<Enregistré le 16 Septembre 2016>
Le frère de ma mère quand il a commencé l’école, il a demandé à ma grand mère… :
– Mais enfin Maman… la fille chez nous, elle n’a pas de nom ?
Tout le monde l’appelle la fille… Moi, je viens de commencer l’école, et là-bas toutes les filles, elles ont un nom… Mais la fille chez nous, elle s’appelle comment ?
Alors Grand-Maman lui a dit :
– Elle s’appelle « Aimée » !
– Alors pourquoi on ne l’appelle pas « Aimée »…?
Alors depuis ce moment, elle a su son nom… Elle devait avoir 5 ans puisqu’elle avait 2 ans de différence avec son frère… Mais c’était son frère qui avait mis les choses en place…
Et de nouveau à l’héritage… lorsque les grands-parents sont décédés, il a dit :
– Oui mais la fille…!?
Elle recevait moins que les deux garçons, qui devaient continuer à être agriculteurs… Alors son frère a dit :
– Non, mais la fille, elle a fait comme nous, elle a fait autant que nous… Elle a le droit d’avoir autant que nous, il n’y a pas de raisons qu’on lui donne moins…!
– Lui, il avait reconnu l’égalité...
– Oui, il a voulu qu’il y ait l’égalité, il aurait pu profiter de l’occasion…
– Finalement dans les institutions familiales, les filles n’avaient pas vraiment de place à cette époque…
– Non …
Mais Maman, elle est restée au même statut, où elles disaient :
– Oui, les filles ont moins de place…
– C’est comme si elles devaient porter le voile, tu disais…
Elles veulent le porter… Comme quoi le poids des traditions est bien ancré… Mais son frère, il s’est bien débrouillé, il n’avait pas besoin d’en profiter ni d’abuser sa sœur…
Tu as vu comment il a monté sa ferme ? Il n’y en a pas beaucoup qui ont fait comme lui…!
Parce que du côté de mon ex-mari, le grand père vigneron, il n’avait que trois enfants, mais le frère de ma mère, ils ont eu sept enfants… et quand tu as une maison, il faut y aller !

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