<Enregistré le 09 Septembre 2018>
– Quand tu rentres dans la maison de ton père, après son décès…
Quand je rentre pour la première fois et que je découvre sa chambre… Quand on est tous entrés dans sa chambre, mon frère ma sœur et moi… timidement parce que tu vois, c’était comme une effraction après le décès de quelqu’un, quand tu rentres dans ses choses… dans son intimité, c’est fort !
Tu vois, quand tu n’as pas osé t’approcher comme ça, que tu n’as pas osé lui dire « Papa »… et puis que tout d’un coup, tu entres dans son intimité dans son « Moi »… C’est fort, hein !
Alors quand j’entre dans sa chambre, que j’ouvre ses fenêtres et que je vois les vaches, juste en face…
- Je vois ce qu’il voyait, depuis sa chambre…
Et je vois tout son côté magnétique… Tout ce qui était là, m’a fait ressentir des trucs… Parce qu’il avait fait des recherches au niveau du magnétisme, il avait des appareils partout… il y avait des fils suspendus, tirés… (Rire) Ah oui !
– Dans tous les sens, des antennes des machins…?
– Ah oui oui… Exactement (rire)
Et puis là, je me dis :
– Mais ce n’est pas possible ! …C’est tout moi ! (Rire)
C’était en 1989…
Quand je rentre dans sa chambre comme ça, que j’arrive, et que j’ouvre la fenêtre, je dis :
– Oh ! Mais c’est moi !
- C’est fou !… Comme moi !
Incroyable, et je me souviens, je crois qu’il avait acheté la maison en 1964… J’avais 6 ans, là autour quand je suis rentrée la première fois dans cette maison qu’ils allaient acheter… Même chose, cette maison, je suis petite fille mais je me dis :
– Mais cette maison, elle me plait tout de suite…
J’ai envie de quitter le restaurant et je me dis :
– Ah, mais là-dedans, je peux venir vivre !
Et, je suis petite, hein ! C’était à l’avant garde, tu rentrais, et même si t’étais à côté d’une route, de l’autre côté tu avais la cuisine, tu avais le jardin d’hiver et tu avais les vaches !
Tout ce côté nature, et tu te dis :
– Oh c’est bien, ici…! Vraiment bien… Oh, et puis là, ce n’est pas les cages à lapins que tu vois chez tes copains, hein !
C’était vraiment… Et avec un jardin d’hiver ?
Tu n’en voyais nulle part des jardins d’hiver… Ça n’existait pas !
Et bien là, ça existait déjà… Et il y avait déjà tout autour ses bandes de petites fleurs… Oui, c’était un rêve…
Alors là aussi, au moment du décès quand tu rentres et que tu revois ça… Que tu imagines l’endroit où il mangeait, le côté où il avait sa musique au bout de la table, son accordéon à côté de ses partitions, ses cassettes de musique…
Rien qu’en entrant comme ça, tu imagines partout sa vie…
Tu fais effraction, tu rentres dans son intimité… Tu rentres, mais tout en rentrant, tu te sens aussi à la maison…
Parce que tu sens que ce sont les mêmes choses que tu cherches, les choses auxquelles tu t’es questionnée…
- Toutes ces choses que tu aimes, quoi !
C’est assez drôle… Tu peux rentrer dans une maison, et dire :
– Ah ben… Tiens, elle est froide, elle est ci, elle est ça…
Mais là… Oui, elle était comme moi…
Le bordel dans la passion… Le bordel dans la passion, parce que quand t’es passionnée de livres… tu en as tout plein, et moi, j’en ai partout… Tu vois, toi avec tes CD, tu sais bien… Tu en as plein.
- C’est le bordel dans ta passion… Quoi !
Ses petits écrits, ses petits machins parce que tu retournes tout… parce que tu te poses 36 questions !
Et parce que tu as soucis de les oublier, alors tu les écrits… Même si tu ne les reliras jamais…
Mais en fin de compte tu les fais comme des pense-bêtes…
Mais c’est vrai que de temps en temps, quand tu les relis… Parce que ça t’arrive de temps en temps… Tu te dis :
– Ah ben tiens… C’est vrai, j’ai fait ce cheminement… Tu es passée par là, c’est vrai !
Tu te rappelles cette époque là, et que quand tu étais là-dedans, tout ce que cela t’avait fait…
Et tu peux revenir dans ces temps, par rapport à un écrit, que tu avais fait, même si la majorité tu ne les liras pas… J’en ai tellement écrits…
J’ai passé tellement de temps à faire seule avec les enfants, alors le soir, je m’interrogeais, et j’écrivais… parce que je me disais :
– Alors demain, ça sera ci, ou ça… Tu auras écouté les gens de la ligne, tu auras fait… et tu vas oublier !
Non non, pour que tu puisses te rappeler… Alors si jamais, tu notes, tu notes… tu notes, et tu pourras relire !
Mais évidement, le lendemain j’avais de nouveau 36 questions… J’étais à une autre page ! (Rire)
Et rebelote, on recommence…(Rire) Quelle histoire !
Maintenant, j’espère que j’aurais le temps d’éliminer tous les écrits que j’ai faits parce que si je dois mourir mardi… Ben euh… (*)
Vous vous tirez des balles, hein ! (Rire) avec tout ce que vous allez trouver derrière moi ! (Rire)
Vous allez dire :
– Quelle grande malade !
(* Nous étions en septembre 2018…)

Laisser un commentaire