MerciGracias

Qu’avez vous vu ?

<Enregistré le 01 Septembre 2014>

Une fois par mois, on avait notre conférence… J’avais dit :
– La semaine prochaine c’est moi qui fait la conférence.

On avait tous la liberté de faire des conférences, personne n’en faisait. Alors moi j’ai dit, la semaine prochaine, je fais…
– Ah bon, vous voulez faire la prochaine fois ?
– Oui, oui je fais…

J’avais vu une belle photo de Bern avec la place de marché… qui m’avait beaucoup touchée, alors j’avais acheté cette photo, je l’avais photocopiée en couleur douze fois, non quatorze fois puisqu’il y avait aussi la réceptionniste, et je les ai tous fait s’assoir sur les sièges de coiffeur du salon…

Chronomètre… Allez Top…!
– On regarde la photo…

et un moment après, je dis :
– Voilà c’est bon…!

Et je leur ai fait dire, chacun un à un ce qu’ils avaient vu…

– Ah toi, t’as vu ça…
… Ah toi t’aimes ça ?
… Ah toi t’avais vu ça… et toi, t’as vu ça…
… Ah et toi, t’as vu le chien qui courait sur la place…?
… et toi ? Ah t’as vu les beaux légumes… Ah t’as vu ci, t’as vu ça…

Je t’ai fait la soirée entière avec chacun ce qu’il avait vu…
et Michelangelo, il me dit :
– Alors c’est quoi à la fin…?

Alors j’ai dit :
– Vous avez remarqué une chose, Michelangelo ?

  • C’est que personne n’avait vu la même chose !

Celui-là, il a vu le chien…
Celui-là il a vu la cloche, Celui-là, il a vu ça !
Et celui-là il a vu ça…
Celui-là il a vu les légumes… celui-là, il a vu çaaaa…….

On avait tous vu la même photo et sur les quatorze personnes qui étaient là… Et maintenant, dites moi qu’est ce qui est le mieux…?

C’était la cloche qui était le mieux ?
Ou c’était ce qui était sur le marché qui était le mieux ?

Maintenant comment est ce que vous décidez que vos yeux quand vous faites une coiffure, que c’est mieux avec vos yeux que si c’est les miens ? Hum… ? (Rire)

Je veux une clientèle ! …Là-dedans, ici…

il ne voulait pas me donner une partie de sa clientèle.
Il voulait me donner juste quelques personnes du Palace… Ceux qu’il savait sans retour…

OK, aujourd’hui, je suis votre assistante, mais maintenant je ne suis plus une assistante… Je suis coiffeuse… J’ai passé mon temps à voir le Maître, mais maintenant ça suffit…

Ok… Alors sur les gens qu’il avait, Madame Machin, et quelques autres et beaucoup de monde encore… suite à ce que le Maître voulait qu’on leur fasse, j’allais leur faire leur brushing, mais moi je leur disais :
– Oh… et bien moi je ne vous aurais pas mis la raie ici, je vous l’aurais mise ici… et j’aurais fais la frange comme ça… Je vous aurais mis une petite pointe de mèche ici, et une petite pointe de là…

Tant et si bien que la fois d’après quand elles prenaient rendez vous, elles prenaient rendez vous chez moi…

Alors c’est pour ça qu’il est devenu fou… Et un jour, il m’appelle avec un air vraiment fâché…:
– Haaaïïe !
Vous trouvez normal que… ben vous me piquez des clients…!?
On n’a jamais vu ça nulle part, on ne pique pas de clients au patron…
Mais vous me volez ma clientèle !
Mais comment vous osez faire ça…?
Voler ma clientèle… à moi !

J’ai dit :
– Mais qu’est ce que c’est que cette histoire ?
On travaille tous dans le même salon, ça vient dans votre caisse.
On s’en fout, non ?
– Non, mais c’est comme ça, on ne fait pas ça au patron !

– Mais moi, je n’ai pas volé votre clientèle… Je vous ai dit que j’étais ici prête, ouverte, que vous pouviez me laisser une partie de votre clientèle… qu’il y avait suffisamment de monde, puisqu’on était tous ses assistants ici, et vous ne le faites pas…

Vous ne me donnez pas d’autres solutions, hein…
Ma foi… Moi, je n’y peux rien, si Madame Machin préfère venir chez moi, si Madame Truc préfère venir chez moi, je n’y peux rien, hein…!
Qu’est ce que vous voulez que je lui dise… (Rire)

– Oui mais… Vous me volez ma clientèle…!
– Non je ne vous vole pas votre clientèle, je donne des avis différents et elles choisissent… Ce sont elles qui reprennent rendez vous chez moi, c’est tout…

C’était un sacré débat…(Rire)

Et à la fin, il en avait comme ça (Mouvement de main au dessus de sa tête) parce que toute la clientèle que j’avais, c’était toute la clientèle que je lui avais fauchée…(Rire)

Je l’ai fait chevrer, alors celui-là…

Et maintenant que vous m’avez volé ma clientèle, vous voulez partir qu’il me disait… Ah elle est bien bonne celle-là…!

Je lui ai dit :
– Oui tout ce que j’ai voulu, j’ai eu… J’ai réussi, et bien maintenant c’est fini… C’est bon. Je m’en vais maintenant…

Alors il avait une colère, parce que justement, il y a bien des gens qui m’ont suivie à Gstaad et qui ont même suivi après dans mon salon… Et qui allaient entre deux chez lui…

Mais pour la coupe ils venaient chez moi, alors il devait faire derrière… ses assistantes !

Alors tu penses bien qu’il l’avait là, hein… (Rire)

C’est pour ça que quand je suis partie, quand j’ai annoncé que je partais, il pleurait… Quand il est allé l’annoncer aux autres, Il a dit :
– Mais je ne peux pas… je devais faire la séance ce soir, mais je ne peux pas…

Je me suis dit…:
– Quoi…? Tu vois Michelangelo pleurer ?
Mais tu rêves, ou bien ? Ça lui avait fait quelque chose…
Michelangelo qui pleure…?
– Ah bon… que je me suis dit…

En fin de compte, tu ne comprenais pas…
– En effet, je ne comprenais pas, pourquoi tout d’un coup, j’étais devenue si importante…

En tout cas c’était comme ça, alors c’était Maman qui ramassait… parce qu’il parlait déjà avec Maman, hein…!

Il te la coinçait…
– Mais faites quelque chose ! Faites quelque chose…

Il m’a appelé à son bureau, mais vous ne pouvez pas partir !
Vous ne pouvez pas partir…

J’étais désolée, mais je devais avancer…

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