3 sacs ? Je rêve…

<Enregistré le 14 Septembre 2016>

J’avais ouvert mon salon de coiffure et lui, il allait chercher les pierres à Lyon… Il prenait la camionnette de son père, celle du Grand-Père… C’était une camionnette avec la toile, à l’époque… parce que c’était ancien, il était vigneron…

Il me dit :
– Bon, je vais à Lyon… Je vais chercher de la marchandise.
– Ok

Bon, tu vas chercher de la marchandise, quoi… C’était la première fois. Je pense qu’il avait dû faire quelques jours, je ne me souviens plus, peut-être trois jours… ?
Tu vois un jour pour le voyage, un jour pour la marchandise, puis un pour revenir… C’était un voyage à l’époque !

Il fallait cinq à six heures pour aller jusque Lyon… Il n’y avait pas encore les autoroutes de maintenant et avec la camionnette, tu vois un petit peu ? Il ne fallait pas rouler plus que 100 km/h…
Alors là-dessus, quand il était de retour, je lui dis…
– Mais elle est où la marchandise ?
– Ben là, qu’il me dit… à la cuisine !

Et il me montre 3 sacs… Bon, c’était 3 sacs de 60 litres à peu près… Mais bon… C’était des sacs poubelle, des sacs blancs.
Oh non, ça ne devait pas être des 110 litres…

Mais en fin de compte, c’était 3 sacs… !
Ce n’était pas grand chose… et puis je dis :
– Mais c’est ça ?
Tu as fait le voyage, tu as payé l’hôtel et tout ça, pour ça… ?
Non mais je rêve ou bien… ? Et pour les vendre, il va falloir encore payer la poste… Je n’y crois pas ! …Mais on va où, là ?
Non non… La prochaine fois, moi je viens avec, casser des cailloux… On va déjà voir… On ne ramènera pas trois sacs, on va ramener la tonne !

Alors bien sûr quand je disais ça, il faisait sa tête de petit garçon… en fin de compte celle d’un gamin qui était pris en faute, et qui n’avait pas beaucoup travaillé… alors il n’était pas content !

Mais avec lui, tu ne voyais pas de grandes significations, tu vois…
Il n’était pas très expressif.

Bon… Ce qui veut dire que la fois d’après quand il a dit :
– J’ai de nouveau besoin de marchandise…

Je lui dis :
– Alors on va organiser… Moi je vais fermer mon salon de coiffure le mardi, et on va partir le dimanche soir, ou lundi à 2 heures du matin de chez nous… Comme ça on arrivera là-bas à 7 heures du matin sur place… On aura le temps de prendre les cafés et on commence à 7 heures et demi.

Ah non… la première fois, on est parti un dimanche parce qu’il fallait chercher un hôtel… On était à Tassin la Demi-Lune, on est entré dans ces petits hôtels, dans ces petits machins…

Mais moi, tu me connais… si ça sent la poussière, le lit ce n’est pas un lit, c’est une cuvette. Alors non, non…!

Alors on a fait tout le dimanche après midi pour chercher un hôtel correct…
– Non, il n’y a rien… On doit dormir dans un endroit correct !
On va travailler demain, on doit dormir dans un endroit où… tu vois, tu ne peux pas aller travailler le lendemain si tu es dans des machins à poussière et tout…

C’est comme ça qu’on a découvert, le Campanile… et je dis :
– Ah ben voilà…

C’était une petite chambre, tout à fait correct, c’était tout à fait ce qu’il nous fallait… Et à l’époque, tu y dormais bien…
Le Campanile, c’était un bon statut. C’était un statut excellent pour moi… Ce qui veut dire que cette fois là, on avait peu travaillé. On a déposé nos affaires… Mais les fois suivantes on pouvait partir à 2 heures du matin pour pouvoir dormir le lundi soir…

On ne faisait qu’une nuit à l’hôtel et on savait dans quel hôtel, on allait dormir… On savait que quand on avait cassé des pierres toute la journée, tu rentrerais dans un hôtel, qui était correct !

Ça nous était aussi arrivé de partir le dimanche et d’aller aussi visiter Lyon, de dormir le soir et de partir travailler le lundi matin…
On a aussi fait… Mais on ramenait la tonne !

Alors je me souviens la première fois, il me dit dans l’après midi du lundi…
– Aah… ben non… Aaah… Ooooh… Je n’en peux plus…!

Et moi…
– Non non non… On ne part pas avant la tonne !
– Aah… mais comment tu fais ça ? Ah non… mais ce n’est pas possible !

Et moi…
– Mais non non, on ne lâche pas !

Mais quand on a fini la première fois la tonne… Ce n’est pas ensemble qu’on a fait la photo… C’était lui tout seul devant son char, qu’il a fait la photo !

Il a donné la vision à notre fils sur la tonne… que c’était Monsieur qui avait fait la tonne ! C’était toujours ça, en fin de compte, moi j’étais où moi ?

Il y avait quand même une photo qui avait été prise quand j’étais en train de casser les cailloux…
J’aimerais bien savoir où elle est celle-là …parce qu’elle a disparue, hein !
Celle-là, on ne la montre pas… On ne veut pas en entendre parler…

Parce que lui, il en avait fait que la moitié ?
– Non, parce que lui, très vite c’était :

  • Aie… ahhh… Isa… Aiiie… ooohhh… Ohh mon dieu !

Après il voulait me préparer des cailloux… Encore en plus de ça…!

Il me disait :
– Mais t’es horrible…

Parce que quand ce n’était pas des belles pierres, je les lui renvoyais, je disais :
– Ah ben non… des correctes !
Ça, ce n’est pas vendable !

Alors je les triais… et je lui disais :
– Mais la dernière fois, quand tu es revenu, tu es revenu avec du chni… Alors on ne reviens pas avec du chni… mais avec de la marchandise qui est valable, qui est vraiment de qualité.

Avec ça, il trouvait que j’étais un tyran, parce que je le faisais travailler… Non, il fallait juste des choses propres en ordre !

  • Non, on ne vend pas n’importe quoi !

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