<Enregistré le 11 Décembre 2021>
Vous êtes formidable… Vous faites avec les Princesses, ou avec les gens qui viennent de la montagne, vous êtes la même…
J’étais toujours surprise quand j’entendais Ferdinand me dire ça…
Je ne disais rien, parce que je me demandais :
– Mais comment ça se fait, pourquoi il me dit ça ?
Mais c’est vrai, quand je regardais les autres coiffeuses… C’était du vrac, quoi !
Tu voyais que ce qui sortait, c’était juste sur un point… et voilà quoi. elles n’avaient pas ce truc en plus, ou plutôt, peut-être qu’elles n’avaient pas cette recherche…
Moi, je pense que j’avais cette recherche dans l’autre… Ce n’était pas seulement la coiffure, pour les coiffer il me fallait entrer en elles, pour savoir… qui elles étaient !
Par rapport à leurs cheveux, et puis qu’est ce que ça allait être pour elles… Avec quoi elles allaient être au confort, et comment est ce qu’elles allaient pouvoir l’adapter, en attendant la prochaine coupe.
Est ce que c’était une femme qui prenait soin d’elle, est ce que c’était une femme qui aimait la vie pratique… Comment est ce qu’elle vivait. De voir si c’était une femme liée à l’apparence, si elle avait besoin de paraître… Dans ce cas, il aurait fallu quelque chose de plus sophistiqué… Et si elle était dans le pratique, comment est ce qu’elle était, puis adapter en conséquences…
C’est vrai que dès que je voyais arriver quelqu’un, tout de suite il y avait cette recherche, pour me dire qu’est ce que tu vas lui faire…
Et seulement après, en discutant avec elle, j’affinais tout de suite dans le sens où elle était… Il fallait que je sache qui elle était vraiment. Parce que faire une coiffure à quelqu’un, tu lui donnes une personnalité…
– C’est ce que tu vois à la télévision, dans les émissions de redesign des gens, le relooking… et puis finalement ce n’est plus du tout la même personne. Alors si parfois ça ne leur va pas du tout… Si pour ceux qui regardent, ça peut convenir… ça ne veut pas dire que pour la personne, elle même, ça lui convienne ! Elle peut ne pas se sentir bien du tout dans cette nouvelle image… dans cette nouvelle configuration !
J’ai remplacé quelques fois à l’école club, celle qui faisait les relookings, quand elle devait s’absenter parce que je faisais les cours de maquillage et coiffure… Mais ses cours, c’était de 9 heures du matin à 5 heures de l’après midi… C’était long !
Tu vois en l’espace de 20 ans… combien de temps j’ai fait…?
Il a fallu la remplacer quelque fois… Alors elle me demandait de faire le samedi et j’aimais bien !
Quand je finissais, j’étais aux anges, complètement emportée dans ce monde… Parce que je trouvais aussi que c’était un monde particulier. Je trouvais même que la journée n’était pas assez longue pour réaliser à tous quelque chose de positif ! (Rire)
Même si je ne connaissais pas son cours… Partir voyager dans tellement de trucs, j’aurais pu continuer… (Rire)
Tu te sens heureuse quand tu mets l’autre en valeur, et surtout quand l’autre se sent mise en valeur…
– Ah, mais je dois dire que donner des cours quand tu commences… ce n’est pas simple… Comme j’avais une certaine timidité, alors quand tu dois aborder certaines personnes…
Parce que tu as des personnes de tous les niveaux, tu as des universitaires, des pharmaciennes, des gens ordinaires, ou qui travaillent comme vendeuses… Tu as tous les statuts, toutes les positions…!
Donc le temps où je m’étais mise en confiance avec les gens, parce que tu en as toujours un qui vas essayer de te contredire, pour te dire qu’il est le meilleur, ou qu’il n’a pas besoin de ce cours ou pour attirer l’attention, des trucs comme ça…
Le temps que tu as fait le tour et que tu as ciblé les gens… Pour moi c’était un grand stress et le moment où j’avais repéré celle qui allait peut-être semer la merde… et que je l’avais un petit peu canalisée, après j’étais partie… Je m’envolais !
Et puis là, ça partait dans le rêve… ça partait un petit peu dans tous les sens, avec tous les bagages que j’avais… Et là, c’était un moment magnifique, magique…
Mais il fallait toujours commencer par la première demi-heure… C’était toujours un stress terrible !
Parce que tu en as certaines… il faut les tenir, hein… !
C’est comme des bergers allemands, qu’il faut tenir en laisse !
Elles sont là, c’est comme si elle venaient pour casser, tu ne sais même pas pourquoi elle viennent…
– Elles ne viennent pas pour apprendre, elles viennent pour se valoriser elles mêmes… ?
– Alors celle-là, quand tu l’as repérée, tu la prends avec toi, tu la valorises et puis tu l’amènes avec toi… Tu lui demandes aussi ses points de vues et tu la mets là où elle veut être !
Après elle est toute contente… et elle te fout la paix !
C’est bon ! (Rire)
Faut juste la trouver…

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