<Enregistré le 28 Aout 2014>
La patronne fondatrice du salon n’avait pas encore quitté le salon, elle avait 55 ans, c’était elle qui avait créé toute la clientèle à Fribourg.
Elle était Scorpion, Scorpion… !
Elle avait créé aussi le plus grand institut de beauté, à l’hôpital cantonal quand il s’est ouvert, et un magasin de maroquinerie…
Elle avait une très grande image à Fribourg, c’était quelqu’un !
Elle avait tous les plus grands qui venaient, et chaque client avait son peignoir, mais je ne te dis pas, il était repassé, mouliné !
C’était très particulier, et elle avait une réputation impensable.
Un jour, elle regardait le journal, et les offres d’emplois, et elle dit :
– Ben alors tiens celui-là… On me dit que je suis extravagante, que je suis pénible et que j’effraie tout le monde et tout ce qui s’ensuit, mais à côté de lui ! Hum, hum, c’est rien du tout… parce que lui alors !
C’est un fou de fou, je l’ai rencontré c’est un vrai fou. Il est cinglé machin… Il recherche de nouveau quelqu’un… Ses employées, elles ne tiennent pas 6 mois !
J’ai entendu tout ça et je me suis dit :
– Ah, il y a plus cinglée que toi ?
Faut y aller, ça m’intéresse… Allez, allons là-bas, c’est sûr… Je vais là-bas !
Alors j’ai noté l’adresse « Salon Michelangelo, Bern » au moment du café pendant que personne ne me regardait et j’ai postulé…
C’était une annonce pour son salon de Gstaad… alors ça m’intéressait fort, même si je n’avais pas encore mon diplôme de coiffeuse, je n’ai pas hésité !
Je peux te dire qu’elle est tombée à la renverse, quand elle m’a dit un jour… :
– Alors ?…Vous avez pensé que vous allez bientôt finir votre apprentissage ? Vous allez bientôt passer vos examens…
Vous vous êtes cherchée une place… ?
Parce qu’il faudra quand même savoir, qu’elle me dit, hein ?
Et moi qui lui réponds :
– Oui, je vous remercie, j’ai déjà ma place…
– Ah bon !?
Ça serait indiscret de vous demander où vous allez ?
Fière de moi, je lui dis :
– Chez Michelangelo !
– Chez Michelangelo, qu’elle me dit…?
– Oui à Bern…
– Hein ?!? Vous… ?! qu’elle me dit, en sursautant. Mais il va vous passer à la moulinette et puis tout… Vous, qui êtes tellement sensible et tout… Jamais il ne faut aller chez quelqu’un comme ça, il va vous casser !
Vous ne pouvez pas y aller…
Je lui dis :
– Justement, c’est là-bas que je dois aller. C’est là-bas…
Alors, elle me dit :
– Alors on en reparlera, hein… Je me réjouis de vous revoir et de pouvoir en rediscuter.
Et Hélène aussi qui me dit :
– Oh non, il ne faut pas aller là-bas…
Et moi :
– Non Hélène, mais ma décision est prise…
Hélène voulait déjà me garder pour l’aider dans la reprise du salon, mais moi, je ne voulais pas rester.
Une année après que j’étais là-bas, Hélène m’avait même rappelée et m’avait dit :
– Oui… Alors maintenant, vous avez prouvé… Je cherche une coiffeuse, j’aimerais vraiment que vous reveniez…
Hélène était très fière… tu vois « Je me promène en Lamborghini » noiraude, très stylée… La femme qui allait bien avec le salon et l’ancienne Patronne, quoi…
Et je lui dis :
– Non, non… Je reste ici pour l’instant.
Je ne reviens pas en arrière… Quand j’ai fait un pas, j’ai fini, j’avance !
Et derrière tout ça, c’était parti…

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