Ma marraine de confirmation

<Enregistré le 13 Octobre 2013>

Ma marraine de baptême, elle avait la lumière, le soleil rayonnait en elle. Oui, elle avait quelque chose… C’était la marraine qu’on m’avait donné au baptême, la sœur de mon père… C’était une personne qui ne vivait pas dans la matière, aucune matière mais dans le cœur.

Mais ma marraine de confirmation, c’est moi qui l’ai choisie… !

Je me souviens très bien quand je l’ai choisie… Je l’ai même choisie très tôt, puisque je n’avais que dix ans…
Elle venait aider au restaurant et c’était la seule qui avait la capacité de remplacer complètement Maman…
Elle venait chez nous, quand il y avait des lotos, quand il y avait des banquets ou quand il y avait des mariages…

Maman, elle voulait tout gérer elle-même, alors quand elle se voyait complètement dépassée, c’était la catastrophe, le débordement et tout d’un coup, c’était :
– Oh mon Dieu… Je ne sais pas comment on va s’en sortir, je n’y arrive plus… Alors la seule chose, il fallait lui téléphoner, et à ce moment là, elle téléphonait et elle lui répondait :
– Je prends un tablier, et j’arrive…

Elle était toujours présente et quand elle arrivait, Maman lui disait :
– Et bien il y a la salle, il y a ci, il y a ça…
– Ok, ben voilà.

Et c’était tout… Quand on sentait les grands coups de stress de ma mère, la seule personne qui pouvait avoir la magie de la décharger totalement, c’était elle… Elle avait cette capacité de tout voir, d’observer, de tout commander et d’avoir l’œil… C’était la seule personne à qui elle pouvait laisser les choses et dire je suis tranquille.

Ben voilà, il va falloir monter ici, faire ça… Elle n’avait pas besoin beaucoup de se déplacer, elle était juste là au contrôle, elle avait ce truc un peu comme mon père.

Mon Père, c’était ça aussi…

Ce n’était pas la prestance, le physique c’était plus que ça…
Elle faisait 120 kilos, alors ne pouvait pas bien avancer, mais elle avait la capacité de tout improviser, de tout réunir, d’écouter et de tout gérer. Mais surtout elle avait ce que je trouvais magnifique en étant enfant :

  • Elle avait l’œil juste !

En général ce sont des chefs… On leur donne le pouvoir. Maman lui donnait le pouvoir et elle disait :
– Regarde avec elle…

Elle avait toute confiance en elle. C’était comme la Miss à l’école de coiffure, c’est pareil… Il faut avoir l’œil… Et mon Père l’avait aussi… Il disait :
– Il ne faut pas être seulement là, mais il faut être là, et puis là… Il faut être partout !

Quand tu diriges un groupe comme ça, il faut non seulement avoir l’autorité mais il faut avoir l’œil, et la confiance. Parce que il faut aussi que les autres acceptent… Les patrons, ne les veulent pas, en général les gens qui n’acceptent pas, ils sont dehors… Ils partent, ou le patron les met dehors.

La capacité d’observation et de comprendre ce qui se passe et ce qu’il faut, ça c’est du très grand potentiel !

Elle comprenait où il y avait les manques. Quand tu lui disais les manques, en quelques mots elle avait vu les choses…

Parce que tu vois, va dire à n’importe qui :
– Voilà, il y a ci et ça…
Si tu n’expliques pas en long et en large… Elle ? Elle savait observer et s’organiser, elle avait une bonne vision, mais elle savait diriger aussi.

Maman, elle n’avait pas la capacité de diriger du monde… Elle pouvait organiser, faire, mais diriger ce n’était pas quelque chose qui lui allait !

Alors pour moi, cette voisine représentait beaucoup, puisque finalement c’était quelqu’un qui venait nous sauver… Parce qu’en étant enfant, j’étais avec Maman et je voyais bien quand elle était stressée… Alors quand je la sentais soucieuse :
– Je ne sais pas comment on va faire, qu’elle me disait…
Et moi depuis toujours qui voulais la soulager… Alors je lui disais :
– Ecoute, il y a quelque chose que je peux faire…?

– Ah mais je ne sais pas comment faire sans sommelière maintenant…
Alors je lui disais que j’allais la remplacer… Et quand il y avait du monde :
– Je peux servir Jeudi, jeudi après midi, il n’y a pas de souci… !

Chaque fois qu’elle avait un souci, je sentais ses angoisses et ça devenait aussi mon souci…

Alors quand j’ai senti que cette dame pouvait faire quelque chose pour elle, qu’elle avait la magie de pouvoir dire :
– Mais non, ne t’inquiète pas, je serai là…

Je me suis dit :
– Tiens, tiens, et bien c’est elle, que je devrais prendre comme Marraine ! C’était comme une petite voix qui m’avait parlé tout bas.

J’avais vu cette femme qui gérait, et je la trouvais magnifique…
Je trouvais qu’elle avait quelque chose de fantastique, c’est comme si elle était un élément que je devais rencontrer, pour atterrir chez elle…

J’avais déjà été touchée par ma marraine de Baptême, par sa simplicité, par ce cœur ouvert, malgré qu’on disait d’elle, « La toyette »…
Maman disait, oui c’est un peu « une toyette »… enfin, bref une simplette… Ce que disait aussi l’autre tante, sa petite sœur…

Mais moi j’aimais ma marraine parce que je sentais qu’elle avait un cœur ouvert et j’aimais beaucoup ce cœur ouvert…

Alors cette dame, quand je l’ai vue gérer, je me suis dit :
– Voilà… Celle-là, elle va t’apporter l’organisation, la vision juste.
Elle voit les choses justes, enfin tous ces éléments là…

Je me souviens que je montais les escaliers pour apporter en haut, porter des plateaux pour jouer et je m’étais dis :
– Tiens, mais c’est elle qu’il te faut comme marraine de confirmation !

Cette femme, c’était comme si elle allait me donner un coup de baguette magique, tout ça en faisant ma confirmation avec elle… J’avais 10 ans.
Alors entre deux, quand on a eu fini notre temps… Je lui ai demandé si elle serait d’accord, pour être ma marraine de confirmation…

Et elle m’a répondu, Oui… sur le champ !

Mais plus tard, c’est elle qui est revenue à charge… Un ou deux ans après, elle m’a demandé que je passe chez elle… Et quand je suis arrivée chez elle, je ne m’y attendais pas, mais elle m’a dit :
– Qu’est ce que tu souhaites pour ta confirmation…?

Elle n’avait pas oublié… Et je me suis dit :
– Mais on ne m’a jamais demandé ce que je souhaitais…
Non, On ne m’a jamais demandé…

Alors elle a répété :
– Qu’est ce que tu souhaites…?
– Alors si je peux avoir un souhait… J’aimerais être habillée tout en rouge, comme le chaperon rouge…

Et elle m’ a dit :
– Alors tu seras tout en rouge…!

J’avais beaucoup apprécié, parce que je ne lui avais demandé qu’une seule fois mais elle s’était renseignée quand ma confirmation aurait lieu, et c’est elle qui avait pris les rennes par la suite pour que ça se fasse… Elle était contente d’être ma marraine.

Alors à ma confirmation, j’étais tout en rouge, jusqu’aux souliers…
Ils étaient rouges…(Rire) J’avais juste les chaussettes blanches… !

Et par la suite, pour mes étrennes, elle m’a même offert un sac d’école, rouge …et une veste d’hiver rouge…
Moi qui avait toujours eu les vielles vestes de ma sœur… et les vieux chni de toute le monde.
Je n’avais jamais eu ma propre veste, et là j’ai eu ma veste rouge, mon manteau rouge, elle avait capté que je voulais du rouge…
Elle était d’une grande générosité, parce qu’elle avait compris que je voulais imposer ma présence, et que j’en avais marre du bleu…

Je voulais ma couleur à moi !

Parce qu’elle savait, et qu’elle voulait que ça soit aussi mon choix. Cette femme, j’étais vraiment très fière de l’avoir choisie, parce qu’elle réalisait ce qui était juste.

Elle avait comme cette justice, la terre !

Elle avait cet œil tellement juste, même par rapport à ses enfants aussi. Son enfant préféré, son garçon, celui qu’elle aimait le plus, mais il n’avait pas agit correctement, elle lui a donné la justice, de la terre jusqu’au bout, jusqu’à la fin.

J’ai une profonde admiration, parce que pour dire qu’enfant, il avait eu un accident, il était resté trois semaines dans le coma… Elle aurait pu lui donner son pardon, et tout… Et bien, elle a dit… Non Non Non…Tu ne veux pas comprendre les choses ? Ben maintenant tu vas les comprendre différemment… Et puis je te les donne parce que je t’aime… pour que tu comprennes quelque chose qui te touche au plus profond de toi même…

J’ai une profonde admiration pour elle, c’est comme si on m’avait donné en premier avec ma marraine de baptême, l’Amour du cœur, et avec la deuxième cette capacité par rapport à la terre.

C’était Enorme !

J’ai trouvé qu’il y avait un potentiel dans ces deux personnes qui était fantastique, c’était magistral…

Elle m’avait donnée une grande leçon de vie…

Tu vois, déjà en étant jeune, j’avais compris…

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