MerciGracias

Je ne pars plus…

<Enregistré le 13 Novembre 2016>

Chez mon fiancé, ce qui m’a surtout fait peur c’est que sa mère, elle n’avait pas sa place. Je crois que c’est la plus grande chose qui m’avait touchée…

Je pense que si sa mère avait eu sa place, si ça avait été une femme reconnue, une femme épanouie… Parce que dans l’histoire de son salon de coiffure avec son mari et bien même là, elle n’avait pas de place…

Et le fait, qu’elle n’avait aucune place…
– Tu t es dit… Moi, je serai comme ça ?

Je me suis dit :
– Aujourd’hui tu cours… tu cours… tu cours… Mais j’aurais des enfants avec toi, tu ferais exactement comme ton père…
Tu mettras le monopole entièrement dessus… et moi à côté, je serai zéro… Ben déjà cette mère qui fait des enfants à l’époque et puis lui, qui s’approprie la totale… Il s’appropriait la totale, au salon de coiffure, au niveau des femmes il avait le premier titre, la première place.

A la maison, c’est quand même sa femme qui faisait tout, mais il s’appropriait tout, parce que lui, il était grand, baraque…

C’était un Lion ?
– C’était un Bélier… Il s’appropriait la totale !
Alors la femme, elle était quoi ? A faire les commissions, à penser à faire ci, à faire ça…!? Ah ben non, hein !

Je me suis dit :
– Non non ! Non ! Ça ne sera pas Moi… Ça non !

Mais j’ai eu de la chance, parce qu’il s’appropriait tellement aussi, que s’il n’avait pas eu ce rêve, de partir une fois en Afrique du sud…

  • Tu dois le vivre, ton rêve… que je lui ai dit !

– Oui, pour lui c’était quelque chose de très important… Il m’avait dit, je ne partirai pas, j’ai trop peur de te perdre si je pars…

– Mais tu dis ça comme ça… Mais moi au fond, je ne sais pas, tu dois me laisser…
– Non mais, je ne pars pas si je sais que je risque de te perdre, je ne partirai jamais…

Il ne pouvait absolument pas prendre ce risque, tu vois la pression… ?
– Mais si… il faut y aller, moi j’ai besoin de savoir si tu vas me manquer, si tu ne vas pas me manquer…

Alors je suis allée l’emmener à l’aéroport, hein… à Zürich et je me suis rendue compte qu’il ne me manquait absolument pas…
Il ne me manquait pas du tout… (Sourire)

Alors bien sûr, il téléphonait, mon Dieu… ça n’allait pas du tout !
Il téléphonait tous les jours, quand il était là-bas… depuis l’Afrique du sud… Son père m’a dit :
– Mais tu peux faire quelque chose ? Il en a pour 5000 Francs… C’est moi qui doit lui payer, 5000 Francs de téléphone…!

Alors après quand il téléphonait, je lui disais :
– Ecoute… Tu as décidé de partir là-bas. Maintenant on va décider de se téléphoner une fois par semaine… Maintenant, tu t’arrêtes avec ça !
Sinon je ne vais plus te répondre… Tu t’arrêtes… Tu me laisses.
Tu me laisses aussi le droit de voir ce que je ressens… Nom de bleu !

Alors il m’a dit :
– J’ai trouvé ici un salon de coiffure, pour toi pour travailler… pour que tu viennes et tout…

Je me suis dit :
– Oui, bon, peut-être que c’est une bonne expérience… Essaye quand même…

C’est là que quand t’es jeune, t’es trouble… Tu n’es pas claire, tu es manipulable… Alors j’ai fait tout le nécessaire, j’ai tout fait… et puis quand Maman m’a dit :
– Si tu pars, tu m’enterres !

Le fait qu’elle m’ait dit ça… Si je pars demain, c’était clair, je ne devais pas partir… Alors tout d’un coup, c’était devenu radical…

  • Je ne viens pas !

Tout était clair, mais tout était prêt, et il y avait encore l’autre qui m’attendait là-bas…
– Non, je ne viens pas !
– Je monte, je reprends le prochain vol, je viens te chercher…

– Non, je lui dis, tu as fait un choix aussi… Laisse moi aussi faire mon choix…

Tu vois, la fois où je l’avais rencontré, la fois où il était venu me chercher pour danser… Directement, qu’il était venu, et directement la semaine il y avait son père qui venait avec lui… et son père avait dit :
– Ouuhhh… lala… mais elle est dangereuse, celle-là !

Il m’a regardée et il m’a dit :
– Oouuhh, alors toi t’es dangereuse, qu’il m’a dit… oouhhh…

Vraiment comme la mère de la femme de mon frère… Oouuuhhhh…
Il a fermé ses yeux et il a eu ce geste… avec les mains sur ses yeux…
Il était, Ouuuhhh… Mon fils… Mon fils… Mais qu’est ce qu’on va faire…
Il avait senti que son fils était complètement foudroyé, il a senti que c’était fort… et il est rentré.

Comme le mari de ma sœur, quand il est rentré chez ses parents, en leur disant :
– Voilà… je pars !

Et bien chez lui, c’était pareil…

Alors à nouvel an, il s’est pointé… quand je lui ai dit que j’avais rencontré quelqu’un… il m’a dit :
– Je remonte au 31… j’arrive avec la robe de mariée… On se marie…
Non, mais ça ne peut pas être autrement, On se marie…!
– Non mais on ne peut pas se marier comme ça… !

Quand il est rentré, il s’était laissé pousser la barbe.
Une fois que je lui avais dit que je ne voulais pas, il était dans un état, je te dis pas…!

J’ai vu, comme Jésus Christ, dans l’état où il était, complètement enfoncé, lui qui était tellement heureux… et là, il était au fond du trou… en pleine dépression.

Plus tard, mon futur mari… parce que je lui avait raconté que j’avais revu mon ex-fiancé et qu’il était revenu, en Suisse même chose !

Non mais je me suis dit… Tu ne vas pas en choisir un, aucun des deux, hein ! (Rire)
Volets fermés, il se laissait pousser la barbe… C’était pendant que j’étais à Gstaad… Complétement en dépression aussi… les deux pareils. Je me suis dit :
– Mais c’est quoi ces gaillards !? Tu ne vas pas faire avec l’un des deux… Non non !

Et beaucoup plus tard quand j’ai vu la mère de mon ex-fiancé, quand j’étais revenue du Costa Rica et que j’étais divorcée, et que j’avais mes deux enfants, sa mère quand elle m’a vue, elle ma dit :
– Oohhh…mais qu’est ce que je suis contente de te revoir, mais s’il te plait contacte le… mais il a été malade… Mais qu’est ce qu’il a eu de la peine… C’était mais… terrible !

Elle sort sa carte de visite… je dois toujours l’avoir quelque part et puis je lui dis :
– Non je ne vais pas faire ça…

Elle me dit :
– Si si… fait le, contacte le… Il sera tellement heureux, tellement heureux.

– Mais ça n’allait pas du tout, hein !

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