<Enregistré le 14 Septembre 2016>
– Tu disais qu’il t’avait fallu rencontrer Michelangelo pour arriver à Gstaad ?
– Mais oui, parce que pour arriver à Gstaad, il fallait des gens comme ça !
Il y avait tout du grand monde là-bas. Je n’imagine pas que si t’étais passé par un petit salon de coiffure que tu puisses arriver à Gstaad… Ben c’est pas simple… Parce que tu as à faire avec du beau monde, et il faut savoir les tenir, et être à la hauteur !
Ce ne sont pas des gens ordinaires, ni des gens simples…
ce sont des gens qui veulent leur place qui sont prêts à te le montrer… Te montrer que c’est eux qui commandent et qui ont le porte-monnaie…
Ce n’est pas étonnant que chaque année, il y avait une coiffeuse qui pleurait à nouvel an, parce que tu étais malmenée…
Ferdinand, il regardait ton cheminement avant de t’engager, il n’allait pas t’engager en sortant d’un petit salon de coiffure…
Il fallait avoir une certaine personnalité pour arriver là-bas!
Tu ne coiffais pas les gens du coin…
– Et Michelangelo, lui, il t’avait épaté sur son Moi hyper puissant… alors que toi, tu avais un moi presque inexistant…
– C’est à dire qu’avec Michelangelo, il y avait du jeu… et moi, je pense que j’ai toujours été assez joueuse et avec lui il me donnait du jeu. Avec lui, c’est comme si je me trouvais face à ma sœur… alors je me disais :
– Je me trouve face à ma sœur…
Et en étant enfant, c’était… Allez, je t’envoie des claques, comme ça m’enchante… Je me suis dit :
– Ben non quand même, je vais bien faire… Quand on t’envoie des claques, donc je te mords… Tu vas déjà comprendre… !
Et chez lui c’était pareil… C’était du même jeu qu’avec ma sœur.
Si tu ne montres pas tes limites en disant :
– Bon, mais attends… Donne moi ton pied, que je te marche dessus… Sinon il te bouffait !
Donc pour moi, il me donnait de la résistance. Mais ce que j’aimais bien avec lui c’est que c’était net !
Ce n’était pas le truc de manipulation comme avec mon ex-mari, où tu ne sens pas, où tu ne sais pas trop où tu en es, où tu ne sais pas… Des gens qui sont pas clairs… Ah, là non !
– Ah, tu n’as pas compris que je voulais que ça soit comme ça ?
Tiens, la brosse je te la fiche à la figure… Tu vois, allez !
Comme le petit mot… Je veux que tu arrêtes de parler !
Tiens…Tiens, regarde tout de suite, tu as un courrier…
Tais toi maintenant ! …Allez !
Je me suis dit :
– Tais toi, tais toi… mais ça veut dire quoi ça ?
Bon, ça va ou bien ?
Mais moi, je ne suis pas un chien, rien du tout !
Ah non, tu ne me prendras pas pour un chien… Voilà.
Et j’aimais bien aussi parce qu’il te parlait directement, tu arrivais au bureau… il disait :
– Haïe… ça ne va pas… Isabelle, ce que tu fais maintenant et tout…
Il avait son côté colérique mais aussi son côté attachant !
Je trouvais qu’il y avait un côté attachant chez lui… sous son côté à moitié fou… (Rire)
C’était un tout grand sensible… Mais oui, on avait quelque chose en commun, parce que finalement, on avait aussi tous les deux changé notre nom…
Tu vois, quand il m’avait dit de changer de nom, je lui avais dit :
– Ah, c’est vrai que tout compte fait ça me va bien…!
Ça me va vraiment bien, ça me permettra de renaître…
Ah mais c’est vraiment chouette alors, j’étais contente.
Pour moi c’était une renaissance, ça me donnait la possibilité de repartir sur quelque chose d’entièrement neuf.
Même de nom… Je perdais l’ancienne qui était prête, l’ancienne image… celle à qui on donnait des baffes !
J’avais enfin la possibilité de me refaire complétement, et ça c’était chouette.
Pouvoir retrouver une estime de moi qui était mienne !
- Etre enfin Moi…!
Merci Gracias

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