme le mien, c’était une somme à l’époque… Et moi quand j’étais arrivée en station, je m’étais dit :
– Ok, tu as fait Fribourg, le plus grand salon de coiffure, t’as fait Michelangelo, le plus grand salon de coiffure de Bern, qui est reconnu en suisse, et il avait aussi le Palace à Gstaad…
OK… ! Tu te présentes, et toi, tu veux déjà ce salaire là, pour commencer…
Alors quand j’étais allée me présenter, Ferdinand m’avait dit… :
– Oui, mais vous savez qu’il faut tant d’années…?
– Oui oui, je sais, mais voilà… Moi je viens de chez Michelangelo…
et je pense que je le mérite, voilà.
Il avait quand même accepté parce qu’il le connaissait… mais
– Bon bon, normalement ce n’est pas comme ça, il y a les années…
Mais bon bon, je veux bien…
Donc il m’avait donné déjà en dessus de la normale, hein…!
Alors à la fin de la saison, il trouvait que je menais bien mes activités, puisque sa femme disait :
– Ooh mais dit donc, il n’y a qu’elle qui peut faire deux choses en même temps… et quand elle venait au salon, elle disait souvent :
– Mais elle est passée où cette cliente ?
– Elle est dehors…
– Incroyable, je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi rapide et aussi efficace…
Je m’étais dit :
– Ah !? …et bien, tu fais bien de me le dire…
Et bien maintenant, si je fais la saison suivante, si je reste…
Alors quand Ferdinand m’a demandé ce que j’allais faire à la fin de la saison, je lui ai dit :
– Oui, je reste… mais avec une augmentation !
Alors là, il a pété les plombs… J’ai cru qu’il allait…(Rire)
Mais celle-là, elle exagère vraiment, hein !
Non mais, il ne faut pas exagérer…
Il avait pété les plombs, une crise de nerfs… Je ne l’ai vu que deux fois dans cet état, deux fois !
Quand Madame « J’occupe toute la place » lui avait mis la pression, et quand je lui ai demandé l’augmentation…
Alors je lui ai dit :
– Mais ne vous mettez pas dans cet état… Voilà, Vous ne voulez pas, ben voilà, alors la saison, elle s’arrête… Je tire ma révérence, mon chapeau, et prenez note que j’ai fini à la fin de la saison… C’est fini.
Je ne savais pas encore, si j’allais rester ou si j’allais continuer…
– Je vous demande une augmentation, vous me dites non ?
Bon ben voilà, je ne reste plus… Au revoir, c’est fini…
Chez Michelangelo, Je ne voulais pas de contrat, parce que pour moi, un contrat c’était une laisse, je lui avais dit :
– C’est à un chien qu’on met une laisse, et moi, je ne suis pas un chien… Si ça va, je suis là… si ça ne va pas, je m’en vais, c’est tout !
Et là, Ferdinand, quand je lui ai demandé 100 Francs de plus, il était devenu rouge… Je ne l’ai jamais vu comme ça enragé, il m’avait dit :
– Mais quand même , vous m’avez demandé en sortant de Michelangelo… Vous m’avez demandé le même salaire qu’une coiffeuse qui travaille depuis 7 ans… Il y a des barèmes !
et que J’avais directement touché le haut barème…
– …Vous veniez de chez Michelangelo, je n’ai pas discuté, je n’ai pas discuté du tout… et maintenant vous voulez encore plus haut ?
Quand même…!
- Il était mûr
Alors là-dessus, il était tout gronchon, il a continué son travail, ses clients… et puis l’après midi, il revient tout tranquillement, et il me dit en rigolant…:
– Ecoutez, j’en ai parlé à ma femme…
Elle m’a dit :
– Mais t’es fou, Ferdinand ? T’es complétement fou…
T’es vraiment un imbécile, hein… Elle te fait les plus grands chiffres d’affaire que tu as eu maintenant depuis toutes ces années, en 25 ans… Elle a bien mérité et c’est pas 100 Francs que tu devrais lui donner en plus, c’est 200.00 Francs… Non mais, quand même !
Elle m’a dit, que j’étais un con mais alors là… de première !
Alors Je m’excuse, je m’excuse, je suis vraiment désolé…
- J’en suis restée bouche ouverte…
J’avais dépassé le barème de coiffeur après 7 ans, et seulement après une année chez eux, j’avais demandé plus cher que Madame « J’occupe toute la place » qui parlait quatre langues…?
Tu vois un petit peu…?
Merci Gracias

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