<Enregistré le 01 Septembre 2014>
Sur des feuilles j’avais mis tous les noms des douze personnes qu’on était et fait une liste de caractères, par rapport à nos façons, notre amabilité, notre façon de servir, notre façon d’être avec les autres, plein de de trucs comme ça, la façon de répondre… les humeurs, les machins. toutes sortes de vacheries, je ne sais plus trop encore celles que j’avais mises… Et on devait répondre, chacun avait son petit coin… c’était anonyme, et chacun devait juger les autres…
Je ne sais plus comment j’avais fait mon machin, il était sur son truc, il disait :
– Non mais là… Non non mais moi, je ne continue plus avec ça… Maintenant vous faites des commentaires sur moi, vous me mettez la dessus…
– Ben oui, on est tous là-dedans… On est dans le même bateau, on travaille ensemble…
– Ah non, non, non, moi non…
Et il avait quitté.
– Je vais aller boire un verre en bas…
– Non mais, il n’y a pas de souci, que je lui ai répondu… Alors tout le monde a continué jusqu’à ce que tout le monde ait fini.
J’avais acheté en papeterie, une feuille, comme ça grande, tu sais une grande feuille.
J’ai mis les listes, patates, pomme de terre, patates, pommes de terre… les réponses… En fin de compte j’avais affiché les résultats…
Le matin, il est arrivé… Quand il rentrait dans le salon de coiffure, il passait toujours à la réception, après on avait nos casiers, on rentrait dans un immense laboratoire, c’était notre laboratoire à nous… et après il y avait le bureau de Monsieur…
Le matin quand il est arrivé, les résultats étaient affichés en grand sur sa porte… J’avais scotché, tchouc, tchouc, tchouc, tchouc, avec mon copain Tony… Tony vient m’aider, on scotche d’après le niveau (Rire) les résultats pour tout le monde, comme ça…
Michelangelo ma dit :
– Ça sert à quoi… ?
J’ai dit :
– A s’améliorer sur nos points forts et nos points faibles.
– Mais à quoi ça sert…?
– C’est comme les pommes de terre et les frites, ça sert à nous améliorer sur notre façon d’être, sur notre caractère et sur notre façon d’agir…
Par rapport à tout ce qu’on distribue…
Parce qu’en fin de compte on avait des pommes de terre et des frites sur le faire, sur le comment on avait nettoyé le lavabo du salon de coiffure, les bigoudis sur les machins… Ok, mais maintenant on va mettre des frites et les pommes de terre sur nous… Sur comment est ce qu’on est, comment est ce qu’on est avec les autres, et comment est ce qu’on est entre nous…
- Qu’est ce qu’on s’offre entre nous !
– La méthodologie américaine, du jugement des comportements…
– Mais personne ne m’avait appris…hein !
C’était dans les années 80…
Le matin il arrive, alors bien sûr avec ses pommes de terres et ses frites… Il a vu que ma foi, c’était pas trop bon, hein… Comme il n’avait pas donné le tour, ils n’osaient pas dire ce qu’ils pensaient…
Mais il avait beaucoup de pommes de terres, hein (Rire)
Alors il arrive, et dans ses grands jours il avait les cheveux qui faisaient comme ça, c’est moi qui lui coupait toujours les cheveux… Personne ne voulait lui couper les cheveux, tout le monde avait la trouille et moi je voulais toujours… Je vais vous couper les cheveux, je vous les fais vite… que je lui disais…
Alors dans ses bons jours c’était comme ça quand il arrivait le matin, et quand il avait la rogne déjà le matin, la rage il avait les cheveux, tu sais comme ceux de ton père, tu sais la mèche qui passait comme ça , elle était là…
– Elle était sur le nez… au milieu du front.
– Elle était là… Puisqu’il avait les cheveux en avant… OOuuuuuhhhhhh ! Elle tombait sur le front au lieu de passer sur l’arrière de la tête ! (Rire)
Elle avait séchée, mais elle était de nouveau en avant…
On voyait qu’il était déjà excité. Il arrive en bas. Il prend le service en bas. Je me dis :
– Ouuuhhhh…
Il passe… et il me dit :
– Isabelle… au bureau…
– Oui oui… bureau…
Il reste comme ça un moment tranquille et il me dit :
– J’aimerais vous demander… à quoi vous penser quand vous faites ça ?
Je lui dis :
– Mais à quoi je pense… ? Ben à la même chose que ce qu’on pense quand on est nettoie un lavabo et qu’on nettoie la place des clients… On fait… Mais là, c’est entre nous… C’est ce qu’on s’offre le matin, c’est ce qu’on s’offre tous les jours, c’est le sourire, c’est la sale gueule…
Et voilà, le comment on se dit les choses… Les S’il te plait, prends moi ça, prends moi ça… apportes moi la brosse ou… si on se l’arrache ou t’es un chien, ou t’es un connard, ou je te passe devant… ou je te marche sur les pieds, ou je ne te passe pas sur les pieds ou je te respecte…
C’est ça, c’est autant une façon de faire qu’une façon de nettoyer ou de faire les machins ou je te pousse, ou je t’arrache…
Il me dit :
– D’accord… Je suis tout à fait d’accord avec ça, avec tout ce que vous avez fait… Mais vous êtes quand même d’accord…
- Vous ne pouvez pas faire ça avec le patron… !? (rire)
Alors là… il était tout à fait d’accord avec moi, juste qu’il ne comprenait pas pourquoi je l’avais impliqué là-dedans… Il m’a dit :
– Je ne peux pas avoir ce papier devant… et que maintenant mes employés me juge !…et qu’on me dit que j’ai Zéro en patates, parce que… (Rire)
Je lui dis :
– Mais c’est quand même une bonne expérience pour vous…(Rire)
– Mais moi je n’ai pas besoin de savoir si mes employés me trouvent bien ou pas bien… C’est moi le patron…! (Rire)
– Oui, mais moi je trouve que c’est très intéressant pour vous, de savoir ce que pensent tous les employés… j’ai pensé que c’était une très grande expérience pour vous et que c’était très intéressant.
J’étais sûre que vous voudriez quand même savoir… (Rire)
– Ah ? …Ben non, je ne voulais pas savoir… et il a arraché la feuille et il l’a prise dans son bureau.
Je lui dis :
– Oui c’est ça… Oui et vous la collez comme il faut… (Rire)
Je l’ai aussi chauffé quelques fois, hein !

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