<Enregistré le 16 Septembre 2021>
Je me souviens, je lui coupe les cheveux, pour aller au tribunal… c’était le matin, et j’étais encore en apprentissage. J’avais 16 ans et le jour où elle va au tribunal, je me lève à 5 heures du matin pour lui faire ses cheveux,
pour qu’ils soient parfaits, pour qu’elle aille au tribunal, et pour qu’il la trouve belle… pour que mon Père la trouve belle !
Alors ce jour là, il fallait qu’elle soit très, très belle… et elle était magnifique !
Depuis là, je la trouve toujours belle, d’ailleurs…
Alors après, je lui propose le mari d’une de ses copines, qui l’aimait beaucoup, sa copine était décédée d’un crabe… Elle avait été à l’école avec, et son mari était très gentil… On se connaissait bien, c’était des gens gentils… Je lui avais trouvé un homme vraiment agréable, il avait les cheveux noirs, un peu comme mon Père, bouclés…
Alors je m’étais dit :
– Il pourrait bien aller celui-là…
Alors je prends rendez vous avec lui pour Maman… et je lui dis :
– Oh… Oui, oui !
– Mais comment va ta maman… ? Tu crois que dans l’état où…
– Mais oui, bien sûr ! …et je suis sûre qu’elle va prendre.
Voilà, parce que je la trouvais aussi très belle et qu’il la trouverait parfaite aussi et tout…
Mais il n’y avait rien à faire, hein…!
Après, il y en avait un autre, je ne te dis pas, qui lui téléphonait aussi… et qui vient s’assoir à côté de moi dans le train pour aller à Fribourg… Celui là, il dirigeait… C’était un musicien, il dirigeait la musique, c’était un chef d’orchestre !
Quelqu’un de très important… très, très fin.
Même chose… Il dit :
– Oh, ta maman… tu crois que…?
– Oui… Mais bien sûr… tout à fait !
Alors je lui donne rendez-vous au village, et je lui ai même donné le rendez-vous, pour un lundi… Le lundi, Maman a congé, elle sera contente de venir à 4 heures… Et je fixe tout pour elle…(Rire)
Maman me dit :
– Mais jamais de la vie ! Je n’irai pas à ton rendez-vous…
Ça ne m’intéresse pas le moins du monde !
Oh là là… Et comme moi, je suis quelqu’un de consciencieux, alors je vais au rendez-vous au village. C’était pas chez Jo, mon copain, mais c’était chez l’autre je ne sais plus comment il s’appelle, pour lui dire :
– Je suis désolée, je me suis un peu aventurée… Maman ne viendra pas… Elle n’est pas encore guérie…
Alors il me dit :
– Ah mais c’est tellement gentil de ta part d’avoir essayé, et je me souviens qu’il m’offre une coupe de glace !
Je suis ravie, hein… Mais quand même très touchée, même s’il était venu au village pour rien du tout, car il était très chouette.
Donc ça ne servait à rien du tout, tu pouvais faire ce que tu voulais, alors je lui ai dit :
– Mais tu vas faire quoi après… Quand on sera loin ?
Tu vas continuer comment ta vie, Maman ?
Tu ne supportes pas d’être toute seule, mais qu’est ce qu’on va faire ?
Comme quand je décide la première fois de partir en Afrique du sud… et qu’elle me dit :
– Tu peux rentrer pour m’enterrer !
Mais après, quand je pars à Gstaad, je lui dis :
– Tu ne veux pas de propositions !
Ma foi, je suis désolée… Moi, je pars… !

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