Rimini, quelle naïve…

<Enregistré les 28 et 29 Août 2014>

Quand j’ai rencontré la Grand-Mère, les premières fois elle me regardait avec des yeux pour de bon…
J’imagine maintenant… Elle n’avait que des histoires de désespoir avec celui-là… Elle se demandait toujours comment ça allait finir !

Quand il y avait quelque chose, elle disait :
– Mais ce n’est pas possible, mais qu’elle naïveté… en parlant de moi. Oui, oui… Mais c’est sûr que ça arrive comme ça…
Ah non, non… Mais les gens ne sont pas comme ça, qu’elle me disait tout le temps.

– Mais non, je répliquais… Mais non, les gens sont profondément bon !
– Tu parles… qu’elle m’avait dit.

A cette époque je ne connaissais pas encore toutes leurs histoires…

Au début on cherchait des secrétaires pour faire évoluer notre affaire, parce qu’en fait, il en était incapable…
Je lui avais dit :
– Mais prends du support pour agrandir…

Parce qu’il était incompétent, comme il n’avait confiance en personne… Alors ce sont ces filles qui avaient mis les choses en place… Et c’était moi qui lui avait donné le tuyau :
– Va à l’université chercher des étudiants pour mettre tes systèmes informatiques et tout en place…

Parce qu’au début, il écrivait encore ses factures sur les petites cartes clients… Alors tu vois, là…?
Et ce sont ces universitaires qui ont mis tout ça en place.

Mais c’est aussi là, qu’il a rencontré les Mexicaines…

Et quand on était allé à la foire à Bologne, où c’est là-bas qu’on a fait fortune… Il avait emprunté 7’000 Francs pour exposer à la foire, là-bas… Et c’est là-bas qu’on a rencontré les Japonais qui sont devenus nos meilleurs clients pendant des années…

Et à un moment je quitte le centre, je vais aux toilettes, j’allais revenir pour dire à mon mari :
– Ecoute, j’ai rencontré ta fille aux toilettes…

Et quand j’arrive au stand, je la voie qui parlait avec mon mari…
Elle était partie avant moi… Je l’avais croisée et je la voyais au stand…Voilà, c’était sa fille, c’était vraiment impressionnant…

Et puis, je la vois qui était intéressée par nos produits, et…
– Ah ben non, ce n’était pas sa fille…

C’était vraiment bizarre, son sosie était là… C’était vraiment drôle quand même… Mais c’était une Japonaise !

Et c’est là, que cette cliente est repartie avec des chiffres incroyables… Des 100’000 pièces, des trucs inimaginables !
Alors on est rentré avec des grosses commandes…
Mais quel cirque… Parce qu’on ne savait pas comment on allait faire ça !

C’était à Bologne…

Des foires à Bologne, j’en ai fait plusieurs avec lui…
Lui, il partait, et moi le samedi, je fermais mon salon de coiffure, hop, à 3 heures je prenais le train pour aller jusque Bologne.
Tu vois, c’était une sacré histoire… et lui, il venait me chercher à la gare.

Là aussi, je lui faisais confiance, tu penses bien, qu’aujourd’hui je ne ferais plus confiance… Il partait le mercredi, pour installer, et la foire elle commençait le vendredi.

Et moi, j’y allais le samedi et je revenais deux jours après… Tu vois, je ne pouvais pas laisser mon salon… Lui, il avait le temps de poser, et moi j’étais là pour tout replier… Puis lui il revenait le mardi ou le mercredi.

Tu vois, moi, je ne voulais pas qu’on revienne avec les invendus, alors je faisais les autres stands et je les échangeais avec d’autres artisans, comme les boites à vernis ongles ou plein d’autres trucs… Et je les vendais par la suite, dans mon salon de coiffure…

C’était une petite boite, avec du dissolvant du vernis à ongles avec une petite mousse au fond, où tu trempais tes doigts…
Ça ne se fait plus maintenant, mais ça a été une mode.

Ça nous a permis de les vendre en revenant… les gens en prenaient 6 boites, 6 fois 3 ou si fois 4… tu vois, ce que tu vendais avec ça, alors ça payait une partie du voyage…

Et en même temps quand tu y allais, tu passais dans un autre village pour acheter des balais laveurs qu’on vendait dans les drogueries… C’étaient des balais laveurs qu’on allait chercher en Italie.

Ça n’existait pas en suisse à l’époque… Et par la suite, c’est aussi devenu une mode, tout le monde a compris et a commencé à en prendre ici de là, mais au début, c’était un autre truc…

Mais là, on ne vendait que dans les drogueries… Bien sûr il aurait fallu faire un réseau et aller vendre dans les magasins… Mais c’était du Pinocchio… Mais en fin de compte, ça payait les voyages, de le faire en même temps…

Il y avait encore plein de choses à rapporter… mais maintenant il n’y a plus tellement de choses à rapporter, tout vient de Chine !

Tout ça, bien sûr, c’était avant que j’ai les enfants… Et quand j’ai eu ma fille, j’ai pu y aller encore, mais quand j’ai eu le deuxième… Je n’ai plus pu continuer à y aller.

Maintenant, voilà, tu as des gamins maintenant… Alors, il m’a dit :
– Bon, alors je pars avec Loana…

Bon voilà, il part avec Loana… Moi rien du tout, je ne voyais rien du tout… Je n’étais pas jalouse !

Mais la Grand-Mère, elle m’a demandé :
– Mais, il va avec qui, à cette foire…?
Non, mais j’y crois pas qu’elle me dit, mais tu ne peux pas laisser ça ! Tu ne peux pas… Il faut y aller… Faut y aller, celle-là, elle n’est pas nette.

Je lui dis :
– Mais non… Il n’y a pas de risques, je ne vais pas y aller, je ne veux pas d’histoire…
– Mais tu ne peux pas le laisser !
Tu ne sais pas comment il est ce gaillard, qu’elle me dit… Il est horrible !

  • Faut y aller avant que ça ne soit trop tard…

Alors quand il était parti à la foire de Bologne, je lui avais demandé :
– Mais tu as pris une chambre où… ?
– Ah mais j’ai trouvé une chambre à Rimini, au bord de la mer…

Alors c’était facile à retrouver…

Alors on y est allé avec la Grand-Mère…

Et là-bas, je ne te dis pas… Il tirait une tête pas possible, il y avait deux chambres… On n’avait rien dit. La Grand-Mère, elle m’avait dit :
– On ne dit rien… On ira faire !

Et comme moi j’avais demandé où il était, et qu’il m’avait dit :
– Oh, moi j’ai une chambre qui est près de la mer…

Et que la Grand-Mère m’avait dit :
– Bon ben… On ira demander les chambres où il y a son nom,
on fera le tour…

Bien sûr, que quand il est arrivé le soir… On était là, tu vois…

  • et ce n’est pas Loana qui couchera avec toi cette nuit, c’est moi !

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