<Enregistré le 01 Septembre 2014 et 14 Septembre 2016>
Quand je suis arrivée au Salon de coiffure de Fribourg pour ma première année d’apprentissage, j’ai été très surprise…
Tu vois, au buffet j’allais au service depuis toute petite, alors dans la coiffure ça allait très bien. La patronne du salon de coiffure, elle savait bien, elle avait tout de suite remarqué que j’avais la vision du service, il me restait à apprendre le métier…
Elle avait aussi remarqué que je n’étais pas une apprentie comme tout le monde, elle avait tout de suite vu… Justement les apprentis, il y en avaient qui allaient au laboratoire, et qui restaient tranquilles à ne rien faire…
Mais nous on avait appris le service et surtout mon Père ne disait pas : « Je suis le patron », il disait :
- Le client est roi !
Donc ça voulait dire que tu étais au service… Donc là, dans un salon de coiffure, c’était pareil…
Si tu vois que la personne là, a besoin de quelque chose, qu’elle a envie de quelque chose, et bien… tu es à son service !
– En effet la plupart du temps, dans les petites entreprises, ceux qui deviennent « Patron » c’est que finalement… ils veulent avoir l’autorité sur les autres et leurs employés… Ils veulent être le patron et reconnus comme tel !
– Moi, je ne voulais pas d’employés, ça ne m’intéressait pas…
D’ailleurs quand j’ai pris une coiffeuse dans mon salon, c’était :
– Voilà… vous vous occupez, et vous avez un pourcentage.
Mais moi je ne veux pas être votre patron, ça ne m’intéresse pas.
Je n’étais pas du tout intéressée d’avoir l’autorité sur quelqu’un mais je ne voulais pas non plus que quelqu’un ait une autorité quelconque sur moi non plus !
J’étais maître de moi-même, et avoir une autorité dessus…
- Rien du tout…
Mon Père nous avait bien appris, à ouvrir les yeux, à être attentifs…
Tu vois, quand tu rentres dans le restaurant, tu dois voir tout en même temps, c’est à dire que tu embrasses toute la salle…
Tu dois voir le besoin de chacun !
S’il est content, pas content, ce qu’il a besoin, s’il a besoin de pain, et même tu dois voir s’il a le cendrier plein…
Alors discrètement, tu vas le prendre, tu vas le verser, et le changer ni vu ni connu, juste en passant, toujours très discret.
On ne doit pas te remarquer, disait mon Père !
– Tu dois détecter son besoin avant qu’il ne l’exprime…?
– Oui, c’est ce qui chez moi avait plu à la patronne…
Ce qu’elle avait vu, c’est qu’au niveau du client, je voyais…
–Que t’étais attentive…
– Oui voilà !
Mais c’était grâce à la formation de mon Père…
Et quand je suis arrivée là-bas, j’ai été très admirative de voir ces femmes, avant de sortir du salon de coiffure, qui dès le matin devaient se mettre une couche de fond de teint… une couche de mascara même si elles en avaient déjà une tonne… et encore du crayon par dessus ! …et des machins… !
Je me disais :
– Ouahoooohhhh ! Fffuuuutt….(Elle siffle)
Mais comment elles font ça… ?
T’as mis une couche… t’en as mis une couche !…Hein ?
Alors moi aussi, je vais aller me mettre du rouge à lèvres entre deux… Mais je ne vais quand même pas me remettre du mascara, j’en ai déjà mis, une fois par jour, c’est bon, hein…?

Laisser un commentaire