<Enregistré le 01 Mai 2020>
Je pense que c’était l’année avant de partir à Gstaad, à mes 21 ans, que les Franchons m’ont demandé qu’est ce que je faisais… et puis chez nous, rien du tout, hein… pour nos anniversaires…
Alors ils m’ont dit :
– Et bien, alors nous on va t’inviter, avec Franchon, on a décidé qu’on t’invitait…
On va t’inviter au Schweizerhof à Bern pour souper, on a réservé une chambre d’hôtel, et le petit déjeuner demain… Comme ça tu pourras voir où ton père a fait son apprentissage et tu pourras vivre cet ambiance… Parce que c’était ancien… Ils avaient peut-être refait, mais c’était toujours un peu… comme c’était avant !
C’est comme les palaces, tu retrouves toujours ces marques.
Ce n’est pas toujours remis à neuf.
C’est comme quand on avait été à Zermat, ensemble… Tu retrouves toujours ces traces, tu sens que ça n’a pas évolué, au Schweizerhof, c’était pareil…!
Mais derrière ça, tu as la grande classe, le grand service, le grand tralala, c’était un cadeau magnifique !
Alors ça avait été grandiose…
Le soir après le travail, j’avais organisé d’avoir mes habits… qu’ils soient prêts. Je me suis changée au boulot pour aller manger avec eux…
Je les ai rencontrés directement là-bas sur place, on a pris l’apéritif, on a soupé, on a passé la soirée ensemble au Schweizerhof et puis après autour des 10 heures, 10 heures et demi, comme tout le monde travaillait le lendemain, ils m’ont dit :
– Bon ben voilà… On te laisse, passe une bonne nuit… et puis demain matin, le petit déjeuner est organisé, on a regardé qui travaille à telle et telle heure… comme ça tu auras le temps de déjeuner, et tu pars à ton travail, comme ça tranquille… !
Un cadeau magnifique, hein ! (Rire)
– Ah ouais, j’avais pris des beaux habits pour aller, j’ai été très contente d’avoir été là-bas, d’avoir pu voir toute cette ambiance…
– Sur les pas de ton père…
– Ah oui !
C’est là que j’avais vu que j’avais eu un manque, parce que pour mon frère et ma sœur, ce n’était pas nécessaire de faire ça…!
Ils n’ont pas eu envie d’aller au Schweizerhof… d’en parler, d’aller à Zermatt, pour voir le Palace… ni à Lausanne pour aller voir l’école des Palaces… la Haute Ecole Hôtelière et d’avoir la rencontre, de savoir par où il était passé…
L’enfant qui a eu la rencontre, il n’est pas dans le manque, il ne cherche pas. Il a eu son compte, il a fait son tour… Il n’a pas besoin de plus, il peut continuer sa vie, c’est une page qui est faite.
Mais quand tu n’as pas eu, tu as besoin… C’est une façon de retrouver ses racines, de retrouver qui tu es, en fin de compte de retrouver ton identité…
C’est pour ça que plus tard, j’ai toujours laissé les portes ouvertes à mes enfants pour qu’ils puissent avoir la rencontre avec leur père…
Merci Gracias

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