<Enregistré le 14 Novembre 2021>
Chez Michelangelo, tout le monde partait au bout d’un certain temps. Le maximum qu’ils tenaient c’était une année, parce que tout d’un coup il n’en pouvait plus, avec ses côtés impulsifs, là… hystérique à envoyer une brosse à travers la figure à une et puis tout d’un coup tu es en train de coiffer et tu en vois une à qui il fiche la brosse à la figure… Cette violence, ce n’était pas possible !
Qu’il envoie des brosses aux employées, et aux clientes qu’il leur dise :
– Ecoutez, non non non, la coupe de cheveux, les machins que vous voulez…!?
Tac… Non, je vous mets le linge sur la tête et vous trouverez un petit coiffeur à votre niveau dans le quartier…
– Là-bas… Regardez là, par la fenêtre… Il y en a juste un, là en bas… un pour vous… C’est exactement ce qu’il vous faut !
Allez… la porte, elle est par là…!
Je te fous dehors… tout mouillé, en hiver c’est égal le temps, on s’en fout du temps… Vous faites chier ? Allez dehors ! (Rire)
Comme il me disait, quand il coiffait les personnes du Palace, tu sais avec ces bonnes femmes, tu ne discutes pas…!
Elles te font chier jusqu’au bout… Ce sont des emmerdeuses…
Alors tu coiffes, tu regardes, tu te mets en accord… mais quand tu leur montres le miroir… clac clac… Tu ne vas pas le redéposer jusqu’à sa place, tu le déposes sur ta corbeille de coiffure et à la même seconde, tu tournes la chaise… Tu lui arraches le peignoir…
Tac… Tu te lèves et tu te tires… Tu pars à la caisse et tu dis voilà…:
– Das Rostet… (Das kostet…) et tu lui ouvres la porte…(Rire)
Tu la laisses avec la secrétaire, la réceptionniste qui fera le paiement… et tu pars !
- Tu n’écoutes pas… !
Après, elle va rentrer systématiquement dans l’ascenseur… Elle va essayer de se recoiffer… Elle va rouspéter…
– Si il y a quelqu’un à côté ?
– On s’en fout. Elle est loin…(Rire)
- Tu n’écoutes pas… Voilà c’est comme ça !
Mais ça, c’est allé pour moi le temps où c’était sur les autres…
Mais la première fois qu’il a pointé sur moi, qu’il s’est autorisé a commencer à me traiter comme il traitait tout le monde…
La première fois, je me suis dit :
– Si tu n’interviens pas à cette seconde… maintenant !
Tu as mis la porte ouverte… et tu partiras la tête basse d’ici.
J’ai eu un flash !
Tu auras fait tout ce temps, je ne sais pas ça devait faire deux ans que j’étais là-bas… Alors fais un choix !
Soit tu pars et tu le plantes, et c’est toi qui dis au revoir… soit c’est lui qui fera comme pour tous les autres et qui te fichera dehors !
- Tu veux quoi !?
…Tu es venue ici pour grandir, alors tu dois aller jusqu’au bout !
C’est à dire que tu dois planter cette cliente… Débrouille toi…
J’étais en train de lui faire son brushing… De toute façon tu peux pas ne la piffrer, cette Suisse Allemande. Tu ne peux pas la voir en peinture… Tu lui fiches toutes les brosses ! Elle avait une petite tête, c’était une petite secrétaire de direction, là… qui se prenait le chou, qui se prenait la tête…
Elle était petite… Je me souviens encore, je lui plante toutes mes brosses sur la tête, et je lui dis :
– Ja komme ich nao…(Rire) en me fichant du monde comme à chaque fois que je parlais en suisse allemand, je me foutais du monde (Rire) et encore là, elle me dit :
– …Ja, das macht wehhh, es ist schwer…
– Ja, Ja ich versteh…Schnau is né tsé…!
Toujours en me foutant de la gueule du monde (Rire) et je pars à côté dans la cabine d’esthétique, pendant qu’elle avait toutes les brosses sur la tête, je prends mes habits et je pars aux toilettes…
En 30 secondes je m’habille, je regarde à la réception si il y avait quelqu’un, parce qu’il fallait traverser là-bas où il y avait toujours la secrétaire… Alors j’attends un peu puisque la réceptionniste était là… Je l’adore, elle je l’aime bien… Et quand elle est en train de se baisser pour s’occuper de ses papiers et de ses rendez-vous…
Là, comme elle a la tête baissée… Tchic, ffuiuiiit (Elle siffle) je prends la tête la première, je cours, ffuiuiiit (Elle aiffle) et l’autre qui disait… :
– Jaaaa… Das macht weh… qui était en train de rouspéter…
Mais moi, j’étais déjà loin…
J’arrive au corridor… j’entends Michelangelo m’appeler…:
– Isabelle… Isabelle… Mais qu’est ce que vous faites…!?
Ils étaient en train de crier… de hurler et tout, je me suis dit :
– Cause toujours… Je me tire (Rire) d’une manière ou d’une autre, tu te tires, mais tu te tireras la tête levée, parce qu’avec cette bande… qui veulent toujours t’annuler, te supprimer et te tenir la tête sous l’eau, te noyer… C’est bon !
Ça, j’ai donné dans ma vie… C’est fini avec ces gens là !
Je suis venue ici en étant quelqu’un de nouveau qui voulait se sentir respectée à Bern en partant de Fribourg… Alors là, si tu acceptes ça, tu es de nouveau en train d’accepter qu’on te maltraite, qu’on te martyrise… et qu’on te traine dans la boue comme un chien.
Ça suffit…
Et là, je suis sortie, je suis allée à la place du marché, et j’étais émerveillée de voir tout ce temps ! C’était comme si je rentrais dans un rêve… dans une carte postale, dans une vie nouvelle. Je me suis promenée après je me suis dit :
– Oh mais t’as faim…!?
Ils ont toujours parlé du Mac Donald, je ne sais pas exactement où il était… Je savais juste qu’il était dans cette rue de ce côté là…
J’ai cherché et alors j’ai pris des frites, un coca comme une grande… Chose que chez chez nous, on ne faisait jamais… Je me suis sentie bien alors je me suis dit :
– Tu rentreras, comme d’habitude… Tu rentreras à la maison, tu ne prendras pas le train avant… Va te promener dans Bern !
Va sentir ces odeurs… Je m’en foutais royalement ! (Rire) il n’y avait pas de demain, il n’y avait rien du tout… J’étais comme dans un rêve, parce qu’enfin, je vivais la vie, ma vie pleinement !
Voilà et puis je me suis dit :
– Bon ben maintenant tu vas rentrer… Tu ne vas pas arriver à la maison de… Non, ça va bien, je m’en foutais totalement, seul le moment présent comptait dans mon périple… Voilà.
Et à la seconde où j’ai ouvert la porte de la maison, ma mère en train de gueuler… Mais t’étais où… !?
Ma sœur aussi… :
– Mais qu’est ce que t’as fait !? Mais c’est pas possible !
C’était ma sœur qui avait ouvert la porte… Maman elle était encore au téléphone avec Michelangelo, et elle était en train de hurler…
Elle raccroche et elle est venue vers moi complètement hystérique…
– Maintenant tu vas lui téléphoner !
Tu vas lui dire et tout…. bla bla bla bla…
– Mais laissez le téléphone, il va déjà rappeler pour savoir si je reviens ! (Rire) Ne vous inquiétez pas…
Il avait téléphoné tout le soir ! (Rire)
Pas manqué, 5 minutes après, il rappelle, c’était lui…
– Haïe… Isabelle, mais qu’est ce que vous faites…!?
Mais pourquoi vous êtes partie…et tout…
Mais j’ai dit :
– Mais ça ne va pas du tout comme vous me parlez… Pas du tout en accord !
-Oui… mais vous pensez venir demain, qu’il me dit encore… Vous pensez venir demain ?
– Et bien, pour l’instant… je ne sais pas !
Je dois réfléchir encore…(rire) Je vais dormir et je verrai bien demain matin si je reviens ou si je ne reviens pas… (Rire)
…Mais complètement, tu sais comme une enfant qui s’en foutait par dessus la tête…
J’étais comme avec ma mère la dernière fois qu’elle était en train de me taper dessus et qu’elle y va avec le soulier et puis que mon frère arrive et que je leur dis :
– Tu peux me taper autant que tu veux Maman, même si je dois mourir !
Je m’en fous… Ça ne me fait plus mal… Je ne sens plus rien !
Et mon frère… mais ça suffit ! …là, c’était la même chose, ça me passait par dessus la tête…
Je ne sais pas de quoi sera fait demain… mais je m’en fous !
- Je suis libérée…
Pendant que Maman et ma sœur… :
– Mais tu vas y retourner !!!
– Je ne sais pas, je verrai demain matin…
Là aussi, je les envoie tous… sur les roses !
(Elle ne savait pas que beaucoup plus tard, elle serait encore plus malmenée et que peu de personnes lui viendrait en aide)

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