Les cartons devant la porte

<Enregistré le 07 Novembre 2014>

Avec Maman, quand elle venait chez nous pendant ses vacances, tu vois quand on faisait des grandes commandes, on les préparait jusque 10 heures et demi – 11 heures du soir… et après j’allais me coucher, parce que j’avais mon salon de coiffure encore à côté, et bien elle, elle continuait jusqu’à 2 heures du matin, jusqu’à la dernière pierre, et qu’il n’y avait plus qu’à mettre les cartons dans la voiture, elle avait tout fait.

Et au matin, quand il partait, parce qu’il fallait descendre les cartons et les mettre dans la voiture et bien Monsieur, ne les portait pas, il attendait encore qu’on les mette dans sa voiture…

Maman, elle se lève le matin, furax elle me dit…
– Tu te rends compte et tout, il nous dit que c’est urgent et il ne les prend pas.

Alors je lui téléphone à l’usine, et je lui dis :
– Ecoute… tu viens les chercher, ces pierres… Maman elle les a fait jusqu’à 2 heures du matin et maintenant tu pars sans ?
– Ah… Je les prendrai à midi…

– Non, tu rentres, tu viens les chercher…

Il n’est pas venu, comme il m’avait dit…
Maman, elle te l’a engueulé, comme si c’était son gamin… Même chose qu’avec nous…

Mais la fois d’après et chaque fois qu’on avait des commandes comme ça, parce qu’on avait beaucoup de commandes à l’époque… On avait du boulot !
Il savait bien que moi, le pigeon, que je lui en faisais encore le soir même si il y avait du monde là-bas et que je continuais, j’en mettais au salon de coiffure, et entre deux clients, je continuais à faire du montage et c’était Maman qui les ramassait…

Mais Maman, elle a dit :
– Ah c’est comme ça…!?
Alors à chaque fois qu’elle faisait les montages et les cartons, elle les mettait devant la porte, du coup il ne pouvait plus sortir par la porte…

Mais la fois d’après tu crois qu’il les aurait pris ?
Il a pris juste celui qui bloquait la porte, le reste il l’a laissé, hein !

Je crois finalement que Maman lui a dit :
– Ben écoute… la prochaine fois, je ne t’en fais plus un !
Non, mais tu vas te foutre de nous comme ça encore longtemps ?
Ben non ! Moi je suis bonne, mais je n’aime pas qu’on me traite comme une idiote, hein ! Non mais écoute, tu es un vrai sauvage… qu’elle lui a dit !

Mais maman, elle l’engueulait, mais elle l’engueulait…

Mais ce qui était très drôle, c’est que si elle l’engueulait comme un chien et bien lui, il aimait beaucoup Maman… C’est à dire que dans sa façon d’aimer, dans ce qu’il pouvait aimer… C’était limité, hein…!

C’était Maman, quand même…

Il reconnaissait sa valeur et qu’elle faisait beaucoup… il savait qu’il avait besoin d’elle ?
– Non, il savait que c’était une personne de confiance…
D’ailleurs quand on est parti, il a laissé son gros trousseau de clefs à Maman…

Sa mère lui avait dit :
– Tu peux me laisser tes clefs le temps que t’es loin…

Et lui, il disait :
– Ah ah ah ah, ça ne va pas le bocal…?
Maintenant, je ne veux surtout pas qu’elle mette les pieds dans mon usine, hein ! Ça, c’est sûr… Il n’y en aura aucun des miens qui viendront dans ma maison… C’est sûr !

Il y en aura aucun qui s’approchera de l’usine ! Ah non, pas question !

A Maman, il lui aurait tout donné… Il lui aurait donné ses cartes bancaires, il savait qu’elle était vrai. Même si elle le remettait en place et aujourd’hui, tel que je le vois, je suis étonnée de voir ce qu’il acceptait de la part de Maman…

Il n’aurait accepté personne d’autre… Tu sais, elle lui disait ce qu’elle pensait, comme elle nous traitait… A cette époque là, Maman elle le traitait de gamin, elle lui disait tous les mots, elle disait qu’il n’avait pas de respect, qu’il était arrogant, et il lui répondait :
– Maman, ne soit pas comme ça si dure avec moi… Maman s’il te plait…

Et elle…
– T’es un véritable gamin, mais tu vas grandir ou bien ?

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