Ils voulaient tous m’adopter…

<Enregistré le 25 Novembre 2021>

Il faut croire que j’étais une âme perdue… Une âme errante, je devais montrer l’abandon sur moi… parce que ils voulaient tous m’adopter !

Tu vois quand j’étais à Fribourg, directement la nouvelle Patronne, elle avait voulu me mettre sous sa protection…
J’étais la seule des apprenties qui allait coucher chez elle, dans sa maison, j’avais du favoritisme…

Quand je suis arrivée à Bern, c’était pareil avec Michelangelo, et sa fiancée, elle n’a jamais été jalouse de moi, parce qu’elle m’aimait aussi…

Elle n’a jamais été jalouse ?
– Non non, il n’y avait pas ça…

Il y en avait aussi une, je ne sais pas… quand on descendait boire le café, elle me disait… Isabelle, vous avez du temps…?
On va boire le café ensemble… Elle me disait… Je descends déjà…

Et à Gstaad… On n’en parle même pas, hein !

Ilsé, c’était le sommet du sommet, de ce qu’on pouvait m’apporter… Elle me lavait mes habits… à me faire mon lit, à me mettre des fruits sur la table, des bonbons sur ma table de nuit… Je n’ai jamais acheté un fruit… Je ne te dis pas ! C’était un côté… euh…

Chouchoutée…?
– Ouais ouais… Elle ne savait pas comment me chouchouter, comment me dorloter…

Je voulais regarder la télévision le soir seule tranquille depuis mon lit parce qu’il m’avaient installé une télévision… mais je ne pouvais pas la regarder depuis chez moi puisqu’ils venaient systématiquement me chercher…
– Vous venez regarder la télévision avec nous ?
Oh mais j’ai sorti un petit dessert, et un petit machin, un petit truc…

Oui… laisse tomber, quoi ! (Rire) et me voilà repartie, avec eux le soir… et puis le matin je retournais au salon de coiffure, avec eux.

Ferdinand qui me disait…
– Je vous sonne dès que j’ai fini avec la douche…

Et quand je disais :
– Oh mon dieu, mais je suis en retard… il me disait :
– Non non… tu n’as pas quelqu’un avant 8 heures et 1/2…
J’ai vu que vous n’aviez personne, alors prenez votre temps…
Le déjeuner, il est sur la table, vous pouvez déjeuner tranquille !

Sinon, on se retrouvait autrement à déjeuner… OIn se retrouvait à diner… et on se retrouvait à souper…
C’était vraiment le Paradis…. et on recontinuait le lendemain.

Dis moi avec qui tu peux faire ça autrement ?
C’était… c’était le buffet de mon enfance…

  • La communauté d’Amour...

Je leur disais…
– Ooh mais moi le soir… non mais je vous laisse manger et regarder la télévision tranquillement… Parce que peut-être vous voudriez regarder des choses en allemand…

Parce qu’avec moi, ils regardaient toujours des choses en français… Tu vois… Ilsé disait :
– Ah, Non… Nous on s’en fout… on est content de pouvoir partager avec vous… Non non, oubliez seulement.

Et moi, je disais…
– Non je vais déjà me coucher…
– Mais non… Mais vous n’allez pas vous coucher maintenant, venez avec nous…

Et hop, c’était reparti… Il y a même eu une année, quand mon fiancé voulait venir avec la famille… :
– Mais non… Mais fais Noël seulement avec ta famille…

et puis Ilsé m’a dit :
– On fera Noël ensemble alors ?

Alors, on a fait Noël ensemble le 24…. La famille était montée seulement le 25.

Ça dû être difficile, alors quand t’es partie…
– Ah oui !
Elle m’avait laissé son manteau de fourrure… Elle me laissait tout ! J’avais froid ? Alors elle m’avait donné ses pulls en Cachemire…
Je les ai portés tellement longtemps que ses pulls en Cachemire, ils étaient troués finalement… un en brun, un en noir qu’elle m’avait offert pour Noël…

Même son manteau de fourrure, je n’avais jamais froid avec… c’était un manteau en mouton retourné…

Mon ex-mari, me l’a foutu loin quand il a débarrassé le galetas chez nous…
– On t’a assez vu avec ce machin !
– Mais c’était mon manteau…

– On t’a assez vu avec…

Après il m’en a acheté un en vert, c’est vrai, il était très beau le vert… mais il était court.

Je l’ai jeté par la suite, parce que je ne voulais plus avoir à faire avec lui… Mais il était aussi magnifique son manteau retourné… mais celui d’Ilsé… Il allait jusque là !

Jusqu’aux chevilles…?
– Ah oui alors, jusqu’aux mollets, alors là je ne te dis pas…
Je n’ai jamais eu froid !

Et la Grand-Mère qui m’avait offert des gants en mouton…
J’avais été complètement soignée, bichonnée…

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