L’infirmière canadienne…

<Enregistré le 31 Août 2018>

Alors comme mon fils avait dû passer en couveuse et aller à la maternité de l’hôpital et que j’ai voulu partir le rejoindre, ils m’ont transféré avec une ambulance directement dans l’autre hôpital… Mais là aussi, je me suis retrouvée seule.

J’avais fait le changement toute seule, mais j’étais bien seule…
Mon mari était à la maison, il s’occupait de notre fille, et à faire de gauche à droite, donc il n’avait pas le temps de venir à l’hôpital…

Là aussi, ce que je vivais n’étais pas simple puisqu’il fallait faire tout un grand couloir pour aller de l’autre côté, vers les prématurés.
Et puis tu es seule, tu es dans la maternité avec tes agrafes au ventre, tu as les autres mamans qui ont leur bébés avec elles, mais toi, tu ne l’as pas à tes côtés, hein…!

Et là aussi, un jour quand je suis arrivée en bas… Je ne t’explique pas, en larmes ! Mais alors inconsolable, hein… Ça faisait deux ou trois jours que j’étais dans la seconde maternité et de nouveau ce babyblues, cette retombée hormonale…

C’était vraiment la fin du monde…

Tu vois, tous ces bébés qui sont dans les corridors et toi tu n’as pas le tien… Tu dois faire ton truc, tu es toute seule, les gens ne savent même pas que tu as déménagée là, donc tu n’as pas de visite, et ton mari qui ne vient pas…

Tu es seule, tu es seule sans ton bébé et tu vois les autres qui ont le leur…

C’était un jour, où c’était vraiment la fleur de l’âme, inconsolable… et cette infirmière que je t’ai déjà montrée en ville, une canadienne… qui arrive dans la chambre et qui me dit…
– Oh là là…

Je me souviens, que je pleurais comme une enfant, dans ses bras…(Rire et larmes) vraiment et à chaque fois qu’elle passait, elle me disait :
– Attendez, je reviens dans un moment… Et à chaque fois je repleurais, dans ses bras, encore et encore (Rire)

Ooh, elle est bien venue cinq fois… Elle était vraiment adorable.
Elle me disait :
– C’est normal, c’est normal ce que vous vivez, ce n’est pas simple… Elle avait compris qu’il n’y avait pas de visite… Parce que les gens ne savaient pas… et qu’elle avait bien vu que j’avais un mari qui ne venait pas !

Même le jour où je suis sortie, ce sont les Grands-Parents qui sont venus me chercher… et c’est aussi les Grands-Parents qui sont venus pour aller chercher mon fils, parce que lui, il était resté encore un mois… et à ce moment là, j’y allais trois fois par jour.

Mais tu vois, c’étaient aussi des grâces… Parce qu’il y a eu cette infirmière qui m’avait vraiment fait du bien, j’avais quand même vu la lumière… ce quelqu’un, qui me donnait ses bras pour pleurer !

Tu as vu je te l’ai montrée encore…(Rire) en ville, je ne l’oublierai jamais celle-là, parce qu’elle a su juste tendre ses bras, alors que c’était juste ce qu’il fallait, parce qu’il n’y avait personne…

Et puis aussi la grâce d’avoir eu les Grands-Parents qui viennent me chercher…

Bien sûr, j’étais horriblement triste de voir que ce n’était pas mon mari qui venait… Forcément t’es triste !

Et lui, il n’était jamais venu le voir à l’hôpital ?
– Euh… Oui il est venu le voir deux fois… une fois tout seul, j’avais réussi à le ramener dedans, et la deuxième fois il était venu derrière la vitre pour le montrer à notre fille…

Autrement, il me disait :
– Non, écoute… Comme ça petit, ce n’est pas mon truc…

Mais j’ai quand même eu la grâce d’avoir eu les Grands-Parents qui sont venus…

  • Parce que finalement j’aurais pu être seule… totalement seule !

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