MerciGracias

Mais taisez vous !

<Enregistré le 15 Mai 2015>

Les gens là-bas, n’ont jamais compris pourquoi il se mettait dans des états pareils et moi non plus, et surtout pourquoi depuis le début je lui prenais autant la tête…

Quand je suis arrivée là-bas, au début j’étais en train de coiffer une personne en étant assistante, à la position de… « Madame a les restes de Monsieur »…

Alors à chaque fois, il fallait demander… Il y avait le BundesZeitung, le journal principal, mais d’abord quand ils arrivaient, ils devaient déjà se déshabiller, enlever leur blouse, leur chemise, mettre un autre peignoir plus grand dessus… Tu vois, c’était le grand jeu et après, il y avait tous les miroirs qui étaient rangés sur la coiffeuse…

Mais surtout, tu ne parlais pas avec les gens !

Les gens, ils écoutaient soit la musique et les 8 heures…
Les chanteurs qu’ils aimaient beaucoup, sinon c’était le silence.

On écoutait la musique, le journal c’était tout.
Avec moi, il était mal parti parce que moi, je rigole, je parle…!

Alors le lendemain, j’étais en train de coiffer une cliente et je discutais avec elle… Il vient vers moi et me dit :
– Haïe, Isabelle… Vous avez reçu du courrier…
– Mais je dis, il n’y a pas de poste ici… hein, du courrier ?

– Mais si… là-bas.
– Bon ok, je le lirai après…

– Non, lisez le tout de suite…
Et il insiste… :
– Lisez le maintenant !

Alors j’ouvre mon enveloppe…

  • Taisez vous ! (Rire)

Je me suis dit :
– Mais quel con !

Mais, on n’a jamais dit qu’ici c’était chez les moines, chez les curés que c’était le silence comme dans une église, hein !?
Moi, je suis coiffeuse, je ne suis pas… et je parle !

Et la cliente qui voit que j’ouvre mon sac, elle me dit…:
– Ça va ?
– Oh non… Rien de particulier, regardez… (Rire) On n’ose plus parler… Qu’est ce qu’on fait, on continue ou bien on s’arrête ?

– Mais vous risquez de vous faire ficher dehors, qu’elle me dit…
– Oh, et bien, s’il veut me ficher dehors, qu’il me fiche dehors…!
Donc on a continué…

C’était la première fois… Alors quand j’ai fini, il m’a appelée au bureau et m’a dit :
– Haïe Isabelle… Quand je vous dis quelque chose, encore vous me faites ridiculiser ?

Alors là, Il tournait, il tournait, il tournait…

Mais respirez là… C’était son casse tête.
– Mais moi je ne reçois pas de courrier ici, vous m’envoyer du courrier dans mon casier… Non mais, si j’avais fini ma cliente et qu’après que vous m’auriez dit :
– Ecoutez, j’aime pas trop que vous parliez et tout… On en aurait discuté… Mais là, est ce que j’ai le moyen d’en discuter ? Non…
Je n’ai pas le moyen d’en discuter puisque vous avez décidé comme ça… Mais moi je suis coiffeuse, ici on ne m’a pas dit de me taire on ne m’a pas dit… On n’est pas dans une église, c’est quoi cette histoire !?

– Oui, mais personne ne parle et on n’entend que vous !
Il n’y a que vous là-dedans, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on est douze là-dedans, et on est treize avec moi, et on n’en entend aucun !

– Et avec la réceptionniste ça fait quatorze, que je lui dis…

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