<Enregistré les 20 Février 2015 et 10 Octobre 2016>
– Mon Père ? J’osais pas y aller…
– Pourtant tu m’avais dit qu’il était venu plusieurs fois pour t’inviter à manger au Jumbo…
– Oui… Mais je me disais :
Mais qu’est ce que je vais dire à Maman, si je ne rentre pas ce soir, ou si je rentre plus tard…? Et si je te le ramène à la maison, ça va être quoi ?
Elle ne va plus me parler…?
– Un chantage affectif…
– Tu es mis à risque et tu ne sais même pas si tu vas devoir quitter la maison… Tu n’en sais rien, puisqu’on t’a déjà mis dehors, tu ne sais pas jusqu’où ça irait…
– La peur du bannissement !
– Tu vois quand tu voyais les enfants hier soir, dans l’émission de « Temps Présent » à la télé, c’était un petit peu comme ça.
Et mes enfants ont peut-être aussi pu sentir ça, parce que quand l’un a pu lâcher, peut-être que l’autre, il va aussi lâcher…
Quand j’ai quitté le buffet, je pensais que le Père, il avait lâché…
J’avais souci que Maman lâche aussi, donc il fallait que je sois gentille, parce que je n’aurais eu personne qui se serait occupé de moi… Il fallait arranger les choses parce qu’un avait déjà lâché, j’avais souci que l’autre lâche aussi…
– Parce que finalement, elle ne te montrait pas qu’elle s’intéressait à ce que toi, tu aimais, ou à ta personnalité, tu voyais bien qu’inconsciemment, c’était toujours sa part à elle et que tu ne comptais pas… Parce que si tu avais compté, elle t’aurait laissé aller voir ton père… ou autre chose…
– Mais est ce que moi, je suis vraiment ouverte par rapport à mes enfants ?
– Bien sûr, toi tu les laisses choisir. Ils ont le libre choix… Si ta fille habite chez lui quand il est à l’étranger pour être plus proche de l’université, c’est bien que tu lui laisses le libre choix...
Oui, ben elle, ça ne me fait rien du tout qu’elle habite chez lui parce que je sens qu’elle est…
– Qu’elle ne comprend pas tout ?
– Parce que, c’est à dire qu’il ne pourra jamais rien chambouler, qu’elle prend ce qu’elle veut et que le reste…
– Et là, tu te sens ennuyée pour ton fils, parce que…?
– Parce qu’il est comme moi…
– Qu’il en souffrirait…?
– Je suis ennuyée pour lui, parce que je sais qu’il peut lui faire du mal… Ma fille, je sais que (Rire) il peut y aller pour lui faire du mal, il n’y arrivera pas… Alors ça ne me fait rien, il peut y aller tranquille… Qu’elle vive là-bas, aucun souci !
Mais mon fils, je sais qu’il va lui faire du mal… Alors ça, non !
– Parce qu’il te ressemble trop au niveau émotionnel ?
– Oui… et ça, je ne peux pas le supporter !
…(Moment de silence)
– Et pour ton frère, comment ça s’est passé la relation avec son Père après ?
– C’était sa copine, la fille du policier qui mettait aussi la barrière pour qu’il ne puisse pas rencontrer son père.
– T’en es sûre ?
– Oui, j’en suis sûre… Finalement c’était pareil, il ne fallait pas que ça se reproduise. C’était comme ça tu comprends, il y avait eu…
Tu vois quand ils nous avaient sortis, ils avaient mis tout ça sur le compte du Père…
-Ah Ah… Dis donc ! Qu’il avait dit à mon père…(le policier)
Soi disant qu’il rigolait devant la maison, en parlant de mon Père…
Mon père ? Il ne rigolait pas du tout, quand on est parti, ce n’était pas vrai ! J’étais là… !
Mais non, puisqu’ il nous disait à moi et à ma sœur :
– Vous allez où, mais vous allez où… ?!
Plus tard, Il l’a dit à ma sœur :
– Je ne savais pas ce qui se passait, je suis vraiment désolé…
– Lui aussi, il a été dépassé…

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