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La Cendrillon, elle fini là !

<Enregistré le 02 Septembre 2014>

Lors de mon entretien, il m’avait dit :
– Alors vous n’avez pas encore passé votre diplôme, votre certificat de capacité fédéral…?
– Non, je vais le passer en juin…

– Et vous venez vous présenter chez moi… comme première coiffeuse…
– Oui, je veux aller au Palace, à Gstaad ! (Rire)

– Alors vous me plaisez beaucoup, qu’il me dit… (Rire)

Il était comme, émerveillé… épaté, quoi !
– Alors je me réjouis beaucoup de vous revoir…

C’était vraiment ça… Alors on va beaucoup s’amuser !

Tu vois quand j’avais vendu mon salon de coiffure et que je cherchais du boulot, et que j’allais chez ma copine coiffeuse, je me disais :
– Tes petits machins, tes petits trucs… pouet pouet…
Tu regardes, tu te dis, je pars dans une heure, c’est bon…
Tu aimes bien t’amuser ici, mais si tu faisais avec…

Là, je travaillais dans son salon de coiffure et je me disais…:
– Je m’en fous, tu me payes la journée, moi je viens ici, parce que je suis contente d’être dans la coiffure, et que je suis au théâtre une journée, je suis au théâtre deux jours… Pas de souci…!

Mais si elle était venue dans mon salon de coiffure, je te promets, que je t’aurais balayé ça vite fait bien fait…hein.

Je lui aurais dit :
– Mais arrête de te prendre la tête pour ton chni, là !
Mais tu joues à quoi ?
On n’est pas dans une pièce de théâtre, on fait de la coiffure ici.
On réalise un côté artiste, on réalise un côté Putzfrau ou un machin…

En fin de compte quand tu te trouvais entre de vrais artistes il y avait un jeu de vrai artiste.

Avec Michelangelo, il y avait l’artiste… Mais quand tu vois que tu es avec des gens qui sont… et bien tu fais avec !
Parce que le but c’est pas de casser les gens non plus, tu vois.

Mais Michelangelo, j’avais aussi envie de savoir, parce que je voyais quelle attitude il avait avec les autres… Je voulais comprendre.
Tu vois, quand il se permettait de foutre les brosses à la figure… Comment il cassait les gens qui venaient chez lui pour Claude François ou je n’en sais rien… Les clients venaient chercher des choses, donc ils pensaient qu’ils devaient passer par là, accepter… On leur avait dit qu’il fallait supporter, quoi !

Mais la majorité c’était :
-…Mais t’as vue ces Rebooks, t’as vue Jennifer ? Jennifer qui est venue chercher une… et tu ne m’as pas téléphoné tout de suite !?

Les gens qui venaient chez Michelangelo, ils étaient tous un peu comme ça…

Moi, je ne sais pas pourquoi je n’avais pas le souci, s’il m’avait dit :
– Ecoutez, tirez vous… tirez vous !

J’avais décidé qu’il ne me ferait pas les trucs à ma sœur, là… en train de me faire comme elle, de me dire :
– Ah, ton évier il n’est pas propre, làaaa… ! (En montrant avec son doigt)

J’avais l’impression de voir le même truc, je me disais, ça va ou bien…?
Il avait la même insolence que ma sœur !

  • Il était insolent.

A la maison, Maman elle me disait toujours :
– Mais arrête… Tu sais bien que ta sœur, elle ne supporte pas !
– Oui, mais Maman… On en a marre des histoires.

Et elle me disait :
– Tais toi, fais avec…

Des machins comme ça qu’elle me disait…:
– On vient de lui mettre les bigoudis à 3 heures.
Reviens de la piscine, reviens lui retirer ses bigoudis…

Je lui disais :
– Mais maman tu te rends compte de ce que tu me demandes… ?
Et c’était même moi qui payait ma piscine… Elle ne me donnait rien.

– Oui, mais après, elle me fait tellement la guerre… et puis je ne supportes pas et puis, tu vois je suis tellement fatiguée aussi…
Je suis tellement ci, tellement ça… qu’elle me disait.
Donc j’ y allais… car je me disais :
– Oui, c’est vrai, elle doit retourner travailler à la Migros, elle est fatiguée !

Alors quand Michelangelo a commencé avec ses machins…
Je me suis dit :
– Ah Non, ça c’est fini !

Tu vois parce que quand j’ai fini à Fribourg… je m’étais dit :
– Voilà, aujourd’hui tu as fini ton apprentissage, tu finis avec cette phase de vie, avec l’esclave…

La Cendrillon, et bien… elle fini là !
Celle là, elle est prête, et aujourd’hui ce n’est plus la Cendrillon…

  • C’est enfin, MOI !

J’ai changé de nom, changé de ville, c’est fini !
J’ai fini mon enfance, au revoir… ben c’est Moi, et c’est ça maintenant !

Ça ne veut pas dire, me laisser me marcher dessus…
Mais c’était ça, je crois qu’il s’était passé quelque chose en moi.

Il y avait eu un changement !

– J’avais décidé que je changeais de ville et que c’était fini.
Qu’on n’aurait plus d’emprise sur moi… Je n ‘étais plus la même…
Si les gens m’avaient suivis à Bern, ils ne m’auraient pas reconnue, un changement d’identité total.

Et bien voilà, tu cherchais ton Moi… Tu te l’étais reconstruit avec Isabelle…

– Oui je m’étais reconstruite…
Tu avais eu le droit d’être, en changeant de nom…

Je me suis dit :
– Maintenant ça suffit, moi j’en ai marre de supporter ces conneries… les conneries à ma sœur, à Maman… à tous les gens qui se prennent le chignon pour des stupidités pas possibles.

  • J’en ai vraiment assez…

Avec Michelangelo, ce que j’aimais bien avec lui, c’est qu’il était aussi… qu’il avait peut-être le même truc…

Michelangelo, il avait aussi tout balayé dans sa famille, un raz le bol de sa famille par dessus le marché.

Quand je suis arrivée, il m’a dit :
– Voilà j’ai deux coiffeuses du même nom, c’est trop… Tu ne peux pas en avoir deux qui ont le même nom dans un salon de coiffure…
On en appelle une, on en demande une autre… euh…c’est laquelle ?
Voilà, et puis la première, elle est là depuis une année.

Et puis je lui dis :
– Oh mais ça va très bien, moi je voulais tout changer, changer de ville. Tout changer, et bien…voilà ça me va très bien !
Il m’a dit :
– Ah… Mais alors c’est fantastique ! Moi aussi j’ai tout dû changer, j’ai aussi changé mon nom, hein…
Je m’appelais Tony, maintenant je m’appelle Michelangelo…(Rire)
J’ai tout voulu changer, j’ai tout voulu balayer. J’en avais là, de la famille, de tout le monde, en passant la main au dessus de sa tête.

C’est clair que tu l’avais intéressé ! Son doublon en fémininenfin sur ce point là…

Alors j’étais sortie du bagne en arrivant à Bern.
Mais oui, peut-être qu’avec moi il avait entendu son histoire…

C’est drôle, quand même…
– C’est fini ce temps où on te balaye et où on te fait baster tout ce qu’on veut…

Mais le fait de t’avoir fait changer d’identité, il te donnait cette force !
– Oui

Il te donnait le droit de mettre tes propres règles, de renaître !
– Oui, j’avais mis aussi cet accord en partant de Fribourg…
C’est pour ça qu’un an après quand on m’a demandé de revenir à Fribourg… J’ai dit :
– Ah ben non ! Moi je ne reviens pas en arrière…

Et quand je suis partie à Gstaad et que Michelangelo est venu me rechercher, Je lui ai aussi dit :
– Merci, mais je ne reviens pas en arrière…

Je ne reviens pas en arrière quand je fais quelque chose !
Tu sais qu’il a pleuré quand je suis partie, parce qu’il savait…

Que tu ne reviendrais pas…
Et ton ex-mari, il a tenté de démolir l’identité que tu t’étais créée, en te dévalorisant… et en te faisant quitter ton salon de coiffure…
– Hum hum… Il n’y est pas arrivé complètement.

Il n’y est pas arrivé finalement, parce que tu tiens le bon bout quand même aujourd’hui… Tu tiens le marteau par le manche !
Il croit qu’il l’a toujours, mais non finalement…

(J’étais bien optimiste, quand je disais ça… J’étais loin d’imaginer ce que son ex, allait lui faire l’année suivante, nous étions en 2014)

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