MerciGracias

A vif !

<Enregistré le 01 Septembre 2014 et 03 Décembre 2016>

Michelangelo, il avait besoin de folie… C’est pour ça qu’il fichait les brosses à la figure…
– Vous me faites chier, vous m’énervez !
Un excentrique…

– Oui, un excentrique au possible !

Il disait :
– Ooooh… Elle me fait chier celle-là…Tout le temps avec ses machins…!

C’était vraiment ça, tu vois… Et puis …
– Haïe… C’est le printemps maintenant, vous avez vu ?
C’est le printemps… il faut qu’on change tout ici dedans…

Et moi :
– Il faut qu’on change tout… ?
– Qu’est ce que vous en pensez..?

– J’ai pensé qu’on pourrait mettre, je ne sais pas… des fleurs. Des machins des truc…
– Oh, mais c’est une bonne idée… On peut mettre des fleurs contre le miroir…que je lui disais… (rire)

Tu vois quand il arrivait avec ces trucs là, moi, je disais toujours que c’était une super idée, donc il était content…

Alors il arrivait avec des machins, tellement cccrrrrrr…
OK et lui :
– et puis si on les collait ici ou encore là ?…

Et moi…
– Ah ? Oui oui… On pourrait coller…

Ça, c’était Michelangelo…

Finalement, il était un peu comme toi ?
– Oh mais lui, quand il y avait quelque chose, il était complètement…
Il était comme moi, (Rire) il arrachait la nappe… C’était pareil hein…!?
A vif, d’à vif, hein !?

Sa copine, elle disait, mais il ne fait rien, et il est complètement retourné, il est toujours à vif. Toujours en train de sauter, tu lui demandes quelque chose ?… Il saute !

(Rire) Moi, c’est pareil.

Il avait trouvé son pendant en féminin alors !
– Oui, alors oui…totalement là-dedans… Ce côté complètement à cran… Tu penses bien qu’on se renvoyait un miroir, avec nos côtés joie et humour !

T’étais sa muse ? Un mélange enrichissant, parce que les artistes ils ne sont pas compris, il n’y a que des artistes qui les comprennent…
Au niveau de leur sensibilité. Ils ne trouvent pas vraiment de plaisir avec les autres… Parce qu’il n’arrivent pas à partager. Avec toi il devait y avoir quelque chose, comme tu disais, il y avait du jeu !

Par contre il avait bien choisi sa copine, parce qu’elle était un petit peu comme ma filleule… L’équilibre derrière l’organisation.
Sa fiancée, elle était là, comme secrétaire… C’était un mannequin, elle était belle de belle… Vraiment une très belle femme. Elle organisait, elle le cadrait…

  • Voilà… Elle le cadrait !

Quand il y avait quelque chose, quand elle le voyait complètement hyper dosé… Elle disait :
– Rafi… Jetzt Ruhe… Maintenant, tu t’arrêtes !
Was ist los ? Qu’est ce qui se passe de nouveau (Rire)

Ça suffit maintenant ! Rafi, viens ici… Rafi, viens par là…

Elle essayait toujours de lui remettre le pendule à l’heure… quand elle sentait les choses qui s’envenimaient…

Mais c’était chouette !

Elle nous cadrait tous, moi aussi quand je fichais le bordel… Elle me cadrait aussi en me disant…(Rire) Il ne sait plus que faire…
– Vous comprenez, si vous mettez une cigarette à tous les becs de vos modèles et que vous y mettez le feu… Il ne sait plus que faire ! (Rire)

Je me souviens quand je suis arrivée, il m’avait donné un modèle et il m’avait dit :
– J’aimerais que vous me fassiez un chignon là-dessus… mais ce n’était plus l’époque où on faisait les chignons. C’était fini… Oui, mes copines qui venaient des vieux salons de coiffure, d’accord !

Oui, mais moi, j’étais dans un salon de coiffure où on ne faisait plus de mise en pli, tout ça c’était fini… On était à la page de Sassoon, et lui c’était Carita… C’était révolutionnaire à l’époque…

Au salon de Fribourg on n’en faisait déjà plus et on était avant les temps…

– Voilà je vais vous mettre des points. Je vais vous juger sur un chignon… alors que moi, je venais d’arriver…

Je me suis dit :
– Ah ben tu es bien arrivée ici, maintenant que tu ne veux plus de chignon… Même qu’à tes examens on ne t’en a pas demandé des chignons, parce que c’était de l’époque passée…
Mais je lui dis :
– Mais vous les avez où… les tips-tips, les machins pour les fixer ?
– Ah mais vous pouvez les trouver ici, il faut regarder dans le tiroir…

Oh ben sacré matin que je me suis dit… Il va falloir que je le fasse avec du rouge… et puis là j’ai vu des aiguilles à tricoter, qui n’avaient rien à voir avec ça…

Alors j’ai fait le chignon et puis j’ai planté les aiguilles à tricoter dedans… Je l’ai vu partir, j’ai commencé à prendre les artifices qu’il y avait là-dedans, et puis…
– Ah ça… j’aime bien qu’il me dit !
Alors vous avez utilisé ça et puis ça, et puis ça…?

Ah… et puis le chignon ce n’est pas très doux, avec les machins, je ne savais pas très bien le faire, j’avais fait une banane, là et hop…
Mais il avait aimé parce que j’avais mis dedans tout ce que j’avais.

  • Ça, il avait aimé !

Il avait aimé qu’en peu de temps j’ai improvisé… C’était une qualité, il avait reconnu l’artiste…

Merci Gracias

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