Démerde toi avec ta gamine

<Enregistré le 16 Octobre 2016>

On n’en parle pas, mais quand tu pars accoucher du deuxième et que ton premier enfant n’a pas encore deux ans… Et bien, c’est un abandon pour le premier enfant !

C’est un abandon, c’est une trahison… Il vit quelque chose de terrible, hein…!

Ben oui, surtout s’il n’est pas accompagné…

Avec un père qui est déjà au point ce n’est pas simple, alors si il n’est pas là… Alors bien souvent l’enfant vit un abandon.

Je pense que l’abandon, s’il était chez mon fils, parce qu’il était prématuré, mais il était autant chez ma fille…

C’est une sale farce. C’est quelque chose de terrible !
Oui, parce que son père au début, il dit :
– Non non mais moi, je ne veux pas, et j’ai des choses à faire…
Je viens te déposer ta gamine…

Alors qu’à l’hôpital, je ne devais pas bouger, comme j’avais perdu les eaux… Surtout rester alitée !

Voilà, moi je dois travailler… Moi, je ne peux pas faire ça, hein !
Débrouille toi avec ta gamine, tu n’avais qu’à te débrouiller autrement… et puis je lui dis :
– Mais écoute, tes parents vont rentrer…

Je crois qu’ils rentraient un jour ou deux jours plus tard d’Espagne pour être sûr d’être là pour l’accouchement… Mais en fin de compte ils se sont loupés d’un ou deux jours, je crois qu’il y avait deux – trois jours mais ils étaient quand même là, à l’accouchement…

Ouais, alors il manquait deux jours…
Donc il est venu me la redéposer les après midi à l’hôpital en me disant…
– Ecoute moi, je n’ai pas que ça à faire, hein !

Mais ma fille dans tout ça, quand elle va se coucher le soir… et que tout d’un coup, sa maman n’est pas là… Elle vit un abandon.
Aussi quelque chose de terrible… (Ça lui rappelait tellement le sien) Et là, on n’en parle pas, jamais !

Ces premiers qui vivent la sale farce, où ils n’existent plus, puisqu’ils sont encore dans leur temps de bébé, surtout comme ça si petit… Ce n’est pas anodin, tu vois…

Après ça, mon mari a pris la relève… Et il ne voulait même plus la donner, mais je lui dis :
– Mais tu peux t’entendre, il y a Madame Ségonio à l’usine… Il y a aussi Maman… Tu peux aussi faire à la maison, à la cuisine et tout…

Alors si les premiers jours ce n’était pas possible… Ensuite il trouve ça très confortable, et puis il est complètement pris parce qu’il a quand même une certaine sensibilité, derrière son côté manipulateur…

Il découvre sa fille, quand il dit :
– Ce qu’elle est impressionnante cette gamine !
Elle sait tout dans la maison… Moi qui ne connait rien à la maison, et elle, tu lui demandes toutes les choses et elle te dit où tout se trouve !

Alors ça, il en était complètement baba… et même pour s’habiller, elle dit… il fait chaud, il fait pas chaud… alors si il fait chaud, Maman, elle me met ça et ça, elle me le met toute la journée.

Partout où tu vas, elle te dit…

Ben oui, parce qu’en fin de compte, à chaque fois que je faisais quelque chose avec ma fille, que ce soit dans la cuisine ou ailleurs et bien moi, je lui parlais tout le temps !

Je savais qu’il fallait parler, alors je disais :
– On va prendre une louche… On va la mettre là… On va renverser l’assiette, on va prendre ici, on va prendre ça…
On va chercher ça, tu vois…?

Tu ne développes pas ton enfant par rapport aux jeux ou au machin, au truc… mais par rapport à ce que tu fais… par rapport au travail.
Alors sans cesse quand tu fais quelque chose, comme le reste du temps tu es occupée, tu vas lui expliquer ce que tu fais…
Donc elle connaissait la maison, tu vois !

Et lui, comme c’était fait, il ne se posait aucune question, dans la maison, tout était prêt…

Et tout d’un coup il découvrait le monde réel…?
– Ben oui avec sa fille… Mais au début, il disait :
– Oh mais moi, je ne peux pas faire… non, non, tu oublies !
Alors qu’il voulait piquer l’autre gamine à l’aéroport… qu’il voulait être soi-disant père… et celle là, quand c’était le moment il ne voulait pas faire…
Sa première fille quand elle avait 2 ans, et que sa mère était à l’aéroport, pour partir en Thaïlande voir sa famille, il l’enlève…
Du coup, elle n’a pas pu avoir son vol !
Pendant qu’elle donne son ticket, à l’enregistrement, lui pendant une minute d’inattention, pouf, il lui vole sa gamine !

Et il rentre avec…

Ce qui fait que sa femme n’a pas pu prendre son vol pour aller en Thaïlande et son billet a été foutu !

Et à 2 ans, exactement comme avec sa première fille, quand je vais accoucher… alors qu’il a l’occasion de s’occuper de sa fille dans les mêmes années… il me dit :
– Ah non non non… Mais moi je ne peux pas faire ça !
Ça va ou bien ? Non, moi je ne vais pas faire !

Démerde toi avec ta gamine…

Et dans les mêmes temps qu’avec l’autre, qu’il avait fauchée…
Et là, il ne pouvait pas faire…? Pourtant je lui avais dit :
– Ce n’est pas difficile de faire, tu as Madame Segonio, qui va venir après les repas, tu n’as qu’à la prendre… Autrement tu prends des gens d’extérieur et tu fais avec elle…
Elle a l’habitude, elle connait toute la maison puisqu’elle venait nettoyer mon salon de coiffure, et l’appartement.
Elle connaissait tout dans la maison, il n’y avait aucun souci…

Voilà c’est elle qu’il faut prendre… Alors au début il te dit non, et puis il prend Madame Segonio, et il se rend compte, que c’est de la tarte, du gâteau que Madame Segonio, effectivement elle connait tout, qu’elle fait à manger, que c’est prêt pour le soir…et que le reste du temps il peut être avec notre fille et qu’il est tout content de se trouver avec elle.

Depuis là, notre fille, c’était toujours… Papa, Papa, Papa… elle allait lui courir tout le temps après… Jusqu’à ce qu’il parte, elle va être toujours dans ses jambes, et elle va l’attendre sur l’escalier… Je lui disais :
– Ecoute, il y a papa qui va arriver…

Parce que la première fois, je lui ai dit, on l’attend ici… sur l’escalier, juste sur le petit escalier, en bas… Alors elle l’attendait devant la porte, dehors… et quand il arrivait, et bien, elle hurlait :
– Papa , papa… !

Quand il faisait beau… Et quand il ne faisait pas beau elle était derrière la fenêtre de la cuisine, et après avec notre fils… ils étaient tous les deux à l’attendre au retour et lui sautaient contre…

Alors quand il rentrait, il était content, hein…
Quand il rentrait, les enfants ne le laissaient pas respirer une minute, il y en avait deux qui lui arrivaient dessus…(Rire)

Il était à peine rentré qu’ils allaient lui sauter dans les bras comme ça… Après ils allaient continuer leur petits machins leur trucs… Mais à la seconde, mes enfants étaient tellement content, voilà c’était un moment de joie et de rencontre…

Et puis moi, ça me permettait de faire à manger, de faire quelque chose, puisqu’ils étaient attentifs là, tous les deux à attendre leur père… J’étais tranquille, je faisais la cuisine tranquillement, puisqu’il n’y avait plus que ça qui les intéressait…

Après ça, on se mettait à table… C’était bon, ils ne discutaient plus, quoi !

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