<Enregistré le 15 Septembre 2016>
– Ce que tu avais aimé chez ta petite voisine, c’était son droit à l’existence…
– Oui, juste son droit à l’existence… C’était clair pour moi, que c’était ça…! C’était clair que c’était lié à quelque chose qu’il y avait par rapport à leurs parents. Ils avaient un regard sur leurs enfants…
Avec Maman, je n’ai pas eu besoin d’avoir du temps pour comprendre ça !
Oui, le droit à l’existence est lié au regard que les parents ont sur leurs enfants… Oui, j’ai toujours pensé que c’était par rapport au regard de leur père… Ce père, il avait quelque chose de très particulier.
- Il avait un amour total… Ce n’était pas la mère.
La mère ? Elle était très gentille, la mère… Mais tu ne la voyais pas. Tu ne l’entendais pas… Chaque fois qu’il y avait un souci, tu n’entendais jamais les enfants qui auraient dit :
– Maman, Maman…
Moi, j’avais Maman… et chez eux c’était :
– Papa, papa…
Ils avaient toute l’attention de leur père, une attention totale.
C’est ce regard qui donne ce droit à l’existence…
Elle, elle était tranquille, elle avait sa petite place.
Et le père, il disait toujours :
– Ne faites pas de bruits, ne dérangez pas maman, laissez maman tranquille…
On voyait ça avec nos yeux d’enfants…
Et bien sûr cette maman, elle était toujours enceinte…(Rire)
Bien sûr cette maman, elle vendait au magasin, alors foutez lui la paix… Maman, elle doit se reposer, (Rire) elle fait le suivant… Il adorait les grandes familles…
Au fond, il avait l’oeil sur tout le monde. Il avait l’oeil sur ses enfants et sur sa femme…
C’est pour ça que plus tard, j’ai pris le prénom de ma copine, quand je suis arrivée à Bern, et que par la suite, je l’ai fait ajouter à mes papiers d’identité…
Elle avait le droit à l’existence !
Merci Gracias

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