<Enregistré le 13 Septembre 2016>
Le jour où j’apprends que le Père Noël n’existe pas, mon monde s’écroule… Pour moi, le Père Noël, il y avait cette magie, ce n’était pas possible !
Déjà qu’avec le Saint Nicolas quand il passait avec ses mandarines, et quand je suçais ma main que c’était impossible de me faire arrêter de sucer… Il était là !
Et il y avait cette magie… alors le Père Noël !
Je suçais ma main gauche… pas les doigts, ni le pouce comme les autres… non, non pas du tout !
Je suçais le dessus de ma main. T’as jamais vu un autre enfant qui suce le dos de sa main… Moi, c’était comme ça…
Jamais vu un autre, qui fait ça…
On me disait :
– Bon ben arrête ! On a même essayé de me mettre de la Glycérine…
Oui très petite, quand il se passait différentes choses je suçais le dos de ma main… Je trouvais que c’était toujours tellement tragique chez nous… C’était toujours tellement dramatique, qu’en fin de compte, je les regardais et je me disais :
– Mais pourquoi c’est comme ça toujours aussi violent ?
Qu’ils se prennent la tête pour toutes ces choses…?
Et même le jour où j’ai fait tomber le saladier, là…et que pour maman, ça avait été un véritable drame :
– Tiens ta claque, Clac, ta baffe !
Comme si t’avais fait quelque chose de terrible… et à la moindre des choses :
– Kiko, Chamdé, (Avec les doigts fourchus pointés vers toi…)
Je trouvais ça tellement fort, que je me disais :
– Mais pourtant c’est pas…
Ben voilà, tu as fait quelque chose, mais j’ai pas fait exprès, hein ?!
Quand je peux l’aider, j’aide… et là, elle ne le voit pas, mais là quand j’ai fait quelque chose et que je n’ai pas fait exprès, clac…
C’est tout de suite les grands drames, et tu as ta baffe !
Alors quand il y avait des drames, je ne voulais pas rester dedans… Donc j’en ressortais… J’allais danser dans la grande salle en haut,
ou j’allais marcher sur les cailloux dehors, en imaginant que j’étais danseuse…
En fin de compte, je sortais tout ça… Je trouvais que ça n’avait pas de sens de se mettre dans des états pareils… Je ne savais pas ce qui valait la peine de faire autant de drames comme ça, pour des choses qui n’étaient pas si importantes, finalement…
Alors que pour nous, ça l’était… les baffes !
– C’est pour ça que tu n’es jamais arrivée à t’identifier au groupe, finalement…
– Ah oui ça doit être ça… hein !
– Puisque tu t’es trouvée toujours différente des autres…
– Oui… Je pense que oui, car depuis l’âge de 7 ans, là autour, j’annonce que je dois être adoptée… que je n’appartiens pas à la famille, que je ne leur ressemble pas et que je n’ai rien à voir avec eux…
Et quand je choisis ma profession aussi, je me rends compte que moi, je suis faite pour autre chose que le côté commercial…
- C’est pas ça chez moi.
Mais chez moi, il y aura la création, il y aura quelque chose d’autre, et ça ne sera surtout pas le côté commercial, et ça sera…
- La rencontre avec les gens !
Parce que ce côté commercial… Non, c’est pas moi. Je sens très tôt cette différence et je n’en fais pas une fin en soi.
Alors que finalement avec ma sœur et mon frère il y avait quand même une certaine ressemblance. Mais à cette époque là, alors que je pensais que je ne leur ressemblais pas du tout, je les piquais très fort aussi, ça tenait de famille…!
Bon, ils sont plus âgés que moi. Ils prenaient plus conscience de tout ce qui se passait dans la maison.
Ça c’est une évidence, tu vois… Mais chez eux les choses ne se sont passées pas au même moment dans leur évolution d’enfant que pour moi…

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