MerciGracias

Je ne fume pas !

<Enregistré le 25 Septembre 2016>

Hélène avait repris le salon quand « La Patronne » avait pris sa retraite…

Au salon j’était la seule qui ne fumait pas… et Hélène la nouvelle patronne, fumait trois paquets par jour et elle me demandait de lui allumer ses clopes…
A chaque fois qu’elle en prenait une, qu’elle faisait une teinture… elle me disait tout bas pour que la cliente n’entende pas :
– Tu peux aller m’allumer une clope ?

Et aussi pendant que la cliente était au téléphone, qu’elle attendait…
J’étais devenue sa moitié, la seule qui osait aller dans son sac, pour aller chercher de l’argent ou dans celui qu’elle prenait quand on allait ensemble à des cours… Elle me prenait pour aller avec elle, comme apprentie, et pour dormir je dormais à côté d’elle… Je pouvais même commencer ses clientes alors que personne d’autres ne pouvait les toucher… c’est pour dire !

En fait tu ressemblais au gars, dans le film « Le Majordome », celui qui a suivi tous les présidents des Etats-Unis, qui sans apparaitre au monde était le confident et presque le bras droit du dirigeant officiel… Toi, tu n’existes pas en tant qu’individu, Tu es transparente, tu es là, au service total de l’autre !
Tu n’avais pas de moi, tu étais à l’écoute et tu faisais ce que l’autre disait…

– Mais Hélène c’était mon mentor, elle m’apprenait… Par exemple quand j’ai passé mes examens, elle n’a pas accompagné Anne trois jours !
Pour moi, elle est même venue chez moi, et elle a mangé avec nous…
Elle ne m’a pas lâchée d’une semelle, hein…
Elle était là derrière moi, tandis que personne de ma famille n’était là…

Elle t’a soutenue comme si tu étais son double…?
Plutôt comme sa fille… quand j’ai fini, elle m’a dit :
– Mais vous restez… !?

Je lui ai dit :
– Non je dois partir…

Et une année après, elle m’a téléphoné, elle m’a dit :
– Vous revenez…!
Maintenant vous avez fait vos preuves, vous pouvez revenir…

Elle avait besoin de toi…?
Non, pas spécialement, je crois qu’elle m’appréciait, juste ça…
On avait beaucoup partagé.

Mais tu ne peux pas revenir en arrière…!

Et avec ton patron de Bern, ça s’est aussi passé comme ça…? Tu étais devenue son double…?
– Chez Michelangelo ?
Je ne crois pas, je crois plutôt que je lui renvoyais son miroir… Il y avait du jeu à Bern, ce n’était pas comme à Fribourg.

Avec Hélène, c’était différent. J’avais de l’admiration pour elle.
Je la trouvais belle, elle était dynamique, elle avait la pêche, elle était comme le viticulteur qu’on a vu, celui qui bouffe le monde, mais qui n’a pas cette arrogance…
Oui, oui elle était orgueilleuse, mais elle n’avait pas de méchanceté, elle n’écrasait pas les gens, elle avait un côté supérieur, mais avec moi, non non… avec moi ce n’était pas ça !

Par contre, c’était une prestance !
Ah oui, si la patronne qui avait fondée le salon, celle qui avec ses pieds, faisait clac clac clac… tout le monde prenait un chiffon, une serviette ou quelque chose… Hélène, quand elle rentrait dans un bar ou ailleurs, les gens se retournaient… Elle ? C’était une vrai prestance !

Avant qu’elle ne reprenne le salon, au moment où la patronne a ouvert le « Salon jeunesse »… Comme elle avait travaillé un moment en bas où on était quatre apprenties, la Patronne lui avait demandé s’il y avait une apprentie qu’elle aurait souhaitée, elle lui a dit :
– Oui, j’aimerais elle, en parlant de moi… C’est elle qui me l’a raconté.

– C’est elle, que j’aimerais avec moi !

J’ai fait deux ans avec elle, enfin une année et demi… J’ai quand même travaillé tout le temps de mon apprentissage, et j’ai beaucoup varié, hein…!?

Et puis lorsqu’elle a repris le salon de coiffure, elle a tout transformé. C’était tout des petits casiers, avec les anciennes coiffeuses, tout avait été changé, tout avait été refait…

On avait fait un salon jeunesse en haut avec Hélène et je suis montée avec elle… Ensuite je suis redescendue et j’ai du rechanger de Patronne, je n’ai fait que de changer…

Ce n’est pas étonnant que mon fils a eu lui aussi, tous ces changements le temps de son apprentissage…!

C’était comme un salon qui se construisait, ça t’avait donné beaucoup d’expériences…

– Ben oui, c’était le salon le plus réputé de Fribourg… La fondatrice avait aussi construit un salon de coiffure à l’hôpital cantonal, à l’époque c’était révolutionnaire !

Tu te souviens, quand on est allé voir maman à l’hôpital ?
Elle y avait aussi créé un magasin de maroquinerie et un institut de beauté le plus réputé de Fribourg !

Non seulement elle avait son salon de coiffure le plus réputé, mais l’institut de beauté aussi…

C’était une sacrée femme, elle bouffait le monde !

Elle était Scorpion Scorpion… et Hélène, elle devait être Vierge Scorpion aussi…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *