10 ans, année de merde

<Enregistré le 28 Septembre 2014>

Alors en troisième année, il y a tout eu…

Autant au niveau personnel, entre 9 an et demi et 10 ans et demi, je pense là autour, j’ai eu le truc personnel…
Encore enfant, où j’ai été très touchée, dans ma profondeur personnelle…

L’indicible… Dont je n’ai jamais pu parler et qui m’a beaucoup affectée dans ma vie d’adulte.

Et au niveau de l’école, le rejet d’une prof, qui me donne des punitions injustifiées à plusieurs reprises, des punitions qui ne sont pas correctes… Avec l’histoire du cahier que je n’ai pas rendu alors que finalement ce n’était pas vrai…!
J’ai bien réussi à ne pas retourner en classe, en faisant croire à Maman que j’étais malade, tout ça pour qu’elle me redonne mon cahier deux semaines plus tard, comme si de rien n’était…!?

Alors que j’avais tout à fait raison… Et celle-là qui m’enfonce, alors que je vivais déjà des choses impensables… !

Bien sûr, j’avais bien compris qu’elle avait eu ma sœur avant moi et qu’elle ne l’avait pas supportée, et qu’elle me faisait payer les pots cassés… C’est la seule prof que j’ai eu après ma sœur… Pendant deux ans et c’est la seule Prof qui m’a enfoncée…

Tu veux croire, elle a détesté ma sœur et j’ai du payer les pots cassés derrière !

Et il y a eu ce côté noir, et l’autre positif… puisque comme j’étais enfoncée et que j’avais eu de mauvais résultats, Maman avait refusé de me signer mon carnet alors j’ai dû prendre la décision de signer moi-même mon carnet de notes.

Mais il y avait aussi ce côté où quand j’avais un souci et bien Maman, elle n’était pas là… et refusait de signer mon carnet.

Et que si je retournais à l’école chez celle-là… Euh… Je ne savais pas ce qui allait se passer, si elle allait me tuer… Je ne savais pas ce qu’elle allait faire avec moi, puisqu’elle ne pouvait pas me piffrer !

Donc tout s’est passé entre 9 et 10 ans, voilà… Il y a eu beaucoup, hein ?

– Mais ça m’a détruite en fin de compte !
Quoi ?

– Ben le fait qu’au niveau personnel… de ne plus me sentir dans mon corps, et de ne plus me sentir exister par rapport à l’école où on m’écrasait… Ça a cassé ma confiance, et puis au niveau de Maman, où elle me montre qu’elle n’est pas présente, qu’elle ne me donnera aucun appui…

  • Que je suis seule pour affronter l’impossible !

Qu’en fin de compte, je ne pouvais pas lui avouer ce que je vivais personnellement…

Et par rapport à ce que je vivais à l’école, quand j’avais des punitions, je devais encore lui mentir parce que je n’allais pas lui dire, puisque je savais qu’elle ne m’appuierait pas… Puisque même en lui expliquant que cette maitresse elle m’en voulait, elle décide qu’elle ne veut pas signer mon carnet…

C’était une grande détresse…(Emotion)

Alors je me suis dit :
– Et maintenant ? Comment est ce que tu vas faire…à 10 ans ?

Alors c’est une nuit là, après mille interrogations que je décide que voilà, j’habite à l’hôtel et que je vais signer mes cahiers moi-même…

Après t’as rencontré le juge…? (Je n’avais pas compris de quoi elle parlait ce jour là…)

– Ah oui… mais ça c’était après avoir quitté le buffet, après ce fameux 8 octobre… C’était beaucoup plus tard.
C’était à 13 ans, ça… ça n’a rien à voir.

Ça a dû te faire un bien fou, quand même (de rencontrer ce juge bourré)

– Oui, à 13 ans, ça m’a fait un bien fou, parce que par rapport à ce que je vivais au niveau du buffet… que je venais d’être foutue dehors que je n’avais plus de maison, que tout le monde me rejetait encore et encore… Lui, au moins il reconnaissait qu’en fin de compte j’existais…

Car c’était le premier qui m’avait dit :
– Oui, t’es aussi dans l’histoire, tu fais partie de cette histoire… Celle de tes parents, c’est la tienne aussi !

Parce que jusque là, on m’avait trimballée comme une chose, comme une armoire, comme une chaussette, comme n’importe quoi…

On avait décidé que j’allais là, que j’allais là… que je n’étais personne.

Et lui, il me met sa main sur l’épaule, et il me dit :
– Non, mais c’est bien toi qui vit la chose…!

Une reconnaissance de l’individu… à l’individu. Une lumière dans l’obscurité qui s’allume ! C’était la première fois que j’avais une reconnaissance au niveau de l’individu.

  • J’existais, quelqu’un me voyait en tant qu’individu…

Parce que dans l’histoire, je n’existe même pas, comme je suis trimballée par la suite…

Et en plus tu tombes sur des professeurs qui veulent t’écraser…

– Oui, puisque en l’espace d’une demi-heure, Maman me dit :
– Ben voilà… Ben écoute, la police viendra te chercher… et ton père, il t’a inscrite à l’orphelinat…

Voilà… Nooonnnn… C’était à hurler !

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