MerciGracias

Je reviens, mais…

<Enregistré le 28 Août 2014>

Bon ben voilà, alors je suis rentrée chez nous après que j’étais partie le soir de chez Michelangelo et en arrivant, Maman me dit qu’il lui avait téléphoné… Mais Maman ne savait pas quoi lui dire, elle ne savait pas où j’étais…

Et voilà que j’arrive le soir à la maison vers dix heures comme normal, tu vois… et elle me dit :
– Mais tu étais où !?
Il y a ton patron qui m’a appelée pendant deux heures de temps !
Juste après, voilà le téléphone qui sonne…
– Ben voilà c’est de nouveau lui…!

Je prends le téléphone, et il me dit :
– Salut, je me fais du souci pour vous… blablabla… Mais qu’est ce qui vous est arrivée ?
– Qu’est ce qui m’est arrivé ?…Non non… J’ai travaillé tout le jour, et le soir vous me prenez comme un chien devant tout le monde, là, à m’insulter, comme si j’étais, euh…

Non, non… Pour moi ça, ça ne va pas !

J’ai donnée le meilleur de moi-même toute la journée, à chaque moment j’ai fait tout ce qui était à faire, et là, parce que je prends une demi-heure pour aller manger avant que la vente du soir ne commence, alors que je n’avais pas mangé de toute la journée, vous m’insulter devant tout le monde ?
Non non ! …pour moi ça rentre dans quelque chose d’inacceptable…

Donc je me suis dit que je ne pouvais plus, que je ne pouvais pas accepter ça, alors vous avez bien vu, je suis partie !
– Oh mince, je suis désolé, je m’excuse, je m’excuse…
Mais vous revenez demain !? Vous revenez demain…

Je lui dis :
– Ecoutez, je ne sais pas… Ce soir je suis un petit peu remuée, vous verrez bien si je reviens ou si je ne reviens pas…
Regardez demain… Bonne nuit… (Rire)

Et j’ai raccroché comme ça…(Rire)

Alors le lendemain, je suis arrivée tranquille, et quand il m’a vu arriver, il m’interpelle :
– Il faut qu’on discute… Bureau !

Là, il m’avait ramené un petit café, quand c’était comme ça il me ramenait un petit café… J’avais le droit au petit café, presto… !
Voilà, il me dit :
– Alors expliquez moi de nouveau ce qui s’est passé…

Voilà, je lui explique… Pour moi c’était quelque chose qui n’était pas acceptable, ça rentrait dans quelque chose qui n’était pas dans mes conventions, c’est tout. Comme ça, je ne pouvais pas travailler.

Là-dessus, il me dit :
– Mais expliquez moi pourquoi est ce que vous n’êtes pas rentrée à la maison hier soir, tout le monde s’était fait du souci…

– Mais vous n’aviez pas besoin de téléphoner à la maison, hein…
A la maison, ils ne m’attendaient pas, personne ne savait que j’étais partie !

– Mais alors qu’est ce que vous avez fait ?
Alors j’ai commencé par aller manger une bonne soupe, une chose que je n’avais jamais fait. Une bonne soupe, délicieuse… J’étais sur la place du marché et j’ai trouvé que c’était vraiment magnifique !
Vraiment ça me remplissait d’inspiration de beauté, de tout ce qu’on veut, j’ai adoré cette place du marché…

Et là-dessus, il me dit :
– Mais… Vous restez, vous restez ?

Je lui dis :
– Oui, mais j’ai des conditions… Oui, mais plus jamais à la vente du soir ! Voilà, je pars à 7 heures dorénavant. Dorénavant je sors à 7 heures pour aller à la vente du soir… et puis, et puis…

Voilà, tout c’était mis en place… et il me dit :
– D’accord… Mais maintenant qu’est ce que je vais faire avec les autres, maintenant que tout le monde reste pour la vente du soir… ?

– Ça, ce n’est pas mon souci !
Moi, je finis à 7 heures, je ne finis plus à 9 heures du soir, c’est trop tard ! C’est le jour de la vente du soir…

Donc c’était mis en place que je partais à 7 heures, je crois même 6:00 heures… En tout cas, ça avait bien chauffé en plus de ça.
Alors après, j’ai pu aller à la place du marché, j’ai pu aller manger…

Il faut dire que quand j’étais en apprentissage, après le divorce de mes parents et avec toutes ces histoires, j’ai du baster, m’adapter à tous les machins… Pour avoir mon papier quand je n’étais pas en accord, Maman me disait :
– Tais toi, tais toi , blabla… Fais ci, fais ça, c’est comme ci, ou c’est comme ça… C’était toujours dans ses règles et à la maison c’était ma sœur qui fixait les règles.

Alors j’ai décidé que je ne continuerais plus à travailler à Fribourg, ah ah, et bien maintenant, c’est fini Fribourg !

Maintenant j’ai mon papier… Ah, on me dit qu’il faut un papier ?

D’accord, et bien alors maintenant, je déménage et à partir d’aujourd’hui c’est « La nouvelle »… C’est quelqu’un d’autre. C’est moi !

Fini d’être vos machins… Votre marionnette et accepter ce que ma sœur dit, que ma patronne d’apprentissage, que Maman et tout le monde m’imposent leurs trucs, j’en ai par dessus la tête…!

J’avais mon diplôme, j’avais tout fait pour l’avoir par moi-même, j’avais enfin le droit d’être moi-même !

J’étais libérée !

Je me souviens quand ma sœur me tapait, j’essayais de lever la main, de faire comme ça, j’étais petite, j’avais trois ans, là autour… Je ne pouvais pas, je sentais que je ne pouvais pas taper…

Je sentais que ça n’allait pas. Je me souviens quand elle tournait autour de la table, et je trouvais déjà que ça, ça ne m’allait pas…

A cette époque là, je suçais encore ma main, tu vois… Je trouvais que c’était fantastique de se sucer la main, alors j’ai fait l’expérience de sucer, et après j’ai fait l’expérience de mordre, alors après je me suis dit :
– Ah… ben ça mord… ?

Et la fois suivante, je prends le bras de ma sœur et je lui dis :
– je vais regarder si chez toi ça fait ça aussi…!

Alors je la mords, et :
– Aaaaahhhh, elle gueule… alors je me suis dit :
– Ah Ah… ok, alors ça je peux…(Rire)

C’était mon premier pas vers la liberté…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *