<Enregistré le 01 Juin 2020>
Ferdinand, c’était un Balance… Alors quand je suis arrivée chez lui, il a tout de suite vu que c’était un plus… Parce qu’il n’était pas fait pour diriger un groupe, ni pour commander ou dire quoi que ce soit…!
– L’autorité ce n’était pas son truc…?
– Non, il n’avait aucune idée de l’autorité… Il ne savait pas faire !
Alors de voir quelqu’un qui avait la responsabilité et avec qui il n’avait rien à redire, et qui était indépendante…
- Mais ce n’était que du bonheur, pour lui !
A chaque fois qu’il m’a vu avancer dans mon côté indépendant, il m’a dit :
– Oh, c’est magnifique… Tenez la clef d’entrée…
Ooh… Mais vous allez regarder les petits trucs qui manquent et tout… Mais vous voulez faire les commandes à ma place ?
…Oooh, mais merci !
Chaque fois c’était un merci… Jusqu’à la fin, c’était :
– Ooh, mais reprenez mon salon de coiffure, s’il vous plait, je sens que vous êtes prêtes à faire ça… Parce que vous aimez ça et que vous êtes faites pour ça… Alors prenez le…
Parce que je serai votre employé, jusqu’à ma retraite… Moi, je m’en fous… Je suis tellement content, mais prenez le…
S’il vous plait… Mais je vous laisse le salon de coiffure pour quasi rien… Je préfère le laisser à quelqu’un, je n’ai pas d’enfant…
Qu’est ce que vous voulez que je fasse avec ça…
Moi, je m’en fous, pourvu que ça continue et que je puisse encore entrer dans mon salon de coiffure…
Parce qu’on avait ce bonheur et qu’il était content que quelqu’un entreprenne, puisque lui ce n’était pas dans sa peau…
- Tout t’était mis sur un plateau…!
Quand il me disait :
– Sur les coiffeuses, oui mais celle-là, elle ne va pas du tout,
,ais je n’ose pas lui dire et je ne sais pas comment faire…
Vous trouvez normal comme elle fait… et tout ?
Je disais :
– Ben non, il faut lui dire…
– Oh, mais moi je n’ose pas lui dire, parce qu’après…
Donc moi, je faisais passer, sans blesser… Je disais :
– Mais on peut quand même faire ça, ou… on sort à telle et telle heure… On a des bonus, alors là on peut arranger aussi, on peut…
– Oui, mais tu nous embêtes…
Finalement, elles me faisaient la gueule… Puisque celle qui le remplaçait, elle lui avait dit qu’il fallait choisir entre elle et moi…
Parce que bien sûr qu’elle tirait juste sur la ficelle, mais ce n’était pas pour le bonus du salon… Elle ne faisait que ça à tirer tout le monde pour les mettre à son service…
C’était facile de mener sur un balance… Elle avait fait sa petite cour pour elle, avec tous ceux qui venaient dans le service, et puis elle mettait tout le monde à l’ordre en disant :
– Mais oui, on est ici, alors on ne fait pas trop…
Elle avait fait son entreprise à l’intérieur de l’entreprise… Mais qui était au contre-bénéfice du patron… Parce qu’elle faisait son petit service et sa petite cour, pourvu qu’elle touche beaucoup de pourboires… Et puis qu’elle puisse coiffer la princesse du Danemark ou de machin…
Alors quand moi je suis arrivée et qu’elle a voulu profiter de moi… Ben, je lui ai dit…
– Non non… Je ne suis pas une assistante, ici, je ne suis pas une shampouineuse… Donc la clientèle, si tu n’a pas le temps pour la prendre c’est moi qui la prends… la princesse Machin, ça me va aussi, hein ! Elle n’avait pas du tout aimé…
Et comme elle, elle ne travaillait que les jeudis, vendredi, samedis… Ben quand c’était plein… et bien voilà, je prenais… Je continuais à les prendre et je disais…
– Aah… Vous voulez aller chez elle, oui mais voilà…elle n’a plus de place avant…
Alors elle a demandé à Ferdinand…. Il faut choisir, hein !
Entre elle ou moi…
Parce que là, j’étais la première qui lui rentrait dedans et qui ne voulait pas lui retirer ses chaussures….
Elle lui a dit… je vous donne 24 heures pour discuter… pour décider qui c’est que vous allez choisir après, parce que vous savez, je parle quatre langues, je vous remplace pendant vos vacances… que je suis toujours là quand vous avez besoin… Donc voilà je vous donne 24 heures…
Alors quand il est venu chez moi et que je lui ai dit…
– Oohh non non non… moi je vais finir, j’ai un fiancé en bas… Il ne veut pas venir ici en haut… Il faut regarder pour bien vivre. Pour le salon de coiffure, pour que ça continue… Ce n’est pas grave, moi je trouverai toujours une place…
Ne vous inquiétez pas pour moi… Ce n’est pas grave… Et puis il est parti manger, et en bon Balance, on ne prend pas d’initiative…(Rire) et quand il est revenu, vers 2 heures, il m’appelle derrière et puis il me dit je peux vous parler ?
Alors ma femme, elle était outrée qu’on puisse dire une chose comme ça et qu’on n’avait pas besoin de 24 heures pour décider. Et qu’il fallait la ficher sur le champ dehors…
Et moi qui insistait… Vous n’allez pas faire ça !
Et il me dit… mais ma femme va arriver parce qu’elle veut être là aussi quand on la fout dehors…(Rire)
Il me dit :
– Celle-là… Cette salope comme il a dit… Vraiment culottée… !
Vous ferez ce que vous ferez, je suis sûr que vous ferez au mieux… et le plus longtemps possible j’en suis sûr, mais on ne peut pas accepter ça…!
Donc quand elle est revenue, devant mes yeux, il lui a parlé :
– Voilà, on a discuté avec ma femme, et puis on a décidé que vous pouvez arrêter votre shampoing, là, sur le champ… et puis prendre vos affaires, parce qu’on n’a pas d’ordre à recevoir…
Mais celle qui a parlé, celle qui a dû le dire… C’était Ilsé… Lui, il n’arrivait pas à le dire, il était trop gentil !
Après il m’a dit :
– Ooh, j’étais content comme elle a fait ça !
Non mais vous avez vu ? Ah là, mais on était vraiment content…
Et moi j’étais toute attristée. Ah non mais c’est pas bon pour vous…
Moi je vais partir et vous allez faire comment ?
Faut suivre pour votre commerce… et il faut que vous puissiez partir en vacances… alors Ilsé m’a dit…
– Ne vous occupez pas de ça… Ce qui est juste maintenant c’est ça !
Mais non, mais quand même ! On est patron ici, on fait les choses, vous faites les choses aussi au mieux… Il était temps que quelqu’un la remette à l’ordre, comme moi je n’étais pas souvent là… mais avec Ferdinand, vous savez bien comment c’est…
- Il avale toutes les couleuvres… !
Maintenant elle a trouvé quelqu’un qui la remette à l’ordre… ?
Ben c’était ce qu’il fallait, je vous félicite…
Et puis je me souviens quand on est revenu le soir, elle m’a dit…
– On va fêter ça… Ouais, on va fêter ce départ !
Parce qu’alors, celle-là… quel culot !

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