<Enregistré le 30 Aout 2014>
C’est seulement quand j’étais à Gstaad, que j’ai pris conscience du contrôle que ma sœur avait sur les gens… C’était le contrôle qu’elle ne pouvait pas avoir sur elle même… Ma sœur quand elle voulait contrôler les choses c’était parce quelle voulait se contrôler elle même mais qu’elle n’y arrivait pas…
Mais en fin de compte ça la rendait jouissive de voir le pouvoir qu’elle avait sur les autres… La femme de mon patron de Gstaad, quand elle interdisait à son mari de manger des sucreries ou des gâteaux, elle le faisait par Amour pour son mari… Elle voulait que son mari soit beau, tandis que ma sœur, elle ne voulait pas qu’un gramme de sucre se marque sur son corps.
Quand elle a été à l’école ménagère, à la maison elle faisait des mille-feuilles, avec une tonne de sucre, et des cochonneries pas possible qui te rendaient malade, et elle nous forçait à manger ses cochonneries… Parce qu’elle en plus, elle ne voulait pas les manger !
Ça ne lui faisait rien de savoir que tu allais prendre de la cellulite, à cause de ses cochonneries, et que tu allais être malade, sachant qu’elle, elle n’en prendrait pas !
Elle mangeait par procuration… Comme quand elle a été travailler à la boulangerie, pendant que j’avais été placée chez ma marraine de confirmation. Ils l’avaient prise deux mois pour travailler au magasin… Alors elle se remplissait les poches de tous ces petits biscuits, de tout ce qu’elle avait envie, et le soir quand j’étais couchée chez mon oncle, et que je m’étais lavé les dents… Elle me forçait à les manger !
– Mais quand même, maintenant que je les ai pris, qu’elle me disait..
– Mais je ne t’ai rien demandé, que je lui répondais…
– Mais tu vas les manger, hein !
Maintenant souvent quand je vois les gens, justement quand ils prennent quelque chose pour eux… Comme toi, quand tu voyais mon fils avec le poulet, je me disais…
– Mais c’est pas possible il revient avec les schémas de sa mère…
Il faut mettre tout ça à la poubelle, parce que moi, ici, je peux t’en afficher des trucs et des machins… et je t’ai dit de balayer tout ça.
C’est vrai qu’avec ma sœur, quand j’étais enfant et qu’elle avait deux ans de plus que moi c’était facile, elle savait toujours tout mieux. Elle me reprenait sur chaque chose que je faisais et personne ne s’interposait !
Mais quand je suis partie de la maison, j’ai pu reprendre confiance en moi, et tout allait bien… Tout était remis dans l’ordre.
Puis quand je me suis mariée avec mon ex-mari, tout allait bien aussi, tout était en ordre. Mais après, quand il y a eu toutes ces histoires, c’était comme si le temps m’avait rattrapé… En fin de compte ma sœur avait sans doute raison, je ne savais rien faire…
Et mon ex-mari, lui, il maintenait cette position… Il fallait croire que j’avais un sérieux problème… !
Ma sœur me disait :
– Tu as vu ? Tu as mis ça de travers, mais tu n’as pas mis ça correctement !
Bon c’est vrai, il faut dire qu’elle fait ça avec tout le monde… Et ensuite c’était mon ex-mari qui me faisait ses commentaires… C’était trop !
Il était clair qu’après mon divorce, je n’allais plus jamais me remettre avec quelqu’un, puisque de toute façon, je ne savais pas…
– C’était moi la responsable !
Quoi qu’il en soit, je n’allais pas pouvoir.
C’était ce que je croyais, parce que c’était ce qu’on avait voulu me faire croire ! Le travail de sape avait été fait. Mon estime de moi avait été forgée. C’était :
– Mais pourquoi tu ne m’as pas demandé pour mettre ton vernis ? Pourquoi tu ne m’as pas demandé pour faire ton machin…
– Mais fous moi la paix, quoi…!
– Mais tu vois maintenant… Il est mal mis, je vais te le remettre !
– Mais fiche moi la paix !
– Ah et bien non, enlève le, allez…
Et elle arrivait avec son vernis, avec son dissolvant, et hop elle me le défaisait…
– Ton maquillage… Ah mais t’as vu comment tu t’es maquillée !?
Ah ben non… Allez enlève… Elle arrivait avec son démaquillant…
Et elle arrivait :
– Allez démaquille toi, et elle me remaquillait par dessus…
Ce n’était jamais bien, du moment que ce n’était pas elle qui l’avait fait.
Alors mon ex-mari qui arrivait aussi avec ça, c’était sûr qu’ils devaient avoir raison tous les deux… C’est pour ça, qu’il m’a bien fallu 10 ans, même 12 pour me dire :
– Ah ben non… car j’y croyais !
Je ne pouvais plus avoir d’estime pour moi, puisque je n’étais pas assez… et en plus en sachant tous les problèmes de scolarité que j’avais pu avoir, c’était sûr qu’ils avaient raison…
Alors quand je t’ai entendu avec ton histoire, je me suis dit :
– Mais en fin de compte lui aussi il se pose des questions, comme moi… Il pense aussi qu’il n’est pas assez ci, pas assez ça !
Parce que toi aussi, tu étais à la même page en fin de compte.
Tu avais eu aussi des problèmes de scolarité… Tu avais redoublé trois fois, pour avoir ton bac…
Ça m’a remise en confiance avec moi-même…

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